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L'avenir de l'agriculture dépend de la biodiversité
A l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation 2004, la FAO souligne l'importance de la sauvegarde du potentiel et de la diversité de la nature pour la sécurité alimentaire mondiale
Jusqu'à présent, les scientifiques ont recensé environ 1,4 million d'espèces végétales et animales sur terre. Et presque chaque jour une nouvelle espèce vient s'ajouter à la liste.
Cette variété est essentielle pour l'humanité. Nous en dépendons tous pour notre nourriture, l'eau, l'énergie, nos habitations, pour ne citer que les aspects primordiaux. Mais à mesure que croît la population humaine de la planète, cette biodiversité est de plus en plus menacée. Le plus grand péril est la dégradation des habitats naturels. Les espèces sauvages risquent de disparaître lorsque leurs habitats sont détruits par la pollution, l'urbanisation, la déforestation et la conversion des terres humides. La mauvaise gestion de l'agriculture, des forêts et des pêches ne fait qu'accélérer ce processus destructeur. Parallèlement, plus de 40 pour cent de la superficie terrestre est composée de terres agricoles - et la biodiversité est tout aussi importante dans les fermes et dans les champs qu'elle ne l'est dans les profondes vallées ou les forêts nébuleuses de montagne. Cette diversité biologique se trouve dans une quantité innombrable de plantes qui servent à nourrir ou à soigner l'humanité. On la trouve dans de nombreuses variétés végétales, animales ou aquatiques possédant des caractéristiques nutritionnelles spécifiques, ainsi que dans des espèces qui se sont adaptées à des environnements hostiles. On la trouve aussi chez les insectes qui pollinisent les champs et dans les micro-organismes qui régénèrent les sols agricoles. Mais à la ferme, la biodiversité n'en est pas moins à risque. L'humanité dépend d'un nombre de plus en plus restreint de variétés agricoles pour son alimentation. Tendances inquiétantes Il y a environ 10 000 ans, l'homme se lançait dans une grande aventure. En utilisant la biodiversité naturelle qui l'entourait, il a commencé à récolter les graines et les plantes sauvages et à les domestiquer, en choisissant les variétés qui produisaient le plus de nourriture ou la meilleure corde ou qui résistait le mieux aux années de sécheresse. C'est plus ou moins à la même époque qu'il a commencé à domestiquer également les animaux, exploitant leur force, mangeant leur viande et buvant leur lait. La diversité des plantes et des animaux que les premiers agriculteurs ont connue leur a permis de sélectionner des souches végétales et des races adaptées à ses besoins spécifiques. Aujourd'hui, la diversité génétique est toujours indispensable pour la pérennité de la production agricole mondiale. Les agriculteurs et les agronomes en ont besoin pour adapter les plantes à l'évolution des conditions ou pour ouvrir de nouvelles superficies à la production. La diversité phytogénétique détient la clé de meilleurs rendements mais aussi de cultures qui produisent des aliments plus nutritifs. Et pourtant, plus de la moitié des calories d'origine végétale de notre régime alimentaire provient de quatre espèces cultivées (blé, maïs, riz et pomme de terre) et une douzaine d'espèces animales assurent à elles seules 90 pour cent de la consommation mondiale de protéines animales. Outre le nombre d'espèces utilisées pour la production vivrière (diversité des espèces), la diversité génétique au sein des espèces et des populations est tout aussi fondamentale. La demande accrue d'une population croissante et urbanisée, toutefois, a encouragé de nombreux agriculteurs à adopter des types uniformes de végétaux ou d'animaux à haut rendement. Lorsqu'on abandonne la diversité, les variétés et les races sont menacées d'extinction - et par là même, leurs traits spécifiques. Les avantages de la diversité Les experts sont alarmés par la diminution rapide de ce réservoir génétique. Disposer d'une vaste panoplie de caractéristiques uniques permet de sélectionner des plantes et des animaux susceptibles de s'adapter aux évolutions du milieu. La biodiversité offre également aux scientifiques la matière première nécessaire pour mettre au point des races et des cultivars plus productifs et plus résistants. Dans les régions du monde où sévit la famine, c'est-à-dire les pays en développement pauvres en ressources, les paysans auraient davantage besoin de cultures qui poussent bien sous des climats rigoureux plutôt que de variétés garantissant un haut rendement dans des conditions favorables et d'animaux plus petits mais plus résistants à la maladie. Pour les paysans les plus pauvres, la biodiversité peut constituer la meilleure protection contre la famine. Les consommateurs aussi, qu'ils appartiennent aux pays industrialisés comme au monde en développement, tirent profit de l'accès à un vaste choix de plantes et d'animaux qui contribue à un régime alimentaire nutritif. C'est là un facteur crucial pour les communautés rurales qui ont un accès limité aux marchés. Enfin, en préservant l'intégrité des plantes, des animaux et de leur environnement, on maintient toute une série de fonctions essentielles de la nature. Le bétail, les champignons et les micro-organismes décomposent la matière organique, transférant les substances nutritives au sol. Les fourmis et autres insectes maîtrisent les populations de ravageurs. Les abeilles, les papillons, les oiseaux et les chauves-souris pollinisent les arbres fruitiers. Les marais et les marécages filtrent les agents polluants. Les forêts empêchent les inondations et réduisent l'érosion. Dans la mer, des écosystèmes intacts aident à maintenir la stabilité et la santé des populations ichtyques, garantissant ainsi la pêche de demain. Assurer l'avenir Pour nourrir une population en constante expansion, l'agriculture doit produire davantage. Par ailleurs, il sera capital d'accroître sa capacité de récupération en conservant une vaste gamme de formes de vie possédant des caractéristiques uniques, telles que les arbres résistants à la sécheresse ou le bétail qui se reproduit dans des conditions difficiles. Les pratiques d'agriculture durable peuvent à la fois nourrir l'homme et protéger les océans, les forêts, les prairies et autres écosystèmes abritant la diversité biologique. Les efforts mondiaux de conservation des végétaux et des animaux dans des banques de gènes, jardins botaniques et zoologiques, sont vitaux. Mais il est tout aussi important de conserver la biodiversité dans les exploitations agricoles et dans la nature, où elle s'adapte à l'évolution des conditions ou à la compétition des autres espèces. En tant que gardiens de la biodiversité de la planète, les agriculteurs se chargent de la mise au point et de la conservation des plantes et des arbres locaux et de la reproduction des animaux autochtones, assurant ainsi leur survie. Pour en savoir plus sur la biodiversité agricole et sur ce que fait la FAO pour la conserver avec le concours des pays du monde entier, lire les autres articles de ce dossier dans la colonne de droite. 15 octobre 2004 |
Plus de 40% de la superficie émergée de la planète sert à l'agriculture, ce qui fait retomber la responsabilité de la protection de la biodiversité en grande partie sur les agriculteurs.
La biodiversité est tout aussi importante dans les fermes et dans les champs...
... que dans les profondes vallées ou les forêts nébuleuses de montagne. envoyer cette page
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