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La sécurité alimentaire dans le Pacifique gravement menacée par le changement climatique

La FAO publie une note de synthèse pour Copenhague

Photo: ©FAO/ F. Sodter
Un cyclone dévastateur vient de s'abattre sur une île du Pacifique

26 novembre 2009, Rome - Le changement climatique aura vraisemblablement de fortes répercussions sur l'agriculture, la foresterie et les pêcheries dans les îles du Pacifique, portant à un accroissement des risques d'insécurité alimentaire et de malnutrition, met en garde la FAO à quelques jours du Sommet des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague.

La FAO exhorte les gouvernements et les bailleurs de fonds à lancer sans délai des plans énergiques d'adaptation au changement climatique pour l'ensemble des îles du Pacifique. 

Le changement climatique est susceptible d'exacerber les menaces dans une région déjà affligée par de fortes contraintes écologiques et économiques, selon la note de synthèse Climate Change and Food Security in the Pacific préparée pour le Sommet de Copenhague.

Les îles du Pacifique devront affronter la montée du niveau des océans et leur réchauffement, l'acidification, la modification des régimes de précipitations, des heures d'ensoleillement et du couvert nuageux, l'altération des régimes de circulation océaniques et atmosphériques et une fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes tels que cyclones tropicaux et sécheresses.

Nombre de ces impacts pourraient avoir des répercussions négatives et cumulées sur les rendements de l'agriculture et des pêches, ainsi que sur la sécurité alimentaire.

La dégradation des écosystèmes terrestres et marins, le stress thermique, l'érosion du sol, la salinisation et la raréfaction des nutriments, la propagation des ravageurs et des maladies des végétaux, la fréquence accrue des incendies de forêt, les sécheresses et les inondations constituent un risque particulièrement grave pour la production vivrière.

Adaptation et diversification

"Les agriculteurs ne doivent pas être abandonnés lorsqu'il est question de changement climatique", affirme le Sous-Directeur général de la FAO, M. Alexander Müller.

"Les pays et leurs partenaires de développement doivent veiller à ce que les agriculteurs reçoivent les meilleures informations disponibles sur le choix des variétés culturales, de même que sur les options d'aménagement des ressources en sols et en eau pour s'adapter au changement climatique", ajoute-t-il.

Les îles du Pacifique pratiquant la monoculture devront évaluer de près leur potentiel de sécurité alimentaire, car les systèmes agricoles diversifiés obtiendront de meilleurs résultats dans tous les scénarios de changement climatique.

"Les systèmes intégrés de culture, de foresterie, voire d'élevage, offrent des opportunités d'intensification durable de la production vivrière tout en créant un écosystème plus résilient", selon M. Müller.

La pêche

Le changement climatique est également une grave menace pour la durabilité du secteur des pêches et risque de compromettre la sécurité alimentaire d'une région fortement tributaire du poisson comme source de protéines et de revenus, ceux-ci étant tirés de la vente de licences de pêche aux flottilles étrangères.

Les pêches de subsistance et de rente, en particulier des espèces de thonidés, sont les piliers de nombreuses économies des îles du Pacifique. Les changements intervenant dans la répartition et l'abondance des thons ont de graves retombées sur la viabilité à long terme des pêches industrielles et des conserveries dans le Pacifique occidental.

La pêche de subsistance et commerciale devra diversifier la production, les infrastructures halieutiques et la répartition des espèces afin de s'adapter aux changements brutaux de l'environnement et du secteur. 

Les forêts

"Les impacts du changement climatique, associés à la surexploitation en cours des ressources forestières dans la région, exerceront de fortes pressions sur les forêts restantes", met en garde la FAO.

Les forêts et les arbres sont la source d'importantes cultures de base dans le Pacifique, telles que l'arbre à pain, les mangues, les agrumes et les noix de coco.

Les forêts de palétuviers préviennent l'érosion côtière, servent de protection contre les marées de tempête et les tsunamis, et offrent d'importants habitats pour de nombreuses espèces de poissons.

Il convient d'aider les gouvernements de la région à gérer leurs forêts durablement et à promouvoir des systèmes intégrés d'agroforesterie. Le potentiel des forêts dans la fixation du carbone doit être reconnu.

Une adaptation rigoureuse

"Les négociations internationales sur le changement climatique devront examiner les liens étroits entre sécurité alimentaire et réchauffement de la planète", selon M. Müller.

"Toutes les îles du Pacifique doivent bénéficier d'une aide pour mettre en œuvre leurs «Programmes nationaux d'adaptation» qui devront intégrer également les questions de sécurité alimentaire."

La recherche et le développement devraient être intensifiés dans l'agriculture, les pêches et les forêts afin d'identifier et de promouvoir l'utilisation de variétés culturales résistantes à la salinité et à la sécheresse, la remise en état des forêts côtières et le développement des infrastructures dans les zones côtières vulnérables.

"Dans le cas contraire, cela risque d'aboutir à une aggravation de la pauvreté, de l'instabilité politique et des conflits", a encore dit M. Müller.

La note de synthèse de la FAO a été rédigée en collaboration avec le Groupe d'experts du Pacifique sur le changement climatique et la sécurité alimentaire.