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Pour le Directeur général de la FAO, le monde s’adapte mal à l’évolution des régimes alimentaires

Tous les secteurs de la société doivent collaborer à de nouvelles stratégies de nutrition

Photo: ©FAO/Alessia Pierdomenico
Selon le Directeur général de la FAO, modes de vie et régimes alimentaires évoluent, et les pays n'y font pas face comme ils le pourraient

15 mars 2013, Wageningen, Pays-Bas - L'urbanisation, la croissance économique et d'autres transformations font évoluer les modes de vie et les régimes alimentaires en nombre d'endroits, et les pays n'y font pas face comme ils le pourraient, a expliqué aujourd'hui le Directeur général de la FAO M. José Graziano da Silva aux professeurs et aux étudiants de l'Université et du Centre de recherche de Wageningen.

Le Directeur général, en visite officielle de deux jours aux Pays-Bas, a insisté sur la nécessité de produire des aliments sans danger, d'offrir plus de choix aux consommateurs et de mieux les informer sur leur régime alimentaire.

«Il nous faut des stratégies de nutrition intégrées, définies par la société dans son ensemble - secteur privé, consommateurs, médecins et associations de consommateurs notamment» a-t-il estimé.

Si 870 millions de personnes souffrent de la faim, plus d'un demi-milliard d'autres sont obèses et susceptibles de développer des maladies non transmissibles.

M. Graziano da Silva a signé avec l'Université de Wageningen un accord instaurant une collaboration plus étroite en matière de recherche scientifique et d'activités conjointes destinées à renforcer les capacités pédagogiques, scientifiques et technologiques des pays en développement. La FAO, a-t-il indiqué, renouvelle son association avec l'université car, dans la lutte contre la faim et la malnutrition, les partenariats sont «absolument essentiels».

Rôle des cultures traditionnelles

D'après M. Graziano da Silva, un réexamen mondial des stratégies de nutrition pourrait par exemple amener à repenser le rôle des cultures traditionnelles, qui ont perdu du terrain dans les régimes alimentaires modernes.

«Chaque région compte une série de végétaux qui ne font pas partie des produits de base alors qu'ils servaient auparavant à l'alimentation, a-t-il expliqué. Par exemple le quinoa, mis à l'honneur en 2013, puisque c'est son année internationale.» Le quinoa est un «super-aliment» venu des Andes, très nutritif, une pseudo-céréale riche en protéines et en micronutriments.

Importance des exploitations familiales

Le chef de la FAO a félicité l'université pour son appui au développement de l'agriculture, tant industrielle qu'artisanale, précisant que ses recherches aident considérablement à mieux comprendre les exploitations familiales.

«Je pense que ces deux modes d'agriculture ont chacun leur place dans le monde actuel, nous avons besoin des deux», a-t-il affirmé.

Soulignant que 2014 sera l'Année internationale de l'agriculture familiale, M. Graziano da Silva a rappelé que dans la plupart des pays en développement, l'agriculture artisanale est le principal producteur de l'alimentation nationale et le premier employeur dans les zones rurales.

Il a également indiqué que ces dernières décennies, les populations rurales ont vieilli et, souvent, sont devenues majoritairement féminines. Les femmes doivent donc être autonomisées; elles doivent disposer des droits, des politiques, des outils et des ressources nécessaires en appui du rôle qu'elles ont à jouer dans tous les domaines de la vie rurale et au service de la sécurité alimentaire. Les populations, en particulier les jeunes, doivent aussi bénéficier de meilleures opportunités économiques: cela aiderait à les maintenir dans les zones rurales, a encore précisé M. Graziano da Silva.

Adapter les technologies aux besoins locaux

Même si la science et les technologies doivent jouer un rôle clé dans la productivité agricole et l'augmentation de la production, M. Graziano da Silva a assuré que les technologies ne peuvent simplement s'exporter d'un pays à l'autre et fonctionner parfaitement. Il faut les adapter aux conditions locales.

«L'agriculture est trop sensible, elle dépend trop de l'endroit où on la pratique, a-t-il ajouté. Le sol, le climat, l'eau disponible et tant d'autres facteurs influencent la façon dont une technologie fonctionnera dans un lieu donné.»

«Nous devons demander aux agriculteurs ce dont ils ont besoin, ce qu'ils veulent, voir ce qui pourrait leur convenir, ce qu'il faut adapter et nous assurer que quoi qu'on fasse, les agriculteurs eux-mêmes finissent par se l'approprier», a-t-il estimé.

Rôle de la FAO

M. Graziano da Silva a également évoqué les changements fondamentaux qui s'opèrent au sein de la FAO alors que l'Organisation concentre son action sur les problèmes mondiaux les plus pressants en matière d'alimentation, de nutrition et de développement agricole et rural.

«La mission de la FAO consistant à œuvrer pour vaincre la faim dans le monde reste valable aujourd'hui comme elle l'était lors de sa création en 1945... mais les défis d'aujourd'hui sont différents», a-t-il expliqué.

La FAO, a indiqué M. Graziano da Silva, a défini de nouveaux objectifs stratégiques pour faire face aux évolutions et aux problèmes mondiaux. Ces objectifs sont les suivants: mettre un terme à la faim et la malnutrition; produire durablement; réduire la pauvreté ruruale; améliorer les systèmes alimentaires et leur équité; améliorer la résilience aux chocs externes.

Signature d'un Protocole d'accord

MM. José Graziano da Silva et Aalt Dijkhuizen, Président du Conseil d'administration de l'Université et du Centre de recherche de Wageningen, ont signé un Protocole d'accord portant sur la collaboration de la FAO et de l'Université durant les quatre prochaines années. Cet accord prévoit notamment des échanges d'information, une concertation quant aux moyens d'action, la promotion commune des capacités pédagogiques, scientifiques et technologiques des pays en développement, ou encore des échanges de chercheurs et de jeunes professionnels.