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Nouvelles estimations des coûts économiques écrasants de la faim
La valeur économique des pertes de production liées à la faim est nettement supérieure aux investissements qui s'imposent pour la réduire
Le sinistre dénombrement des vies fauchées par la faim ou brisées par l'incapacité qu'elle engendre ne laisse aucun doute: la faim est moralement inacceptable, déclare la FAO dans son dernier rapport L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde.

Par ailleurs, si on calcule les pertes de productivité liées à la faim, il est clair qu'elle est tout aussi intolérable du point de vue économique, tant pour les victimes que pour les pays dont elle compromet le développement et la prospérité.

Le coût économique de la faim prend plusieurs formes pour la société. La plus évidente est le coût direct des dégâts qu'elle occasionne, notamment les dépenses médicales liées au traitement des grossesses à problèmes et des accouchements de mères anémiques et les soins aux enfants atteints de malaria, pneumonie, diarrhée ou rougeole parce que leur organisme et leur système immunitaire sont affaiblis par la faim.

Un calcul très approximatif de ces coûts médicaux directs donne quelque 30 milliards de dollars par an.

Or, cela n'est rien à côté des coûts indirects que représente la perte de productivité et de revenus: décès prématurés, incapacités, absentéisme et occasions manquées de s'instruire et de travailler. Selon des estimations provisoires de la FAO, ces coûts indirects seraient de l'ordre de centaines de milliards de dollars. (Pour une analyse plus détaillée, consulter le SOFI 2004.)

Comme le dit le rapport, "pour les gouvernements nationaux, des manques à gagner de cette ampleur représentent évidemment un terrible fardeau".

Investir pour éliminer la faim = avantages économiques à long terme

Ces coûts, directs ou indirects, sont inacceptables, selon la FAO. Paradoxalement, même si les coûts de prévention de la faim sont infimes par rapport aux gains potentiels de productivité qu'il en résulterait, de nombreux pays n'investissent toujours pas assez dans les programmes de réduction de la faim.

"De nombreuses études suggèrent que chaque dollar investi dans des interventions bien ciblées sur la pénurie de nourriture et les carences en oligo-éléments rapporterait l'équivalent de 5 à 20 dollars", affirme l'Organisation; et ce, notamment sous la forme d'une réduction des coûts directs rattachés aux soins médicaux et des coûts indirects liés à la perte de productivité.

Une étude macroéconomique réalisée par la FAO et citée dans le SOFI 2004 a constaté que la réduction de la sous-alimentation au niveau requis pour atteindre l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation se traduirait par des gains de production de l'ordre de 120 milliards de dollars par an d'ici 2015, soit 3 billions de dollars au total.

L'étude de la FAO a en outre calculé qu'il suffirait d'un accroissement annuel de l'investissement public de 24 milliards de dollars pour atténuer la faim par le biais de programmes de développement agricole et rural associés à une aide alimentaire ciblée et à la création de filets de sécurité.
Dossier de fond: Comprendre l'insécurité alimentaire

Suite du dossier…

Comprendre l'insécurité alimentaire

Les chiffres: statistiques de la faim du SOFI 2004

Les coûts humains de la faim

Nouvelles estimations des coûts économiques écrasants de la faim

L'insécurité alimentaire dans un monde de plus en plus urbanisé

Supermarchés et petits agriculteurs

FAO/17605/G. Diana

Fardeau écrasant, les coûts indirects de la faim se chiffrent à des centaines de milliards de dollars.

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La valeur économique des pertes de production liées à la faim est nettement supérieure aux investissements qui s'imposent pour la réduire
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