FAO :: Salle de presse :: Projets sur le terr… :: 2004 :: La lutte contre les…
La lutte contre les tiques se concentre sur Antigua
L'éradication est fondamentale pour développer le secteur local de la viande
21 avril 2004, Saint-Jean, Antigua -- Avec ses 365 plages, une pour chaque jour de l'année, Antigua, célébrée comme la "terre de la mer et du soleil", est une escale très appréciée des croisières et une destination touristique renommée.

Mais l'île ne fait pas seulement le bonheur des touristes. La tique Amblyomma variegatum, vecteur d'une maladie fatale pour les bovins, les ovins et les caprins, les a précédés. C'est pourquoi le Programme de lutte contre la tique Amblyomma aux Caraïbes (CAP) a récemment intensifié ses travaux sur l'île. Avec des financements du Ministère de l'agriculture des États-unis (USDA), le soutien du gouvernement local et l'assistance technique de la FAO comme organisme chef de file, le programme cible une paroisse à la fois, se déplaçant ainsi dans toute l'île.

Grâce à de vastes campagnes de sensibilisation, un personnel spécialisé et un gouvernement engagé, les éleveurs sont encouragés à traiter leurs animaux avec le pesticide Bayticol tous les quinze jours.

Le programme a déjà remporté des succès dans d'autres îles de la région, et une grande partie des Caraïbes est désormais déclarée provisoirement libérée de la tique. "Nous parlons de 'liberté provisoire' lorsqu'un territoire est quasiment totalement libéré du parasite, ce qui veut dire également qu'une surveillance est indispensable pour empêcher de nouvelles attaques", explique le responsable du Programme CAP, Rupert Pegram, de la FAO.

Transportée par l'aigrette du bétail

La tique est transportée d'île en île par l'aigrette du bétail, un oiseau qui peut voler jusqu'aux continents d'Amérique du Nord et du Sud, menaçant par là même de propager les maladies qu'elle provoque: une infection de la peau, la dermatophilose aiguë, et la maladie fatale de la cowdriose.

"Nous nous inquiétons tout particulièrement de la propagation du risque de cowdriose au bétail et à la faune sauvage aux États-Unis", fait remarquer Richard E. Pacer, Vétérinaire de l'USDA détaché dans la zone des Caraïbes, expliquant essentiellement pourquoi l'USDA finance le projet. "D'une manière plus générale, nous voulons aussi aider les pays voisins à développer leurs infrastructures sanitaires agricoles et leur permettre de participer plus pleinement au commerce international."

L'éradication de la tique et des maladies qu'elle transporte pourrait être un premier pas vers l'essor d'une industrie de la viande à Antigua, où est concentrée la moitié de toute la population bovine des Caraïbes.

"Une fois qu'on se sera débarrassé de la tique, les éleveurs pourront participer à de nouvelles initiatives de développement de l'élevage, dans l'intention de rendre l'île plus autosuffisante en viande et en produits laitiers. On pourrait même envisager d'exporter ces produits", affirme M. Pegram.

"Antigua ne souffre pas de pénuries alimentaires; les habitants ont tout juste assez de ressources pour importer la nourriture dont ils ont besoin. Mais c'est une question de sécurité alimentaire; une production sur place pourrait être plus rentable", dit-il.

Potentiel pour l'industrie locale de la viande

Avec 70 000 résidents permanents, 250 000 touristes de passage chaque année et 600 000 visiteurs en croisière attendus en 2004, les besoins alimentaires d'Antigua sont importants. Quasiment tous les produits alimentaires sont importés: fruits et légumes des pays voisins, et viande, principalement des États-unis et de Nouvelle-Zélande.

Les hôtels et les restaurants ayant une clientèle de touristes servent de la viande importée car, comme l'explique un gérant: "Nous devons pouvoir garantir une viande de qualité supérieure à nos clients; aujourd'hui, nous ne pouvons compter sur le marché local qui ne peut nous garantir une qualité et un volume réguliers."

Dans le petit restaurant Bush Tee, en revanche, Maureen Lake, à la fois propriétaire et chef en cuisine, n'utilise que la viande locale car c'est la meilleure. "Mes clients préfèrent la viande locale car ils savent ce qu'ils mangent. Ils savent que les animaux sont engraissés à l'herbe sans additifs", dit-elle.

Travailler tous ensemble

Helena Jeffery, la coordonnatrice nationale du CAP à Antigua, est un visage bien connu sur l'île. Elle explique comment elle et ses collègues parcourent chaque mètre carré de l'île pour diffuser le message du programme de lutte contre les tiques.

"Lorsque nous ciblons une nouvelle zone de l'île, nous commençons par inviter tous les agriculteurs à une réunion d'information", dit-elle. Cette semaine, quelque 15 éleveurs sont venus à l'école pour en savoir plus sur le programme et apprendre comment débarrasser leurs animaux du parasite. Comme pour la plupart des agriculteurs d'Antigua, l'élevage est pour eux une activité à temps partiel car ils exercent d'autres emplois durant la journée. Ceci n'empêche pas qu'ils sont déterminés et veulent savoir quand ils peuvent commencer le traitement.

"Ce n'est qu'en travaillant ensemble que nous pourrons réussir à éradiquer la tique à Antigua", explique Mme Jeffery à son public. "Nos voisins y sont parvenus, il n'y a pas de raison que nous ne réussissions pas aussi", affirme-t-elle.

La plupart des éleveurs étaient au courant de la campagne avant cette réunion. Ils ont vu les pancartes sur la route faisant la propagande pour le Bayticol, ils ont entendu les interviews avec Helena Jeffery et Rupert Pegram à la radio et à la télévision ou ils ont lu les journaux.

Traitement facile

Habituellement, les éleveurs d'Antigua laissent leurs animaux en liberté. La première démarche dans le traitement est de déterminer le propriétaire de chaque animal, marquer les animaux avec les initiales du propriétaire et leur appliquer une marque d'oreille colorée en fonction de leur paroisse.

Albert Lewis, 70 ans, père de six enfants et 14 fois grand-père, est agriculteur depuis toujours. Il a dix vaches et quatre taureaux et vit dans la paroisse de St Paul, désormais ciblée par le programme. Aujourd'hui, il a rencontré l'équipe du CAP qui a étiqueté et marqué ses animaux. On lui a donné du Bayticol et on lui a montré comment utiliser le pesticide.

"Nous avons toujours eu des problèmes avec la tique. Avant, nous emmenions les animaux à la plage pour les plonger dans l'eau et noyer la tique, mais le parasite réapparaissait toujours. Maintenant, je vais commencer à utiliser Bayticol toutes les deux semaines. Le traitement éloignera aussi les mouches, ce qui est une très bonne chose", dit-il.

Un éleveur après l'autre, l'équipe du CAP diffuse le message dans toute l'île.

"La méthode est simple mais nécessite de la constance", conclut M. Pegram. "La clef du succès dépend de la résolution des éleveurs qui doivent traiter leurs animaux tous les quinze jours pendant deux ans, ce après quoi il faudra une surveillance pendant deux autres années pour s'assurer de l'élimination de la tique."

Contact:
Maria Einarsson
Chargée d'information, FAO
maria.einarsson@fao.org
(+39) 06 570 56524

Contact:

Maria Einarsson
Chargée d'information, FAO
maria.einarsson@fao.org
(+39) 06 570 56524

FAO/M. Einarsson

Assisté par le personnel du CAP, Albert Lewis apprend à utiliser le pesticide sur ses animaux

Vídeo

La tique tropicale du genre Amblyomma à Antigua (12 min.) (mpg)

FAO/M. Einarsson

Grâce à une campagne intensive de sensibilisation du public, le programme de lutte contre les tiques est bien connu des habitants d'Antigua

FAO/M. Einarsson

La tique Amblyomma cause la dermatophilose (visible sur ce mouton) et la cowdriose, maladie fatale

envoyer cette page
La lutte contre les tiques se concentre sur Antigua
L'éradication est fondamentale pour développer le secteur local de la viande
Le programme d'éradication de la tique Amblyomma conduit par la FAO s'est conclu avec succès sur diverses îles des Caraïbes et se concentre maintenant sur Antigua. Les efforts visant à encourager la production animale sur l'île et réduire ainsi les importations de viande dépendent de la réussite du programme.
Veuillez insérer une adresse email
Veuillez insérer une adresse email valide
RSS