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Un nouveau portail en ligne pour éliminer les obstacles à la production vivrière

La FAO et l’IIASA lancent le Portail mondial de données interactives sur les zones agroécologiques

Photo: ©FAO/Seyllou Diallo
Le champ de riz de cette agricultrice a été détruit par la sécheresse. Le GAEZ peut aider les planificateurs à comprendre où des problèmes, tels qu’un manque d’infrastructures d’irrigation ou de crédit pour les femmes, compromettent la production vivrière.
25 mai 2012, Rome - Un nouveau portail en ligne mis au point par la FAO et l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués (IIASA) a pour vocation d'exploiter tout le potentiel de la planète de nourrir une population en rapide expansion.

Le portail des zones agro-écologiques (GAEZ) FAO/IIASA est un outil de planification servant à recenser les zones disposant d'un potentiel de production vivrière accrue tout en conservant la base de ressources naturelles et en affrontant l'enjeu du changement climatique. Selon les estimations de la FAO, la production vivrière mondiale devra augmenter de 60 pour cent d'ici 2050 pour être en mesure de nourrir une population appelée à dépasser les 9 milliards d'habitants.

L'essentiel de la croissance nécessaire devra provenir de l'accroissement de la quantité de nourriture produite sur les terres cultivables existantes, compte tenu du fait que la plupart des meilleures terres agricoles de la planète sont déjà exploitées.

Les pénuries d'eau sont un autre facteur limitant l'expansion des superficies. D'autre part, l'intensification de la production vivrière devra s'adapter au changement climatique tout en étant durable pour sauvegarder l'utilisation future des ressources.

Le premier pas déterminant pour intensifier durablement la production sera de combler les écarts de rendement qui continuent à affecter le secteur agricole dans de nombreuses régions du monde.

 "Le GAEZ peut contribuer à identifier les zones où il existe des écarts de rendement susceptibles d'être comblés ainsi que leurs causes, ce qui permettrait de formuler des politiques d'investissement adéquates et de fournir un appui approprié aux agriculteurs pour les aider à produire davantage de nourriture", explique Parviz Koohafkan, Directeur de la Division de la mise en valeur des terres et des eaux de la FAO.
 
Le terme "écart de rendement" désigne la différence entre la quantité de nourriture produite par une exploitation et le volume qu'elle serait en mesure de produire moyennant l'application de pratiques, d'intrants, de technologies et de savoirs appropriés.

Ces écarts peuvent être importants: par exemple, une récente étude de la FAO a constaté que dans certaines zones rurales d'Europe de l'Est, du Caucase et d'Asie Centrale, la production des petits agriculteurs, en particulier céréaliers, peut tomber à 30-40 pour cent de son potentiel.

La région du monde accusant les plus forts écarts de rendement est l'Afrique subsaharienne. Les rendements céréaliers du continent africain ont longtemps tourné autour de 1,2 tonne l'hectare, contre un rendement moyen d'environ 3 tonnes l'hectare dans le monde en développement.

Une mine de données en ligne

Le nouveau portail en ligne de la FAO et de l'IISA entend renforcer la capacité des planificateurs et des décideurs d'estimer les potentiels et la variabilité de la production selon différents contextes environnementaux et scénarios de gestion, prenant en compte notamment les conditions climatiques, les régimes de gestion, les disponibilités d'eau et les niveaux d'intrants.

 Le portail GAEZ offre un accès à ce que le Directeur de l'IIASA, Pavel Kabat, qualifie  "d'évaluation la plus ambitieuse de ressources agricoles jamais conduite à l'échelle mondiale". "Le but est d'assembler une vaste mine d'informations et de les rendre le plus accessibles possible aux planificateurs de l'utilisation des terres et aux spécialistes, afin de contribuer à combler les écarts de rendement et promouvoir l'intensification durable de la production agricole", affirme M. Kabat.

Le système GAEZ s'articule autour d'un inventaire complet des ressources agricoles de la planète et des données qui s'y rattachent, organisées en cinq domaines thématiques:

  • Ressources en terres et en eau: multiples couches spatiales de données sur les potentiels du climat, du sol, du terrain, du couvert végétal, de l'irrigation, des zones protégées, de la densité démographique, de la densité du cheptel, de l'accessibilité, etc.

  • Zones agro-climatiques: principaux indicateurs climatiques propres à évaluer la croissance des cultures, le développement et la formation des rendements. Les inventaires agroclimatiques spatiaux GAEZ des régimes thermiques et d'humidité et des périodes de croissance servent à estimer l'adéquation des cultures et les rendements potentiels.

  • Adéquation des cultures et rendements potentiels : informations sur les contraintes de rendement, les calendriers culturaux et les estimations du potentiel productif pour 11 grands groupes de cultures, 49 cultures principales et 92 types de cultures. Des estimations de productivité sont faites pour l'agriculture pluviale, l'agriculture pluviale avec conservation et gravité de l'eau, et des systèmes d'agriculture irriguée par aspersion et goutte-à-goutte.

  • Rendements et production effectifs: estimations de production agricole spatialement explicites, comprenant les superficies récoltées, les rendements et la production pour 23 denrées de base principales.

  • Écarts de rendement et de production: informations essentielles sur les sites accusant des différences entre le rendement effectif et le potentiel de rendement et de production selon différents scenarios de gestion.

Le GAEZ est un outil géo-référencé et permet donc à l'utilisateur d'identifier les zones agricoles de la planète offrant des conditions écologiques analogues et produisant les mêmes cultures à l'aide des mêmes types de systèmes d'exploitation, mais qui n'affichent pas les mêmes niveaux de production. Cela permet de mettre le doigt sur les causes à l'origine de l'écart de production - qu'il s'agisse de pratiques agricoles, de politiques, d'institutions, de services de soutien ou d'accès aux marchés inadéquats. Le potentiel d'accroissement de la production vivrière existe bel et bien tout en limitant l'impact sur d'autres paramètres écosystémiques.

En particulier, compte tenu du déficit de ressources adéquates dans certaines régions, de la demande accrue et des impacts négatifs escomptés du changement climatique, le GAEZ permettrait aux utilisateurs d'évaluer les options pour une adoption plus généralisée de pratiques durables de gestion des terres et des eaux dans les systèmes agricoles à risque, comme l'a récemment souligné le rapport de la FAO « L'État des ressources en terre et en eau pour l'alimentation et l'agriculture dans le monde ».

Ces systèmes vulnérables risquent de voir leur capacité productive s'effondrer progressivement. Et du fait qu'il n'existe pas d'alternative, ils requièrent une attention prioritaire en vue de l'adoption de mesures correctives.
 
Alexander Mueller, Sous-Directeur général de la FAO chargé du Département de la gestion des ressources naturelles et de l'environnement qui a mis au point le GAEZ en collaboration avec l'IIASA, conclut ainsi: "Le nouveau portail GAEZ offrira un outil de gestion des ressources naturelles pour l'alimentation et l'agriculture dans une optique plus durable. Les ressources naturelles sont le fondement même de la production vivrière et constituent le seul moyen grâce auquel nous pouvons atteindre la sécurité alimentaire, dans un monde souvent confronté à des déficits hydriques et à une dégradation des terres, et qui est tenu de s'adapter aux risques croissants du changement climatique".