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Les gènes des plantes commencent à porter leurs fruits

Des délégués de 120 pays discutent à Tunis du partage des bénéfices découlant du Traité international sur les ressources phytogénétiques

Photo: ©FAO
Il faut de tout pour nourrir le monde

1er juin 2009, Tunis/Rome - Pour la première fois, les paysans des pays pauvres seront, aux termes d'un traité international juridiquement contraignant, récompensés pour avoir conservé et propagé des variétés de plantes susceptibles de sauvegarder la sécurité alimentaire mondiale au cours des prochaines décennies.

Un nouveau système de partage des bénéfices - partie intégrante du Traité sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture - doit entrer en vigueur grâce aux dons généreux octroyés par plusieurs gouvernements en faveur de projets devant bénéficier aux paysans.

Ces projets seront annoncés cette semaine à Tunis au cours d'une réunion de l'organe directeur du Traité à l'hôtel Ramada (les Côtes de Carthage). Ils ont été sélectionnés parmi plus de 300 propositions soumises par des paysans, des associations paysannes et des centres de recherche principalement d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.

C'est la première fois que des transferts d'avantages financiers seront effectués aux termes du Traité et ce, depuis son entrée en vigueur en juin 2004.

Banque de gènes mondiale


Le Traité a établi une banque de gènes mondiale comprenant 64 cultures vivrières qui constituent plus d'un million d'échantillons de ressources phytogénétiques connues.

Il stipule qu'à chaque fois qu'un produit commercial résulte de l'utilisation de cette banque de gènes et que ce produit est breveté, 1,1 pour cent des ventes de ce produit doivent être versés au Fonds de partage des bénéfices du Traité.

Le premier lot de projets doit recevoir quelque 250 000 dollars. La Norvège, l'Italie, l'Espagne et la Suisse ont contribué au capital de lancement de ce Fonds qui doit alimenter le système de partage des bénéfices.

Un processus lent

Le travail de sélection des plantes est un processus très lent. Il faut parfois dix ans pour qu'à la suite de l'opération de transfert génétique on débouche sur un produit breveté. Et c'est pour cette raison que les pays sus-mentionnés ont voulu ce système.

La Norvège a introduit une petite taxe sur la vente de semences sur son marché intérieur, ce qui lui permet de financer sa contribution.

Les projets sélectionnés devront remplir un certain nombre de critères en faveur des paysans pauvres qui conservent différentes variétés de semences et contribuent ainsi à la lutte contre la faim dans le monde.

"Nous sommes reconnaissants aux gouvernements qui ont rendu cela possible grâce à leurs contributions volontaires", a déclaré M. Shakeel Bhatti, Secrétaire de l'organe directeur du Traité.

"Si les paysans et les autres partenaires en matière d'agriculture n'obtiennent aucun soutien pour conserver et développer les différentes variétés de plantes, la diversité des cultures dont ils s'occupent sera perdue à jamais", a-t-il ajouté.

Aucun pays n'est autosuffisant

Aucun pays n'est autosuffisant en ressources phytogénétiques. Tous dépendent de la diversité génétique de cultures d'autres pays ou régions. La coopération internationale et l'échange libre de ressources génétiques sont par conséquent fondamentaux pour la sécurité alimentaire.

Le changement climatique a rendu cet enjeu d'autant plus pressant qu'il faut absolument préserver toutes les plantes cultivées au cours des millénaires et qui sont en mesure de résister à des hivers rigoureux ou à des étés torrides.

La majorité de la population mondiale dépend de 150 cultures seulement et 12 d'entre elles assurent 80 pour cent des apports énergétiques d'origine végétale, le riz, le blé, le maïs et les pommes de terre ayant la part belle avec près de 60 pour cent.

De nombreuses variétés nouvelles et inexploitées poussent dans certaines des zones les plus inaccessibles des pays pauvres où elles sont traditionnellement cultivées par les petits paysans locaux sans avoir jamais été commercialisées.

Or, un grand nombre de plantes ayant développé une résistance aux étés torrides et aux hivers rigoureux ainsi qu'aux longues périodes de sécheresse pourraient disparaître à jamais, raison pour laquelle une des priorités du Traité est la conservation des variétés à la ferme.

Relever les défis

Les délégués à la réunion de Tunis chercheront un accord sur les moyens de renforcer les aspects du Traité relatifs au partage des bénéfices.

Il pourrait s'agir notamment d'un appel de l'organe directeur du Traité aux gouvernements, bailleurs de fonds privés et fondations pour un montant de 116 millions de dollars destiné à accélérer les travaux consistant à aider les pays en développement à améliorer la qualité de leurs cultures.

"Si les désaccords sur l'accès aux ressources génétiques des plantes peuvent être liés à des questions d'ordre technique et juridique complexes, les enjeux restent clairs", selon M. Bhatti.

"Les sélectionneurs ont besoin d'un accès à une vaste diversité génétique pour relever les défis du changement climatique et de la lutte contre les ravageurs et les maladies des plantes, et pour nourrir la population mondiale en expansion rapide", souligne M. Bhatti.

Régression de la biodiversité agricole

La nourriture que nous consommons aujourd’hui provient, pour l’essentiel, du savoir-faire et des connaissances acquis au fil des siècles par les agriculteurs d’autres régions du monde, depuis la pomme de terre originaire du Pérou à l’artichaut provenant d’Afrique du Nord.

Et pourtant, la biodiversité agricole, à la base même de la production vivrière, est en forte régression, compte tenu des effets de la modernisation, de l’évolution des régimes alimentaires et de l’accroissement démographique.

Près des trois quarts de la diversité génétique des plantes cultivées auraient été perdus à tout jamais au cours du siècle dernier, et ce phénomène d’érosion génétique se poursuit.

On estime qu’on disposait autrefois de 10 000 espèces cultivées. Aujourd’hui, 150 plantes seulement nourrissent la plus grande partie de l’humanité et pas plus de 12 plantes assurent 80 pour cent des apports énergétiques d’origine végétale (près de 60 % pour le riz, le blé, le maïs et la pomme de terre).

Le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture offre aux agriculteurs, aux sélectionneurs et aux scientifiques un accès gratuit au matériel génétique de 60 espèces cultivées qui assurent 80 pour cent des denrées que consomme l'humanité.

Le Traité facilite, en outre, le partage des bénéfices qui découlent de l'exploitation commerciale de ce matériel génétique.