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Il est essentiel d’engager un dialogue prospectif pour gérer les migrations dans la région méditerranéenne

La FAO a organisé un débat sur les politiques destinées à gérer les dynamiques migratoires de la population rurale dans une région complexe

29 mai 2018 - «Les pays situés dans la région Méditerranée «devraient engager un dialogue prospectif» afin d'améliorer la sécurité alimentaire et le développement rural inclusif et de mieux gérer les dynamiques migratoires», a déclaré aujourd'hui Mme Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO.

«La région, qui comprend les pays au Nord, au Sud, et à l'Est de la mer Méditerranée, se caractérise par une certaine complexité lorsqu'il s'agit de mouvements migratoires. Plusieurs mouvements migratoires se chevauchent: la région regroupe des pays qui sont à la fois les pays d'origine, les pays de destination et les pays de transit des  populations méditerranéennes et de celles des régions adjacentes telles que l'Asie centrale, le Moyen-Orient et l'Afrique subsaharienne», a indiqué Mme Semedo.

«Cette complexité accrue appelle plus que jamais à l'instauration d'un dialogue politique et à des échanges au niveau régional, qui couvriront un vaste éventail de secteurs politiques. L'immigration doit être une option positive et constructive. Le principal objectif de la FAO est de faire de la migration un choix et non une nécessité», a-t-elle ajouté.

Mme Semedo s'exprimait à l'occasion du Forum sur l'agriculture, le développement rural et la migration dans la région méditerranéenne, qui s'est tenu au siège de  la FAO et a été co-organisé par le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), l'Union pour la Méditerranée (UfM) et l'Institut universitaire européen (EUI). Des experts de plusieurs organisations internationales, d'agences de coopération pour le développement, d'institutions de recherche, d'organisations de la société civile, ainsi que des praticiens politiques, se sont réunis pour mieux comprendre les facteurs et les impacts de la migration et améliorer les programmes et politiques prospectives.

«La migration fait partie du développement et ses facteurs englobent une série de mesures qui vont des décisions prises individuellement aux dynamiques sociales, en passant par les forces structurelles. Elle revêt également une grande importance au niveau de la production alimentaire, de la gestion des ressources naturelles, de la protection sociale et de la croissance économique inclusive. Tous ces domaines ont d'ailleurs été sujets à des changements majeurs ces 20 dernières années dans la région méditerranéenne», a expliqué Mme Semedo.

L'opinion de la FAO, est que, si bien gérée, une migration sûre, ordonnée et régulière peut contribuer à la croissance économique, à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire dans la région Méditerranée, grâce notamment au transfert des connaissances, des techniques et de la technologie. Les bienfaits potentiels des mouvements migratoires doivent être néanmoins activement promus, et ce, à travers des politiques cohérentes qui exploitent son potentiel tout en minimisant ses effets négatifs.

Le travail de la FAO

La FAO et ses partenaires travaillent à lutter contre les facteurs négatifs de la migration tels que la pauvreté, l'insécurité alimentaire et le chômage, tout en exploitant son potentiel en matière de développement.

«La FAO pense qu'investir dans l'agriculture, le développement rural durable, l'adaptation au changement climatique et dans des moyens d'existence résilients est essentiel en vue de faire face à la migration à l'échelle mondiale», a-t-elle souligné, insistant sur le travail de l'Organisation visant à garder cette thématique dans les esprits - une thématique devenue une question politique délicate - et de le faire en générant des preuves politiques pertinentes et en prenant en compte l'aspect humanitaire et le programme de développement.

Aux côtés de l'Organisation internationale pour les migrations, la FAO préside le Groupe mondial sur la migration, un consortium regroupant plusieurs agences de l'ONU et dont la mission est de conseiller les Etats membres afin de parvenir à l'adoption d'un Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières dès décembre 2018.

«La région Méditerranée a toujours été caractérisée par un brassage de cultures et cela a marqué de manière importante les civilisations de la zone. De nombreux outils seront nécessaires afin d'exploiter cette tendance face aux objectifs mondiaux de développement durable», a précisé M. Gianni Bonini, Vice-président du CIHEAM, notant que la croissance de la population, les inégalités, la marginalisation, le manque d'emploi décent, les conflits civils et les crises environnementales sont également des facteurs contre lesquels il est nécessaire de se battre.

Le CIHEAM est une organisation intergouvernementale réunissant 13 Etats membres dévoués au développement durable de l'agriculture et des pêches, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et des zones côtières et rurales. L'Institut universitaire européen (EUI) est une institution universitaire qui se consacre à la recherche comparative et interdisciplinaire, dont la mission est de promouvoir les initiatives liées au processus d'intégration dans la société européenne. L'Union pour la Méditerranée est une institution intergouvernementale regroupant 28 Etats membres de l'Union européenne et 15 pays du littoral Sud et Est de la Méditerranée afin de promouvoir le dialogue et la coopération.

Des thèmes clés

Les discussions d'aujourd'hui ont été rythmées par plusieurs tables rondes et sessions parallèles au cours desquelles les participants ont notamment discuté de sujets variés allant de l'exode rural - une caractéristique commune dans la région - au futur de la production alimentaire, en passant par l'impact de la «fuite des cerveaux», alors que les opportunités d'emplois pour les jeunes manquent.

Les sujets de politique actuels tels que le rôle des paiements dans les pays d'origine et la mise en place de stratégies d'intégration dans les pays de destination ont également fait l'objet de débats, tout comme les problèmes relatifs au genre et à l'environnement lorsqu'il s'agit du risque de désertification de certaines zones de la région.

«La région Méditerranée est au carrefour de plusieurs civilisations, idées et biens. Il est de notre devoir à tous de revitaliser le développement rural et de libérer le potentiel des migrations pour contribuer à la croissance économique régionale», a déclaré Mme Junko Sazaki, Directrice de la Division des politiques sociales et des institutions rurales de la FAO.

Photo: ©Nikos Economopoulos/Magnum Phot
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