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L’agriculture intelligente face au climat prend racine au Kenya

Les agriculteurs kenyans apprennent par la pratique grâce à des techniques simples

Photo: ©FAO/Christene Dowsett
Comté de Siaya, à l'ouest du Kenya: la culture de la banane comme source nutritionnelle et de revenus

28 juin 2013,  Nairobi/Rome - Comme la plupart des pays africains, le Kenya est extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique. Le stress potentiellement exercé sur les écosystèmes et les communautés rurales fragiles, en particulier dans les zones arides et semi-arides et sur certains hauts plateaux humides du pays, suscite de plus en plus d'inquiétudes.

Conformément à la Stratégie de relance de l'agriculture du Kenya (SRA) 2010-2015 et au plan Vision 2030, les partenaires nationaux et internationaux se sont associés pour relever ces enjeux en renforçant la capacité des petits exploitants de gérer les ressources en terres et en eau dans les zones agro-écologiques vulnérables.

Partenariats et prise en charge communautaire

"Le renforcement des capacités pour l'adaptation au changement climatique dans la gestion des terres et des eaux" est un projet triennal (2011-2013) financé par l'Agence suédoise de coopération au développement international (SIDA) et mis en œuvre par la FAO et l'Institut kenyan de recherche agricole (KARI), en collaboration avec des ONG et les ministères chargés de l'agriculture, des pêches et de l'irrigation.

L'idée est de créer une mosaïque de partenaires œuvrant de concert pour mobiliser des investissements comme élément central de la gestion des ressources naturelles et des stratégies d'adaptation.

Quelque 12 000 ménages devraient bénéficier des techniques d'adaptation aux risques liés au changement climatique dans les bassins hydrographiques et districts retenus.

Patricia Atieno, l'une des bénéficiaires, cultivait exclusivement du maïs sur sa parcelle familiale d'un hectare. «Depuis l'an dernier, j'ai appris à diversifier avec des cultures tolérant la sécheresse et en réintroduisant des variétés traditionnelles de grande qualité dans notre alimentation, affirme-t-elle. Maintenant, je cultive des tas d'autres plantes – bananes, papayes, ananas, amarantes, patates douces, manioc, mil, tomates – et nous avons de quoi nous nourrir toute l'année. Des sols pauvres comme le mien sont devenus fertiles grâce au paillage qui enrichit le sol en nutriments».

Les autorités locales sont encouragées à fournir un soutien technique dans des domaines apparentés, à l'appui des efforts de développement des districts.

Willis Odhiambo Atyang, le responsable agricole du district d'Ugunja au Ministère kenyan de l'agriculture, confirme que la collaboration entre le KARI et la FAO a apporté des avantages conséquents aux agriculteurs. «La plupart de nos agriculteurs avaient perdu tout espoir lorsqu'avait été diagnostiqué en 2001 le flétrissement bactérien du bananier, une maladie qui frappe les régions bananières du Rwanda, de la République démocratique du Congo, de la Tanzanie, du Kenya et de l'Ouganda», indique-t-il.

«Nous avons commencé à relancer la plante et avons créé huit banques de drageons où les agriculteurs peuvent se procurer du matériel végétal propre et certifié. Les petits paysans vendent désormais les rejets à un prix raisonnable à leurs voisins, ce qui permet de raccourcir les distances et de réduire ainsi les frais de transport», explique M. Atyang.

Dans les sites sélectionnés, la création, la mise en valeur et la gestion de sols sains par des mesures de conservation des sols et des eaux, des paillis de résidus de récolte, des cultures de couverture légumineuses et autres pratiques de gestion durable des terres visent à accroître la productivité.

George William Ouma pratique l'agriculture intelligente face au climat dans une ferme du district d'Ugunja dans le Comté de Siaya. «Aujourd'hui, j'ai plus de 1 500 souches-mères de bananiers de plusieurs variétés, notamment Cavendish, plantain et Lady Finger. Mon exploitation a été certifiée comme parcelle de démonstration des technologies d'adaptation au climat appliquées à la diversification des moyens d'existence, à la conservation de l'eau et à une meilleure santé des sols.»

La vente de bananes rapporte à George en moyenne 20 000 KES (230 dollars) par mois, qui viennent s'ajouter à la vente des rejets, en tant que producteur d'une banque approuvée, à d'autres agriculteurs du comté ou d'ailleurs. Avec cet argent, il est en train de construire un magasin pour vendre la production de sa ferme.

Renforcement des capacités en gestion durable des terres et des eaux


La FAO et le KARI collaborent avec les organisations non gouvernementales en vue d'améliorer et de transformer la productivité des petits exploitants dans les bassins versants cultivés où les ressources naturelles sont menacées par le changement climatique et la variabilité du climat.

«Il s'agit d'accroître la productivité des cultures et de l'élevage, la collecte de l'eau, la conservation du sol, l'application des principes de base de l'agriculture de conservation, et l'intégration de l'agroforesterie et du boisement dans les systèmes agropastoraux», explique Meshack Malo, expert en gestion des terres et des eaux au Département des ressources naturelles de la FAO.

Le programme est opérationnel dans trois comtés: les initiatives de recherche communautaire pour l'environnement et le développement (CREADIS) à Bungoma (ouest); le Programme de développement familial de Rangala (RFDP) à Siaya (ouest); et INADES Foundation International - Kenya Office (IFIKO) à Machakos (sud-est).

Plus de  2 000 agriculteurs individuels dans le seul comté de Siaya apprennent et adoptent diverses pratiques susceptibles d'améliorer la productivité des sols et des terres, leur sécurité alimentaire et leur résilience face au changement climatique.

«Notre priorité est d'améliorer la capacité des petits exploitants d'affronter les défis du changement climatique en encourageant les cultures de couverture, la rotation des cultures, le travail minimum du sol, la gestion durable des terres et des eaux, les pratiques de maîtrise de l'eau, ainsi que d'autres techniques complémentaires visant à renforcer le piégeage du carbone, la résilience des écosystèmes et les autres sources de revenus», souligne l'expert FAO-KARI, Barrack Okoba.

Selon Jean-Marc Faurès, expert en gestion des ressources en eau à la FAO, il reste encore beaucoup à accomplir: «Il faut intervenir dans certains domaines fondamentaux comme l'accès aux services financiers et aux marchés, l'achat d'équipement pour la construction de réseaux de distribution d'eau à l'échelle communautaire, l'amélioration des espèces fourragères et arboricoles pour une meilleure fertilité des sols, la diversification des cultures et l'alimentation du bétail.»