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Les phénomènes météorologiques extrêmes menacent les forêts

Il est nécessaire d’améliorer la gestion forestière

Foto: ©FAO/Ami Vitale
Près de 4 000 phénomènes extrêmes, tels que cyclones, inondations, glissements de terrain, tornades, tremblements de terre, éruptions volcaniques et méga-feux de forêt, sont survenus entre 2000 et 2009 dans le monde.
09 août 2011, Rome - Un partenariat international pour la conservation et le développement des forêts a mis en garde aujourd'hui que les phénomènes météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles constitueront une menace grandissante pour les forêts de la planète au cours des prochaines années, d'où la nécessité d'une coopération plus étroite entre les régions et les pays.

L'avertissement émane du Partenariat de collaboration sur les forêts (PCF), un mécanisme regroupant 14 organisations internationales et secrétariats de conventions, en parallèle avec le lancement par la FAO d'une nouvelle publication, Perturbations abiotiques and their influence on forest health.

Près de 4 000 phénomènes extrêmes, connus sous le nom de « perturbations abiotiques », tels que cyclones, inondations, glissements de terrain, tornades, tremblements de terre, éruptions volcaniques et méga-feux de forêt, sont survenus entre 2000 et 2009 dans le monde. Récemment, ces perturbations ont également englobé des événements anthropiques, comme la contamination radioactive et les marées noires

Le PCF invite les gestionnaires forestiers à appliquer les politiques forestières telles la diversification des espèces, l'utilisation des brise-vent et les systèmes de cultures mixtes pour protéger les forêts des catastrophes et minimiser les risques et incidences des phénomènes extrêmes.

"L'intensité, la quantité et la fréquence des perturbations sont appelées à continuer à croître", a déclaré Eduardo Rojas-Briales, Sous-Directeur général de la FAO (Forêts) et Président du PCF. "La gestion adaptative des forêts faisant intervenir l'ensemble des secteurs et des parties prenantes est par conséquent essentielle pour sauvegarder les ressources forestières de la planète. Et, étant donné que ces perturbations sont des phénomènes transfrontières, la coopération régionale ou internationale est indispensable".

Parmi les plus récents exemples de perturbations abiotiques et leurs impacts sur les forêts figurent: une violente tempête en Suède en 2005, qui a déraciné ou endommagé les arbres sur plus de 1,2 millions d'hectares de forêts; le cyclone tropical Sidr, qui a frappé le Bangladesh en 2007 et touché près de 9 millions de personnes et endommagé près de 1,5 millions de logements et quelque 4 millions d'arbres; et le séisme et le tsunami de 2010 qui ont frappé le centre du Chili, tuant plus de 700 personnes et provoquant des pertes économiques de 30 milliards de dollars.

Minimiser les dégâts dus aux phénomènes extrêmes

L'état des forêts elles-mêmes peut avoir une influence sur les phénomènes extrêmes. Par exemple, la déforestation ou la mauvaise gestion peuvent accroître les risques d'inondations et de glissements de terrain en cas de cyclone. La dégradation des forêts de palétuviers, quant à elle, est susceptible d'aggraver les dommages causés par les tempêtes ou les tsunamis.

Aux Maldives, les observations ont montré que les forêts du littoral sont plus résilientes aux impacts du tsunami si on les laisse en l'état, sans perturber ces communautés d'espèces mixtes. Les dunes de sable, les forêts de palétuviers et les récifs coralliens contribuent à atténuer l'énergie des vagues du tsunami et à retenir le sol en préservant des conditions stables permettant à la biodiversité de se développer. Même si les mangroves matures sont généralement en mesure de résister aux ondes de tempête, leur résilience n'est pas pour autant illimitée.

En 2004, le tsunami dans l'Océan indien qui a frappé l'Indonésie a balayé près de 49 000 hectares de forêts côtières (à l'exclusion des mangroves), provoquant des dommages considérables à près de 300-750 hectares de forêts de palétuviers, pour des pertes évaluées respectivement à 21,9 millions et 2,5 millions de dollars. Or, ce genre d'effets peut être grandement atténué grâce à une meilleure gestion des forêts côtières et des mangroves.

 "Les projets financés par l'OIBT pour réhabiliter les mangroves endommagées par le tsunami dans le delta d'Ayeyarwady au Myanmar, dans les provinces de Phang Nga et de Ranong en Thaïlande du sud, et dans de nombreux autres pays" a affirmé Emmanuel Ze Meka, Directeur executif de l'Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), "contribuent à atténuer les dégâts causés par les phénomènes météorologiques extrêmes futurs et/ou tsunamis aux communautés locales, par rapport à la tragédie de l'Océan indien en 2004".

Le changement climatique peut exacerber l'intensité des phénomènes

La fréquence et la gravité accrues des stress hydriques et thermiques liés au changement climatique sont susceptibles de modifier profondément la composition et la structure des forêts. L'accroissement de la mortalité des arbres qui relâchent, durant leur décomposition, de grandes quantités de carbone dans l'atmosphère, est particulièrement inquiétant.

Par ailleurs, la baisse des précipitations et l'intensification des sécheresses, comme celle qui sévit actuellement dans la Corne de l'Afrique, affecteront tout particulièrement les populations africaines qui dépendent des forêts qui leur fournissent de la nourriture, de l'eau salubre et d'autres produits de première nécessité.

"La planification de l'adaptation au changement climatique est freinée par un manque d'information sur les impacts actuels et futurs liés au climat", a indiqué Steve Makungwa, du Réseau de recherche forestière pour l'Afrique subsaharienne (FORNESSA), une initiative qui a collaboré avec l'Union internationale des instituts de recherches forestières (IUFRO) sur les incidences du changement climatique sur les forêts africaines. "Des projections régionales fiables et des systèmes d'alerte rapide sont nécessaires et requièrent des investissements dans la recherche et le suivi des infrastructures".

En novembre 2011, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) publiera un Rapport spécial sur la gestion des risques liés aux phénomènes extrêmes et aux catastrophes pour mieux s'adapter aux changements climatiques. Le rapport servira de guide utile aux décideurs pour une gestion plus efficace des risques liés à ces phénomènes.

En prévision du rapport, les partenaires du PCF ont invité les gestionnaires des forêts à élaborer des stratégies d'adaptation aux phénomènes futurs de sécheresse, en réduisant la densité des arbres pour favoriser la compétition, en sélectionnant des plantes dotées de caractéristiques améliorées de résistance à la sécheresse, et en convertissant les plantations en monoculture en forêts à grande diversité d'essences.

Une gestion efficace des forêts de la planète réduit non seulement le risque de dégâts dus aux catastrophes potentielles, mais a le pouvoir d'atténuer le changement climatique et de faciliter l'adaptation à ces changements.