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Améliorer la gestion et la conservation des pêcheries de thon en haute mer

Un projet de la FAO financé par le FEM contribue à l’effort mondial d’aménagement des pêches

Photo: ©FAO/A. Urcelayeta
La FAO estime qu’environ un tiers des sept principales espèces de thonidés sont actuellement surexploitées

5 novembre 2013, Washington, DC/Rome - La directrice générale et présidente du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), Mme Naoko Ishii, a approuvé aujourd'hui un projet coordonné par la FAO visant à améliorer la santé et la durabilité des pêcheries de thon dans le monde en réduisant les prises illégales et en soutenant les espèces et écosystèmes marins apparentés.

Le FEM, une institution internationale qui fédère 183 pays autour des questions d'environnement et de promotion du développement durable, a approuvé le financement de la phase de mise en œuvre d'un projet multipartenaires coordonné par la FAO ayant pour objectif une meilleure gestion des pêcheries de thon en haute mer et la conservation de la biodiversité des écosystèmes et des espèces qui s'y rattachent, en réduisant les prises illégales de poissons très prisés et consommés partout dans le monde.

"Cette décision jette les bases d'une action à l'échelon mondial pour faire face à la menace tant économique qu'environnementale qui pèse sur une des espèces halieutiques commerciales les plus importantes au monde", a souligné Mme Ishii. "Je me félicite que nous ayons pu rassembler au sein de ce projet des partenaires publics et privés qui nous donnent de bonnes chances de travailler à une échelle suffisante pour inverser les tendances négatives menaçant les pêches thonières et le milieu océanique dont elles dépendent".

A ce jour, 30 millions de dollars de fonds du FEM ont attiré plus de 150 millions de co-financements en faveur du projet qui fait partie d'une initiative multipartenaires plus vaste axée sur la récolte durable de ces précieuses ressources.

Le Projet mondial d'aménagement des pêches et de conservation de la biodiversité, qui s'étendra de 2013 à 2018, met à profit et complète les travaux des cinq organisations régionales de gestion des pêches thonières (t-RFMO) et rassemble un vaste groupe de partenaires autour de trois lignes essentielles: 

  • Promouvoir un aménagement plus durable et efficace des pêches et une adoption plus étendue des meilleures pratiques de pêche
  • Réduire la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) par le renforcement du suivi, des contrôles et de la surveillance
  • Atténuer les impacts de la pêche sur les écosystèmes, y compris les prises accessoires excessives d'espèces marines non ciblées.

Le projet vise à mobiliser des actions entre les organisations régionales de pêche au thon et les partenaires, en contribuant en particulier à la reconstitution des ressources perdues à cause de la pêche INN.

"Les pêches de haute mer contribuent à la sécurité alimentaire et aux moyens d'existence de millions de personnes dans le monde", a déclaré Árni M. Mathiesen, Sous-Directeur général de la FAO chargé des pêches et de l'aquaculture. "Grâce à une action collective à tous les niveaux et à une coopération étendue optimisant l'utilisation de ressources appauvries, ce projet - et l'Initiative plus vaste Common Oceans - aideront le monde à renoncer à 'cette course au poisson' et à adopter une approche écosystémique, cruciale pour garantir la santé et la productivité future de ces écosystèmes marins essentiels. Les premiers succès serviront à inciter les bailleurs de fonds et les organismes à investir davantage dans ce type de projets à effet catalyseur".

WWF-US est un des acteurs principaux collaborant avec la FAO, qui comptent également les cinq t-RFMO*, l'Agence des Pêches du Forum des Iles du Pacifique (FFA), les Parties à l'Accord de Nauru (PNA), le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (SPC), la U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l'Accord sur la conservation des albatros et des pétrels (ACAP), BirdLife International, la International Seafood Sustainability Foundation (ISSF) et le Marine Stewardship Council (MSC). Sans oublier le secteur privé du thon, qui comprend des membres des industries de la pêche et de la transformation du poisson, qui est également un partenaire clé et soutient pleinement l'initiative.

Améliorer la pêche au thon

Les thons et espèces apparentées constituent les ressources halieutiques les plus prisées capturées dans les zones situées au-delà des juridictions nationales (ABNJ). La catégorie des grands migrateurs représente 20 pour cent environ de la valeur de toutes les captures marines - les prises des espèces de thons les plus importantes atteignent à elles seules une valeur de plus de 10 milliards de dollars par an.

Quelque 5,4 millions de tonnes de thon sont débarquées chaque année, avec plus de 85 pays pêchant le thon en quantités commerciales. Les niveaux de captures les plus élevés ont lieu dans l'océan Pacifique, suivi des océans Atlantique et Indien.

D'après les estimations de la FAO, environ un tiers des sept principales espèces de thonidés sont actuellement surexploitées. Vu la demande soutenue des consommateurs pour les produits comme le sashimi et le thon en boîte et la surcapacité des flottes de pêche, l'état des stocks de thon a de fortes probabilités de continuer à se détériorer faute d'une amélioration de la gestion.

"En transformant notre gestion des pêches mondiales, nous garantissons une source durable de produits de la mer qui contribuent à nourrir les sept milliards d'habitants que compte la planète tout en préservant la nature", a indiqué Mme Michèle Kuruc, Vice-présidente du WWF-Etats-Unis pour la conservation des ressources marines. "En misant sur les gouvernements, les organismes de gestion des pêches, la société civile et le secteur privé, ce partenariat novateur peut imprimer un changement significatif sur les communautés halieutiques du monde".

Un vaste réseau

Le programme des zones situées au-delà des juridictions nationales (ABNJ-Common Oceans) se compose de quatre projets étroitement imbriqués qui rassemblent gouvernements, organisations régionales de gestion des pêches, secteur privé et ONG autour de l'utilisation durable et de la conservation des écosystèmes de haute mer.

Outre le projet du thon, les autres projets portent sur une utilisation plus durable des ressources vivantes en haute mer et des écosystèmes, le renforcement de la capacité mondiale d'aménagement des ABNJ et le Partenariat pour les océans qui élaborera des modèles de gestion destinés à promouvoir l'investissement dans la gestion durable et à long terme des pêches.

Parmi les partenaires clés du programme, citons la FAO, la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), Conservation International (CI), l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), WWF-Etats-Unis et le Forum mondial des océans.

LE FEM a affecté 50 millions de dollars en faveur du programme et attiré 270 millions de dollars supplémentaires de co-financements.

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* Les cinq organisations régionales de gestion des pêches de thon sont les suivantes
: Commission interaméricaine du thon tropical (CITT), Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), Commission des thons de l'Océan indien (CTOI), Commission pour la conservation du thon rouge du Sud (CCSBT) et Commission des pêches pour le Pacifique central et occidental (WCPFC)