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FAO et OIBT soulignent le vaste potentiel des paiements pour services environnementaux pour la conservation des forêts tropicales

Les communautés locales peuvent en tirer profit si les politiques publiques reconnaissent leur rôle

Photo: ©FAO/Riccardo Venturi
Réserve naturelle de Cartago - En 1996, le Costa Rica a été le premier pays tropical à lancer une approche PSE, portant à un accroissement du couvert forestier global

11 avril 2014, San José/Rome – Les paiements pour services environnementaux (PSE), en particulier dans les régions tropicales, devraient être reconnus comme un outil important de conservation et d'utilisation durable des forêts et autres ressources naturelles, et être mieux intégrés dans les politiques nationales, ont déclaré la FAO et l'Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT).

La FAO et l'OIBT se sont penchés sur la question au Forum international sur les paiements pour services liés aux écosystèmes des forêts tropicales, qui s'est déroulé du 7 au 10 avril à San José (Costa Rica).

Les services environnementaux rendus par les forêts comprennent l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre, la protection des bassins versants et des paysages et la conservation de la biodiversité. Les paiements pour services environnementaux sont un mécanisme innovant de financement qui offre des incitations économiques aux agriculteurs et aux propriétaires forestiers en échange de la conservation et de la gestion durable des ressources naturelles.

Forêts tropicales en danger

Avec une majorité de forêts tropicales situées dans les pays en développement et à faible revenu, ces ressources sont particulièrement vulnérables aux changements d'affectation des terres. Les forêts tropicales couvrent environ 1,66 milliard d'hectares dans 65 pays tropicaux. La FAO, dans sa récente évaluation des ressources forestières mondiales, a constaté une conversion continue des forêts tropicales en terres agricoles et autres utilisations, comme les activités d'extraction minière, les infrastructures et le développement urbain.

Les mécanismes de PSE peuvent contribuer à inverser le processus de déforestation dans les forêts tropicales en créant des leviers appropriés incitant les propriétaires forestiers à protéger leurs forêts, à planter des arbres et à recourir à des pratiques durables de gestion forestière.

Par exemple, en 1989, les forêts du Costa Rica ne couvraient que 29 pour cent du territoire. Dix-huit ans après la création du système de PSE, la couverture forestière est passée à 51 pour cent.

Sécuriser les régimes fonciers

Des droits de propriété et des systèmes fonciers clairement définis sont essentiels pour la mise en œuvre de PSE, car très souvent, les paiements se font sur la base du nombre d'hectares de forêts protégés ou de la taille des sites faisant l'objet des pratiques d'utilisation des terres requises.

L'insécurité foncière de nombreuses populations pauvres, autochtones et traditionnellement dépendantes des forêts demeure un obstacle principal les empêchant de tirer des avantages des dispositifs de PSE. Il existe d'autres obstacles à la mise en œuvre des PSE, notamment le manque de reconnaissance des valeurs écosystémiques au niveau politique – et par conséquent, le manque de financements et les coûts élevés de mise en application de nouvelles politiques.

"Les mécanismes de PSE ne peuvent atteindre leur potentiel que s'ils sont accompagnés d'un régime foncier clair, d'une gestion durable des terres, de systèmes d'information forestiers actualisés, d'infrastructures publiques efficaces et de fonds consolidés pour encourager le reboisement à grande échelle", a déclaré Eduardo Rojas-Briales, Sous-Directeur général de la FAO chargé des forêts. "Si ces facteurs sont en place, des avantages comme l'aménagement durable des forêts, les multiples services environnementaux et l'amélioration des moyens d'existence pour les communautés forestières offriront un bon retour sur investissement".

Les PSE - un outil d'amélioration des moyens d'existence

Dans les pays où les PSE sont un instrument d'action important pour la mise en œuvre d'une gestion forestière durable, comme le Brésil et le Costa Rica, on constate des résultats écologiques et socio-économiques significatifs. Outre les avantages financiers directs, les mécanismes de PSE auraient aussi permis d'élargir les opportunités de moyens de subsistance pour les communautés participantes, outre la diversification de leurs activités et sources de revenus.

A titre d'exemple, suite aux avantages directs pour l'environnement tirés des PSE (protection des bassins versants, purification de l'eau et amortissement contre les risques naturels), les agriculteurs ont pu rentrer deux récoltes par an au lieu d'une. Et plutôt que de cultiver du maïs sec, ils ont pu également se lancer dans des cultures commerciales comme les bananes, source d'emplois et de revenus supplémentaires.

Le Costa Rica continue d'être un pionnier en matière de PSE

Le programme PSE du Costa Rica, qui a démarré en 1996, reconnaît quatre services environnementaux dispensés par les forêts: stockage du carbone, fonction de bassin hydrographique, biodiversité, beauté des paysages. Il permet aux agriculteurs propriétaires de forêts de recevoir des paiements pour les services écosystémiques rendus.

Les propriétaires forestiers peuvent participer à diverses activités, notamment: reforestation par des plantations, protection des forêts, régénération des forêts naturelles, systèmes agroforestiers et aménagement des forêts. L'essentiel des financements provient d'une taxe sur le carburant et de redevance prélevées sur les factures d'eau des utilisateurs

Durant le Forum, la FAO et l'Agence de coopération allemande pour le développement GIZ ont rendu hommage à M. René Castro Salazar, Ministre de l'environnement et de l'énergie du Costa Rica, pour avoir été le pionnier du système de PSE au Costa Rica, le premier dans un pays tropical,  il y a près de vingt ans.

"Les efforts des PSE ont permis au gouvernement du Costa Rica de réaliser 81 pour cent de son objectif neutre en termes de bilan climatique d'ici 2021", a déclaré le M. Salazar. "On peut mettre au point une stratégie semblable dans d'autres pays tropicaux tels que le Congo, la Tanzanie, le Kenya, l'Indonésie, le Viet Nam, le Brésil et la Colombie, dont les forêts contribuent à l'atténuation du changement climatique. Cela fera partie des propositions qui seront faites au COP 21 à Paris en 2015".

Le Forum était organisé conjointement par la FAO, l'OIBT et le Fonds national de financement des forêts du Costa Rica (FONAFIFO).