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La FAO et Bioversity International plaident pour une alimentation soutenable

Une action immédiate s’impose pour améliorer notre santé et celle de la planète

Photo: ©AFP/Aizar Raldes
Plantation de quinoa en Bolivie
8 août 2012, Rome - Dans un ouvrage qu'elles viennent de publier, la FAO et Bioversity International préconisent d'agir immédiatement pour promouvoir à la fois l'alimentation soutenable et la biodiversité alimentaire en vue d'améliorer la santé des hommes et de la planète.

"Abstraction faite des nombreux succès remportés par l'agriculture durant les trois dernières décennies, il est clair que les systèmes et régimes alimentaires actuels ne sont pas soutenables", écrit dans la préface de l'ouvrage Sustainable Diets and Biodiversity Mme Barbara Burlingame, responsable à la FAO de la Division de la nutrition et de la protection du consommateur.

"Plus de 900 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, mais un plus grand nombre - environ un milliard et demi - souffrent de surpoids ou d'obésité; et on estime à deux millions le nombre de personnes qui souffrent de carences en micronutriments notamment en vitamine A, fer ou iode", fait observer Mme Burlingame.

Le problème consistant à nourrir une population mondiale croissante a été jusqu'à présent largement considéré en termes d'approvisionnement en quantités suffisantes de denrées alimentaires, lit-on dans le livre. Mais vu le rythme de perte de la biodiversité et de dégradation des écosystèmes, ainsi que les problèmes de santé qui en découlent, il est urgent d'aborder la question de la qualité des systèmes agricoles et alimentaires. A cet égard, il convient de rappeler qu'au niveau mondial l'augmentation notable de maladies non transmissibles, comme le diabète ou les troubles cardio-vasculaires, est due principalement à une alimentation déséquilibrée.

Une lourde empreinte carbone

L'agriculture industrielle et les transports de longue distance ont rendu plus accessibles les hydrates de carbone et les graisses tout en les mettant à la portée du plus grand nombre. Cela a conduit à une simplification générale des régimes alimentaires et s'est traduit par une dépendance vis-à-vis d'un nombre limité d'aliments énergétiques. Toutefois la qualité nutritive de ces aliments laisse à désirer et leur empreinte carbone et eau est très lourde. Les aliments énergétiques et bon marché sont proposés au mépris du goût, de la diversité et des traditions culturelles.

Actuellement seulement trois principales cultures vivrières - maïs, blé et riz - couvrent 60 pour cent de l'énergie alimentaire d'origine végétale au niveau mondial, tandis qu'à la faveur de la hausse des revenus dans les économies en développement, un grand nombre de personnes abandonnent les plats traditionnels à base de plantes alimentaires en faveur de régimes riches en viande, produits laitiers, graisses et sucre.

L'ouvrage sus-mentionné soutient que les régimes alimentaires et les méthodes de production alimentaire modernes jouent un rôle important dans la régression de la diversité génétique végétale et animale. Il note à ce propos que 17 291 espèces sur 47 677 mises en recouvrement par l'Union internationale pour la conservation de la nature sont considérées comme étant menacées d'extinction.

Une urgence

"Il est urgent de modifier le paradigme de la production agricole pour y intégrer la dimension ‘qualité nutritionnelle' lorsque nous prenons des décisions relatives à ce que nous produisons et où", écrit M. Emile Frison, Directeur général de Bioversity International.

"Cela nous impose de regarder plus loin que les principales denrées alimentaires de base pour nous pencher plutôt sur les centaines ou les milliers de plantes et d'espèces animales négligées ou sous-exploitées qui font pourtant la différence entre alimentation soutenable et insoutenable."

A titre d'exemple, au Kenya, Bioversity International a contribué avec succès à réintroduire dans les régimes alimentaires et sur les marchés locaux un certain nombre de légumes verts à feuille qui étaient jusqu'alors considérés comme réservés aux seuls pauvres. La promotion de plantes traditionnelles - notamment la morelle noire, le niébé, les feuilles de potiron, la plante araignée et les épinards grimpants - a accru la demande à la fois au sein des ménages et sur les marchés. Les petits exploitants agricoles en ont également bénéficié.

En Inde, des céréales bénéfiques pour la santé - notamment le millet commun et l'éleusine - ont été réintroduites dans les zones où elles avaient été abandonnées en raison de politiques gouvernementales favorisant la production du manioc pour en tirer l'amidon.

Des efforts sont également en cours pour promouvoir au plan international les céréales indigènes des Andes, notamment le quinoa (ou 'grain d'or des Incas'), et l'amarante. L'ONU a déclaré 2013 Année internationale du quinoa.

Une nutrition adéquate

"La transition de régimes alimentaires basés sur des aliments riches en énergie et à haute teneur en matières grasses et en sucre n'est pas inévitable", selon M. Frison. "Nous devons déployer des efforts pour nous assurer que tous les habitants de la planète auront non seulement de la nourriture adéquate mais aussi une nutrition adéquate répondant à leurs besoins".

Nos systèmes alimentaires ont besoin de ‘transformations radicales' vers une utilisation plus efficace des ressources, vers plus d'efficience et plus d'équité dans la consommation des aliments et pour l'avènement d'une alimentation soutenable, souligne de son côté Mme Burlingame.

"Les régimes alimentaires soutenables font que la consommation d'aliments s'effectue avec moins d'eau et moins d'empreinte carbone. Ils promeuvent l'utilisation de la biodiversité alimentaire, notamment les aliments traditionnels et locaux, avec leurs nombreuses espèces et variétés riches en nutriments", a-t-elle ajouté. "Ils peuvent également contribuer à la transition vers une agriculture sensible à la nutrition et intelligente vis-à-vis du climat, ainsi que vers des systèmes alimentaires axés sur la nutrition".