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Les pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord s'engagent à renforcer la coopération en matière de faim et de nutrition

Une vision partagée pour une action commune

Photo: ©FAO/Danfung Dennis
Agriculteurs afghans en train de planter des variétés de riz amélioré dans le cadre d'un projet FAO

28 février 2014, Rome - Les Gouvernements du Proche-Orient et d'Afrique du Nord ont conclu aujourd'hui une réunion de cinq jours sur la sécurité alimentaire régionale, en s'engageant à renforcer la coopération pour affronter les enjeux critiques de gestion de l'eau, de pertes et gaspillages alimentaires et d'amélioration de la résilience des communautés rurales.

Dans son rapport final, la 32ème Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord a approuvé trois propositions fondamentales.

La première porte sur un cadre stratégique destiné à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition à l'échelle régionale.

A l'heure actuelle, les 19 pays de la région comptent près de 43,7 millions de personnes sous-alimentées, soit 10 pour cent de la population.

Pour réduire ces chiffres élevés dans un contexte de forte croissance démographique, d'appauvrissement des ressources naturelles et de changement climatique, il est essentiel de resserrer la coopération intergouvernementale.

Le cadre adopté aujourd'hui invite les gouvernements à unir leurs efforts pour affronter la faible croissance de la productivité grâce à des investissements supplémentaires dans la recherche et le développement; des gains d'efficacité dans les chaînes d'approvisionnement permettant de réduire l'exposition à la volatilité du marché et autres chocs, ainsi que des filets de protection et des programmes d'éducation nutritionnelle renforcés.

Autre outil prévu par le cadre stratégique, la création de réserves céréalières régionales visant à compenser les hausses des prix des denrées de base.

"Dans ce monde globalisé, on ne peut envisager de sécurité alimentaire à l'échelle d'un seul pays. Nous devons œuvrer de concert et c'est l'engagement que nous avons pris ici. C'est le point de départ pour bâtir un monde où règne la sécurité alimentaire", a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, dans son allocution à la clôture de la Conférence.

Renforcer la coopération sur l'eau et les pertes alimentaires

Outre le cadre stratégique, le groupe a également  approuvé l'expansion à l'échelle de toute la région de l'Initiative régionale de la FAO sur la raréfaction de l'eau, qui concernait jusqu'à présent six pays pilotes. Dans le cadre de cette initiative, les pays s'attacheront à améliorer leurs pratiques de gestion de l'eau au niveau national ainsi qu'au-delà de leurs frontières pour élaborer une approche de collaboration pour la gestion de cette ressource vitale.

Les disponibilités d'eau douce par habitant dans la région ont diminué des deux tiers au cours des 40 dernières années et devraient continuer à reculer de 50 pour cent durant les 35 prochaines années si l'évolution actuelle de la croissance démographique et les modes de consommation se poursuivent au même rythme. L'agriculture utilise actuellement 85 pour cent des disponibilités d'eau douce de la région.

La Conférence a approuvé une autre initiative régionale visant à réduire les pertes et gaspillages alimentaires. Le Proche-Orient et l'Afrique du Nord dépendent des importations pour satisfaire plus de 50 pour cent de leurs besoins alimentaires, et pourtant un tiers de toute la nourriture produite ou importée est perdue ou gaspillée.

Priorités de la FAO

La Conférence a demandé à l'Organisation de concentrer ses efforts sur l'aide aux pays dans trois domaines prioritaires: raréfaction de l'eau, renforcement de la résilience pour une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle, et soutien à la petite agriculture.

L'allocation budgétaire de la FAO pour les activités au Proche-Orient et en Afrique du Nord pour la période 2014-2015 s'élève à 45,8 millions de dollars, avec des besoins supplémentaires de contributions volontaires estimés à 95,5 millions de dollars.

Les pays participant à la Conférence régionale ont reconnu la nécessité de mobiliser des ressources additionnelles en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, notamment par le biais de la Coopération Sud-Sud et de partenariats, ainsi que du nouveau Fonds fiduciaire de solidarité régionale de la FAO qui est en train d'être mis en place avec une contribution initiale de 2 millions de dollars du gouvernement irakien.

La Conférence a vu la participation de plus de 160 délégués, dont onze ministres, de 21 États membres du Groupe régional Proche-Orient de la FAO, ainsi que de représentants de la société civile, du secteur privé, d'autres organismes des Nations Unies et de pays en qualité d'observateurs.

Organe suprême de gouvernance de la FAO au niveau régional, les conférences régionales sont capitales pour garantir l'efficacité des travaux de l'Organisation sur le terrain et définir ses priorités de travail.