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De nouvelles méthodes pour sauver les anciennes
Aider les pays à sauvegarder les aliments et les cultures traditionnels
4 octobre 2004, Luve, Swaziland -- Lorsque Flora Shongwe Lamatsebula, agricultrice, invite ses petits-enfants à dîner, ils lui donnent du fil à retordre. "Si je prépare des plats traditionnels, ils n'en veulent pas", se plaint-elle. "Alors, je dois préparer deux plats différents: un pour moi, car je ne mange pas d'huile de cuisson ni de soupes en sachets, et un autre pour eux."

Ce pays d'Afrique australe est en train de subir une véritable révolution de son régime alimentaire, qui engendre des problèmes de santé.

"Nous constatons une augmentation de l'hypertension et du diabète", explique Nikiwe Dlamini, une spécialiste d'économie familiale du gouvernement. "Les gens ont abandonné les aliments indigènes et consomment désormais des aliments prêts-à-manger. La population rurale achète de la nourriture pré-emballée en ville, comme du poisson en conserve, du corned-beef, des soupes en sachets, du bouillon de poulet et des boissons non alcoolisées."

Comment se défendre

Le Ministère de l'agriculture swazi s'emploie à combattre cette tendance. En cette belle journée d'automne, dans la salle municipale du village, économistes et vulgarisateurs sont en train de tester un questionnaire sur les cultures vivrières traditionnelles, leur préparation et leurs qualités.

Mme Lamatsebula et les autres agriculteurs décrivent avec enthousiasme les propriétés d'une longue liste d'aliments traditionnels tels que haricots, pois, fruits à coque, céréales et courges, des aliments qu'ils ont préparés selon des recettes traditionnelles pour un copieux déjeuner de groupe.

"Nous répertorions ces connaissances et essayons de voir comment les inculquer à nouveau à la population et, en particulier, comment sauver et multiplier les semences qui sont en train de disparaître", explique Simeon Nxumalo, l'agent de vulgarisation qui a dirigé le groupe de réflexion.

L'initiative tombe à point car au moins 40 pour cent des Swazis - ceux touchés par le virus du sida - ont plus que jamais besoin d'aliments traditionnels sains. Les nutritionnistes expliquent que ce type d'alimentation constitue leur premier remède.

Pas de récolte sans semences

Zodwa Mamba, une agronome du ministère qui travaille dans une autre région du pays, est spécialisée dans les légumineuses, base type de l'alimentation des pauvres. "Je cherchais des variétés améliorées et une meilleure tolérance aux maladies pour aider les paysans à accroître leurs rendements", se souvient-elle.

"Mais en 1992, les superficies cultivées diminuaient et, avec la grave sécheresse, les agriculteurs en arrivaient à manger les graines. Les sociétés semencières annoncèrent qu'il n'était pas rentable de multiplier les graines de légumineuses car les agriculteurs ne les achetaient pas régulièrement."

Mme Mamba a alors entrepris d'encourager les agriculteurs à former des associations pour multiplier les semences pour la vente locale.

Rebecca Ntondo Shabangu, un des neuf membres de l'une de ces associations, affirme que ses graines ont du succès: "Nous n'arrivons pas à satisfaire la demande, surtout pour une variété locale d'arachide. L'an dernier, nous avons eu plus de 50 clients et vendu 70 kilos de semences."

Mme Mamba faisait partie des 25 participants invités à prendre part à un atelier sponsorisé par la FAO au Swaziland dans le cadre de LinKS, un projet régional opérationnel en Afrique australe qui vise à renforcer la sensibilisation sur la façon dont les hommes et les femmes des campagnes utilisent et gèrent la diversité biologique.

Le projet a été baptisé LinKS (liens en anglais) car il aide à mieux comprendre les liens entre les systèmes de savoirs locaux, les rôles respectifs des hommes et des femmes, l'approvisionnement en nourriture, et la conservation et la gestion de l'agrobiodiversité.

Par la suite, Mme Mamba a reçu des fonds pour un projet d'étude de production semencière. "La formation LinKS a été très, très utile", affirme-t-elle. "J'ai désormais changé ma méthodologie de recherche pour une approche plus participative et j'obtiens de meilleurs résultats. J'ai appris que je ne devais pas essayer d'imposer ce que je sais. Les agriculteurs savaient énormément de choses qui étaient nouvelles pour moi. Si vous vous présentez avec une liste de questions, ils vous répondent n'importe quoi pour en finir au plus vite."

Elle ajoute que la tendance actuelle est aux semences hybrides plus productives plutôt qu'aux semences en pollinisation libre, qui sont souvent tout ce que les pauvres peuvent se permettre de cultiver, et à l'exportation plutôt qu'aux cultures de subsistance.

"Ceux qui ont de graves problèmes de sécurité alimentaire risquent d'être délaissés", conclut-elle.


Contact:
Peter Lowrey
Relations médias, FAO
peter.lowrey@fao.org
(+39) 06 570 52762

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Quel est le lien entre les femmes, la biodiversité et les systèmes de savoirs locaux?

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FAO

Un étudiant commande des aliments prêts-à-manger au Swaziland.

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Classement des qualités culinaires des cultures vivrières traditionnelles à Luve, Swaziland.

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Aider les pays à sauvegarder les aliments et les cultures traditionnels
Le Swaziland est en train de subir une véritable révolution de son régime alimentaire, les gens se détournant de l'alimentation traditionnelle au profit des aliments prêts-à-manger. Avec l'appui du projet LinKS de la FAO, le gouvernement s'emploie à combattre cette tendance et les problèmes de santé qu'elle engendre en encourageant les cultures vivrières traditionnelles et la conservation des variétés de semences locales.
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