FAO :: Salle de presse :: Projets sur le terr… :: 2007 :: Combattre la mosaïq…
Combattre la mosaïque du manioc
Recherche mondiale en phytogénétique et opérations d’urgence s’unissent dans la lutte contre cette maladie mortelle
Bujumbura/Rome – Alors que la communauté internationale met en place un système pour l’échange mondial des ressources phytogénétiques cette semaine à Rome, les agriculteurs du Burundi donnent le coup d’envoi d'une nouvelle campagne agricole, en plantant du manioc non contaminé par une maladie mortelle qui a condamné à souffir de la faim des milliers de personnes dans la région des Grands Lacs.

Pendant longtemps, les agriculteurs africains ne se sont pas particulièrement alarmés de la présence de tâches sur leurs feuilles de manioc ni du retard de croissance des plantes. Ils appréciaient le goût plus sucré, sans trop se préoccuper de la maladie de la mosaïque du manioc qui en était responsable. Les pertes de rendements, jamais supérieures à 25 pour cent, étaient jugées acceptables.

En 1989, toutefois, la situation a dégénéré: une souche agressive du virus est apparue en Ouganda, déclenchant une épidémie qui décima les récoltes de toute la région des Grands Lacs. Dans cette région victime de la guerre civile et de turbulences climatiques, ces pertes se sont avérées catastrophiques pour une population fortement dépendante de l’agriculture de subsistance.

En Ouganda, par exemple, la mosaïque du manioc a détruit 150 000 hectares de manioc depuis le début des années 90, causant des pertes estimées à 60 millions de dollars par an, et les pénuries alimentaires ont entraîné des famines localisées en 1993 et en 1997.

Travail d’équipe

L’urgence de la mise au point d’un manioc exempt de la maladie destiné aux populations qui en avaient le plus besoin a donné lieu à une alliance inattendue - mais extrêmement fructueuse - entre les généticiens des laboratoires et les agronomes, plus habitués à la dure réalité des urgences.

“Voici un excellent exemple d’utilisation durable des ressources phytogénétiques”, affirme Shakeel Bhatti, Secrétaire du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture. Lors d’une réunion de haut niveau à Rome cette semaine, les délégués des plus de 110 Etats membres ayant adhéré au Traité ont mis en place le système multilatéral pour l’échange des ressources phytogénétiques. Cela constitue une contribution importante au partage des bénéfices tirés du matériel phytogénétique dans le monde, et, dans le cas de la région des Grands Lacs, à la lutte contre la mosaïque du manioc.

“Les ressources phytogénétiques sont capitales pour combattre le problème de la faim”, a ajouté M. Bhatti. “Dans le cas d’une maladie comme la mosaïque du manioc ou d’enjeux comme le changement climatique, c’est la diversité génétique qui compte, car elle offre les moyens de s’adapter aux changements. Il est par conséquent extrêmement important de conserver la biodiversité agricole et d'oeuvrer de concert pour mettre les ressources génétiques à la disposition des agriculteurs et des chercheurs de tous les continents. Et c’est précisément ce que le Traité se propose de faire”.

La lutte contre l’épidémie de mosaïque du manioc a démarré dans les laboratoires de l’Institut International d’agriculture tropicale d’Ibadan (Nigeria). Par un mécanisme de sélection génétique de 100 000 variétés receuillies dans le monde entier, les scientifiques ont mis au point des jeunes plants de manioc exempts de la maladie, qui ont été distribués à un vaste éventail d’organisations s’occupant de lutte contre la mosaïque.

Parmi elles la FAO, qui a lancé une campagne régionale pour renforcer les efforts des pays dans la région des Grands Lacs en 2006, avec l’appui financier du Service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO).

Une nouvelle ère

Son but était de fournir du matériel végétal indemne de mosaïque du manioc aux ménages vulnérables du Burundi, d’Ouganda, de la République démocratique du Congo et du Rwanda. L’initiative ciblait les personnes déplacées par le conflit et victimes de récentes vagues de sécheresse et de précipitations irrégulières, en particulier celles qui faisaient retour sur leurs terres, grâce à la paix relative régnant dans la région.

“Au Burundi, les gens se demandaient: ‘Le retour de la paix va-t-il nous permettre enfin de manger?’”, rapporte Salvator Kaboneka, un agronome de la FAO participant à l’opération.

Grâce à la multiplication et à la distribution rapides de manioc exempt de la maladie au cours des dernières années, le projet est parvenu à sa phase finale: la distribution massive de plants à la population.

Avec 1 600 hectares disponibles, et chaque hectare produisant suffisamment de boutures pour environ 150 familles, près de 250 000 ménages vont se remettre à cultiver du manioc sain au début de la campagne de semis 2007, au mois d'octobre.

"D’ici la fin de l’année prochaine, ce pays pourrait redevenir autosuffisant en manioc", affirme Eric Pitois d’ECHO. "Et là, on pourra vraiment parler de réussite”.

31 octobre 2007

Suite du dossier…

Combattre la mosaïque du manioc

Le rêve d’Ernest

Contact:

Maarten Roest
Chargé d'information, FAO
maarten.roest@fao.org
(+ 39) 06 570 56524
(+ 39) 346 501 0574

FAO/G. Napolitano

Dans la région des Grands Lacs, des milliers de personnes ont souffert de la faim à cause de la maladie du manioc

Augmenter durablement la production

La campagne régionale de lutte contre la mosaïque du manioc a été mise au point avec l’appui technique du Service FAO des cultures et des herbages.
Le Service aide les Etats membres de la FAO à obtenir des augmentations durables de la production par l’amélioration végétale, l’application de biotechnologies végétales, le développement de systèmes de production intégrés et l’aménagement rationnel des pâturages.

Audio

Un vaste programme de réhabilitation agricole s’est résolument engagé au Burundi depuis 2003 (8'16") (mp3)

Vídeo

Les agriculteurs disposent à présent de plants sains (en anglais) (unk)

FAO/G. Napolitano

Les chercheurs ont développé des plants exempts de la maladie destinés aux populations les plus nécessiteuses

envoyer cette page
Combattre la mosaïque du manioc
Recherche mondiale en phytogénétique et opérations d’urgence s’unissent dans la lutte contre cette maladie mortelle
Grâce à la recherche mondiale en phytogénétique et l'aide de l’UE et la FAO, les agriculteurs du Burundi plantent du manioc non contaminé par une maladie mortelle qui a condamné à souffrir de la faim des milliers de personnes dans la région des Grands Lacs.
Veuillez insérer une adresse email
Veuillez insérer une adresse email valide
RSS