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Les forêts, une solution potentielle dans la lutte contre la faim

Une attention accrue aux produits et services forestiers peut améliorer la sécurité alimentaire dans les pays pauvres

Photo: ©FAO/Pietro Cenini
Les agriculteurs ghanéens associent arbres fruitiers et céréales pour maximiser l'utilisation des terres

26 octobre 2011, Rome - Le rôle des forêts dans la fourniture de bois et autres produits ligneux ne doit pas occulter leur importante contribution à l'alimentation de nombreuses communautés pauvres dans le monde.

Selon le Partenariat de collaboration sur les forêts (PCF), dont la FAO est un membre actif, les forêts peuvent jouer un rôle encore plus important dans l'alimentation du monde et aider les agriculteurs à faire face au changement climatique. Et leur potentiel n'est pas encore pleinement réalisé.

Avec près d'un milliard de personnes souffrant de faim chronique dans le monde, le PCF souligne que le potentiel des forêts et des arbres pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle requiert davantage d'attention de la part des décideurs nationaux et régionaux et des agences internationales de développement.

«Les forêts et les arbres des exploitations agricoles sont une source directe de nourriture et de revenus en espèces pour plus d'un milliard de personnes parmi les plus pauvres du monde», affirme le Sous-directeur général de la FAO chargé des forêts, M. Eduardo Rojas-Briales. «Ils fournissent à la fois des aliments de base et des aliments complémentaires. Pour renforcer ces avantages, les gouvernements et leurs partenaires du développement doivent accroître leurs investissements en faveur de la gestion forestière durable et de la réhabilitation des terres forestières dégradées».

M. Rojas note qu'en Inde, plus de 50 millions de personnes dépendent directement des forêts pour leur subsistance et qu'en République démocratique populaire du Laos, les aliments sauvages sont consommés par 80 pour cent de la population sur une base quotidienne.

Une contribution modeste mais essentielle

Les aliments et la faune de la forêt apportent une contribution modeste mais essentielle au régime alimentaire peu varié et pauvre d'un point de vue nutritionnel des populations rurales pauvres. A titre d'exemple, les feuilles sauvages peuvent être une excellente source de vitamines A et C, de protéines et de micronutriments tels que calcium et fer.

Les fruits sont des sources particulièrement riches en minéraux et vitamines et leur apport en calories n'est pas négligeable. Certaines variétés de plantes que l'on trouve dans les forêts ont des racines et tubercules comestibles qui fournissent des glucides et certains minéraux.

Toutefois, dans de nombreux pays en développement, la faune et les aliments de la forêt sont de plus en plus menacés par la surexploitation, ce qui entraîne une perte de biodiversité et met en péril la sécurité alimentaire.

La Convention sur la diversité biologique et le Centre de recherche forestière international (CIFOR), lors de leur prochaine réunion en novembre 2011, discuteront de nouvelles mesures pour améliorer la gestion durable de la faune dans les pays tropicaux et subtropicaux.

Le rôle des femmes

Les femmes jouent un rôle important dans le traitement des produits des arbres et de la forêt. Les revenus qu'elles en tirent aident leur famille à atteindre la sécurité alimentaire.

A titre d'exemple, en Afrique de l'Ouest, les femmes utilisent le beurre de karité pour frire les aliments ou pour accompagner des plats cuisinés. La cueillette et le traitement du karité, qui est un ingrédient important dans la fabrication du chocolat et autres confiseries, procurent aux femmes rurales près de 80 pour cent de leurs revenus.

M. Emmanuel Ze Meka, Directeur exécutif de l'Organisation internationale des bois tropicaux, affirme que «les produits alimentaires sont la composante qui connaît le facteur de croissance le plus élevé parmi les produits forestiers non ligneux dans de nombreux pays tropicaux. La valeur ajoutée de la forêt la rend davantage susceptible de demeurer une forêt plutôt que d'être convertie à d'autres usages».

Agroforesterie et rendements

L'agroforesterie associe la plantation d'arbres aux cultures vivrières et à l'élevage. Elle est très prometteuse pour les petits agriculteurs. Les arbres font partie du cycle de la productivité des exploitations agricoles et fournissent de nombreux produits, notamment de la nourriture pour les populations et du fourrage pour le bétail.

«L'agroforesterie offre une alternative intelligente au problème climatique et permet d'accroître la production alimentaire tout en améliorant les revenus des agriculteurs et leur niveau de vie», affirme M. Tony Simons, Directeur général du Centre d'agroforesterie mondial (ICRAF). «L'agroforesterie peut atténuer le changement climatique en stockant le carbone tout en aidant les agriculteurs à devenir plus résilients et à s'adapter aux saisons imprévisibles».

Plus de 400 000 agriculteurs au Malawi, en Tanzanie, au Mozambique, en Zambie et au Zimbabwe ayant opté pour une agriculture qui intègre des systèmes de fertilisation grâce aux arbres ont vu les rendements de leur production alimentaire doubler. L'ICRAF projette d'étendre de tels programmes à travers l'Afrique et l'Asie du Sud.

Contribution des forêts au secteur agricole

Outre leur contribution directe aux régimes alimentaires en milieu rural, les forêts fournissent aussi des services environnementaux qui favorisent la production agricole durable - services éminemment précieux mais difficiles à mesurer.

«Alors que pour certains observateurs la protection accrue des forêts et l'accroissement de la production agricole se neutralisent réciproquement, les forêts fournissent en fait de nombreux services environnementaux, notamment ceux liés à la pollinisation, à l'hydrologie et à l'atténuation du climat. Autant de services qui soutiennent la productivité agricole», souligne Mme Frances Seymour, Directrice générale du CIFOR.