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L’Argentine exportera davantage de maïs

Une initiative susceptible d’atténuer le resserrement du marché mondial

Photo: ©FAO/Alessia Pierdomenico
M. José Graziano da Silva (à gauche) et M. Norberto Yauhar, Ministre argentin de l'agriculture

14 septembre 2012, Rome - L'Argentine exportera 2,75 millions de tonnes de maïs supplémentaires de sa récolte 2011/12, a indiqué aujourd'hui  M. Norberto Yauhar, Ministre argentin de l'agriculture.

Cette augmentation portera à 16,45 millions de tonnes le volume de nos exportations de maïs prélevées de cette récolte, a précisé M. Yauhar lors de son entretien avec M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, au siège de l'agence des Nations Unies à Rome.

"Les exportations supplémentaires de l'Argentine, conjuguées avec les derniers chiffres du Département américain de l'agriculture plus rassurants par rapport aux prévisions précédentes, devraient contribuer à atténuer le resserrement du marché mondial", a déclaré notamment M. Yauhar.

L'Argentine est le deuxième exportateur mondial de maïs. Au cours des trois dernières années, ses exportations ont représenté en gros 15 pour cent des exportations mondiales de maïs.

"Cela montre qu'il n'y a aucune menace de crise alimentaire mondiale à l'heure actuelle, même si nous devons continuer à être vigilants tout en surveillant la situation de près", a déclaré de son côté M. Graziano da Silva.

Le Ministre argentin a évoqué les perspectives de la prochaine récolte agricole notant que les prévisions relatives aux pluies et aux semis de maïs et de soja sont très positives.

Ainsi, l'Argentine espère apporter sa contribution au marché international grâce aux rendements substantiels de ces deux cultures lors de la campagne 2012/13.

A ce propos, M. Yauhar a indiqué que son pays comptait exporter 15 millions de tonnes de maïs et 5 millions de tonnes de blé lors de la campagne 2012/13. Il a précisé que l'Argentine maintenait en réserve un million de tonnes de maïs et autant de tonnes de blé.

"Pour la FAO, le maintien de réserves pour la sécurité alimentaire est une très bonne stratégie qui contribue à la stabilité des prix sur le marché intérieur", a commenté le Directeur général de la FAO.

M. Yauhar a également indiqué que lors de sa récente visite en Chine, il avait discuté avec le Ministre chinois de l'agriculture de la possibilité de mettre en place des réserves stratégiques de sécurité alimentaire au double plan régional et international.

M. Graziano da Silva a exprimé son intérêt et son appui à cette proposition et indiqué qu'il s'entretiendra de cette question avec ses interlocuteurs lors de sa visite en Chine début octobre.

La volatilité des prix

Toujours au cours de leur entretien au siège de la FAO, le Directeur général et le Ministre argentin de l'agriculture ont noté que le monde était aujourd'hui mieux équipé pour parer aux prix alimentaires élevés que durant la crise de 2007-2008. Une des raisons est la création, en 2011, par le G20 du Système d'information sur les marchés agricoles (plus connu sous son acronyme anglais AMIS), qui vise à renforcer la transparence du marché et à atténuer la volatilité des prix, ainsi que la création du Forum de réaction rapide (RRF - acronyme anglais) qui permet aux pays de coordonner leur action et d'accélérer leur réponse face à la volatilité des prix alimentaires.

MM. Graziano da Silva et Yauhar ont souligné qu'il était important pour les pays d'utiliser les mécanismes de coordination internationale comme AMIS au lieu de recourir à des mesures unilatérales. Ils ont, d'autre part, noté que la coordination s'était améliorée au sein du système des Nations Unies grâce à l'Équipe spéciale de haut niveau des Nations Unies sur la sécurité alimentaire mondiale.

Stabilité des prix alimentaires

La sécheresse de l'été dernier aux Etats-Unis - la pire en 50 ans - avait suscité des craintes quant à une nouvelle crise alimentaire mondiale et l'indice FAO des prix alimentaires, qui sert à mesurer les cours mondiaux des aliments de base, avait grimpé de six pour cent en juillet. Toutefois, il est resté inchangé le mois dernier.

MM. Graziano da Silva et Yauhar ont discuté de la contribution éventuelle de la spéculation sur la volatilité des prix alimentaires. A cet égard, ils se sont prononcés en faveur d'une régulation coordonnée des marchés financiers et du commerce mondial de la part de la communauté internationale.

Les deux hommes ont, d'autre part, exprimé leur préoccupation quant à l'impact éventuel de la volatilité des prix sur la sécurité alimentaire nationale et souligné la nécessité de mesures de protection, notamment des filets de sécurité et un soutien à la production agricole. Dans le même ordre d'idée, ils ont rappelé que les stratégies de diversification des régimes alimentaires grâce à la consommation d'aliments produits localement, comme les haricots, le manioc et le quinoa - 2013 est l'Année internationale du Quinoa -, étaient susceptibles d'aider les populations pauvres lorsque les prix alimentaires sont à la hausse.   

MM. Graziano da Silva et Yauhar ont souligné qu'il était important pour la communauté internationale des bailleurs de fonds d'accroître son aide dans l'immédiat et sur le long terme aux pays pauvres. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), pour chaque augmentation de 10 pour cent du panier alimentaire, il faudrait trouver 200 millions de dollars supplémentaires par an pour acheter la même quantité de nourriture. Sur le long terme, il est essentiel de renforcer les programmes qui permettent aux familles pauvres d'acheter ou de produire leur propre nourriture afin de réduire leur dépendance de l'aide directe.

Enfin, MM. Graziano da Silva et Yauhar ont fait observer que le raffermissement des prix alimentaires pouvait jouer un rôle positif en stimulant à la fois l'investissement dans l'agriculture et la production agricole dans les pays en développement. A la double condition, toutefois, que les agriculteurs reçoivent un soutien approprié et que les pays bénéficient d'un environnement favorable aux investissements, ont-ils souligné.