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Trop d'importations alimentaires menacent les économies des PEID
Baisse des prix des denrées d'exportation dans les îles
Les petits états insulaires en développement (PEID) sont trop dépendants des échanges commerciaux pour nourrir leurs populations. Les disponibilités vivrières dans les pays insulaires sont menacées par une dépendance croissante à l’égard des importations alimentaires et par leur renchérissement. En moyenne, les PEID importent plus de 30 pour cent de leurs besoins de consommation céréalière. Dans les îles qui vivent du tourisme, 50 à 95 pour cent des aliments et des boissons sont importés.

Selon Deep Ford, économiste principal de la FAO, “la mondialisation croissante de l’économie et le rôle des supermarchés au cours des cinq dernières années ont affecté aussi bien les cultures dans les îles que la demande de produits insulaires dans les pays développés. Pourtant, dans la quasi-totalité des PEID, 80 pour cent des recettes d’exportation agricoles sont encore assurées par les cinq premières denrées de base, notamment le sucre, les bananes et les produits halieutiques”.

L’évolution des modes de vie se traduit par l’apparition de maladies d’origine nutritionnelle

La faim et la malnutrition sont des problèmes très ressentis dans de nombreux pays insulaires en développement qui jouissaient essentiellement, jusqu’au début des années 90, d’une autosuffisance vivrière et de modes de vie sains. Aujourd’hui, la situation est bien différente et les maladies liées à la nutrition ainsi que la dépendance vis-à-vis des importations vivrières sont en hausse.

La proportion de sous-alimentation et de malnutrition parmi les habitants des îles est élevée, et l’évolution des modes de vie a porté à une épidémie croissante de maladies chroniques liées à une mauvaise nutrition. L’obésité, le diabète et les troubles cardiovasculaires sont désormais courants dans la plupart de ces petits états. Les carences en oligo-éléments sont diffuses et directement liées aux régimes riches en calories et pauvres en fruits et de légumes, en partie dus aux chaînes de restauration rapide en pleine expansion.

Il faut des politiques et programmes de développement agricole durables

“Si l’on veut briser le cycle de la faim, de la pauvreté et du sous-développement dans les PEID,” explique M. Ford, “il est capital de faire avancer leurs économies par des politiques et programmes de développement agricole durables ainsi que par l’essor du commerce agricole, tout en réduisant leur dépendance à l’égard des produits alimentaires d’importation et des marchés d’exportation préférentiels”.

Les petits états insulaires en développement soutiennent le processus de réforme de l’agriculture de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Nombre d’entre eux ont besoin de clauses particulières pour répondre à leurs buts de développement et surmonter leurs vulnérabilités. La libéralisation des échanges n’est pas une fin en soi, mais un moyen de faire avancer le développement des petits états insulaires.

Mettre l’accent sur le développement rural

“L’élimination des distorsions internationales dans les politiques commerciales est nécessaire mais pas suffisante pour libérer le plein potentiel agricole des pays en développement”, selon M. Ford.

“Il existe un besoin manifeste de politiques nationales synergiques qui mettent l’accent sur le développement rural, en renforçant les mesures d’incitation à la production et les investissements publics dans les infrastructures rurales, l’éducation et la technologie. La rentabilité des investissements publics augmente avec la libéralisation des échanges, de même que les recettes d’un commerce plus libre et plus équitable avec des investissements publics adéquats.”

Pour aider les PEID à améliorer leurs possibilités d’échanges, la FAO leur a offert un soutien en matière de commerce et de politiques, ainsi que la promotion de technologies visant à accroître la productivité et la compétitivité, et le renforcement des capacités institutionnelles et techniques comme base d’expansion commerciale. La FAO a également organisé des ateliers sur les politiques commerciales aussi bien dans les îles du Pacifique que dans les Caraïbes, et rédigé des notes affrontant des questions spécifiques liées aux PEID, à savoir les préférences commerciales et le traitement spécial et différencié.

L’étude de la FAO Agricultural Production and Trade, Preferences and Policy in SIDS(Production, commerce, préférences et politiques agricoles dans les PEID) a servi de base à l’évaluation de l’impact et des réponses potentielles au système d’échanges multilatéraux de l’OMC sur l’agriculture des PEID. Cette étude a contribué à l’incorporation du “commerce et de la sécurité alimentaire” dans les dix points principaux de la Stratégie de Maurice intéressant particulièrement l’intégration des PEID dans l’économie mondiale.

Les enjeux évoqués dans l’étude sont de plus en plus préoccupants compte tenu du débat sur la réforme de la Politique agricole commune de l’Union européenne sur le sucre, des résultats des organes de règlement des différends sur le sucre et les bananes au sein de l’OMC et du gel des négociations mondiales.

Le pouvoir de la mondialisation à l’ère de l’information

La mondialisation a été un moteur de croissance et de développement puissant. Au cours des 20 dernières années, elle a remodelé l’environnement économique international et porté à une intégration plus étroite des pays et des peuples du monde entier. Elle a renforcé la communication, les flux de biens et de services, et surtout, l’échange de connaissances. Le téléphone a permis le transfert d’informations sur les prix en temps réel entre les zones les plus reculées de la planète et les centres de commercialisation.

L’ordinateur a permis d’améliorer grandement la planification et la conception de politiques pour le développement. La mondialisation a réduit le sentiment d’isolement et accru l’accès à des connaissances comme on ne l’aurait jamais cru possible il y a seulement quelques années. Cette interconnexion renforce à la fois notre responsabilité et nos occasions de construire un monde plus équitable.

Cependant, met en garde M. Ford, “il faut reconnaître les coûts potentiels de la mondialisation. Les valeurs humaines et la richesse de la diversité doivent être respectées. Il n’est guère surprenant que les pays nantis défendent leurs politiques agricoles qui préservent les traditions rurales. La nature et le rythme du changement ne devraient pas empêcher les petits pays pauvres d’en faire autant”.
FAO

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Les petits Etats insulaires en développement luttent pour survivre

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Du Sommet de la Terre à la Conférence ministérielle de Rome

Contact:

John Riddle
Relations médias, FAO
john.riddle@fao.org
(+39) 06 570 53259

FAO/16987/P. Behlen-Dexter

La mondialisation a affecté la popularité des aliments traditionnels

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