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Dettes et détresse: l'impact sur l'homme
L'incertitude règne parmi les producteurs et les consommateurs
An Luc Long, Viet Nam - Phan Thi Ninh et son mari font de leur mieux pour améliorer leur situation économique et élever leurs quatre enfants. Mais ils risquent d'être ruinés par la grippe aviaire.

Dans le delta fertile du Mékong, Mme Ninh a démarré sa propre affaire de poulets de chair pour approvisionner la ville voisine de Hô Chi Minh-Ville. Le revenu provenant de l'élevage de 2 200 poulets, auquel vient s'ajouter le salaire de son mari qui travaille pour l'administration locale, leur permettait d'envoyer leur fils aîné à l'école de police, en ville. Mais c'était avant que la grippe aviaire ne la contraigne à abattre toutes ses bêtes.

"Je dois 30 millions de dong (1 875 $) à la banque", se plaint-elle. "J'ai du mal à garder mes enfants à l'école. Je dois envoyer tous les mois à mon aîné un million de dong (62 $) et ce n'est pas facile du tout."

Grâce aux indemnités gouvernementales, elle a pu racheter 600 volailles pour reconstituer son élevage mais à présent le problème est que les prix des volailles et des oeufs ont dégringolé au Viet Nam car les consommateurs, craignant d'attraper le virus, se tournent vers d'autres viandes ou vers le poisson. "Je continue à élever mes poulets, mais je ne suis pas du tout sûre de pouvoir les vendre", déplore-t-elle.

Dans une province voisine, jusqu'en ce début d'année, l'éleveur de canards Nguyen Van Tam nourrissait sa femme et ses deux enfants grâce aux revenus tirés de 330 oiseaux. Puis, à l'improviste, ses canards ont commencé à avoir d'étranges comportements.

"Tout d'à coup, ils ont commencé à pondre très tôt le matin et, dans la nuit, 100 d'entre eux sont morts. Je l'ai signalé aux autorités qui ont accouru", raconte-t-il, pendant que des agents de santé animale, en vêtements de protection, bottes de caoutchouc et masques, pulvérisent sa ferme de désinfectant. Les canards survivants ont dû être éliminés et toutes les carcasses incinérées et enterrées dans le jardin.

"Sans les revenus des canards, je vais devoir aller chercher du travail dans la ferme rizicole de quelqu'un d'autre et cultiver un peu de riz sur mon petit lopin", déplore-t-il. "Je vais avoir du mal à acheter les livres scolaires pour mon aînée qui a 15 ans."

Crise de confiance

M. Purwono a 60 ans et vit sur une petite exploitation du centre de Java en Indonésie, avec cinq membres de sa famille, qu'il nourrit grâce aux revenus de quelques cocotiers, de rizières et de poulets élevés en liberté. Bien qu'étant en chaise roulante, il fait toujours le tour de sa ferme. Malheureusement, 370 de ses 400 oiseaux sont morts de grippe aviaire il y a un an.

"Cela a été une grave perte pour moi, dit-il. Le gouvernement m'a indemnisé mais j'ai dû emprunter de l'argent à des parents, aux voisins, à la coopérative du village et même au vétérinaire, pour survivre et redémarrer l'entreprise".

"Je n'ai toujours que 30 poulets car je n'ai pas confiance. Je pense que la vaccination n'offre qu'une protection à 50 pour cent, parce qu'il y a encore des pertes", dit-il.

Les vétérinaires qui rendent visite à M. Purwono lui expliquent que les nouveaux décès de volaille sont dûs à des causes autres que la grippe aviaire. Mais il n'est pas convaincu.

La tragique mort d'un enfant

Lorsque ses poulets de basse-cour, l'air malade, ont refusé de manger, la première chose qu'a faite Nguyen Van Tuyen a été de les tuer et de les cuire.

Ce petit éleveur d'un village à 60 km au sud-ouest d'Hanoï avait entendu parler de la grippe aviaire à la télévision, mais pensait que cela ne touchait que la volaille, pas les êtres humains.

Une semaine après avoir mangé du poulet, son petit-fils de quatre ans a commencé à avoir de la fièvre. Lorsque sa température a atteint 39˚ C, il a été transporté à un hôpital de Hanoï où il est mort 12 jours plus tard de complications respiratoires. Le petit Long est une des douze victimes de la grippe aviaire au Viet Nam, dont beaucoup sont des enfants.

Sa mère, Le Thi Yen, est désespérée. "Il n'avait jamais été malade de sa vie. J'ai bouilli le poulet comme je le fais toujours; personne d'autre n'a eu de problème après en avoir mangé."

Un des mystères de la grippe aviaire est son mode de propagation (voir ci-contre A l'affût du virus en Indonésie). Après la mort de Long, les autorités de la santé animale n'ayant pas décelé le virus dans les animaux du village, elles ont présumé que ce sont les poulets cuisinés qui avaient transmis la maladie.

D'après l'OMS, la consommation de viande et d'oeufs de volaille ne présente aucun danger pour l'homme s'ils sont cuisinés à 70˚ C; en effet, l'Organisation a signalé qu'aucun cas d'infection de grippe aviaire n'a été imputable à la consommation de volaille ou d'oeufs cuits correctement.
Photo FAO

Suite du dossier…

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Contact:

Peter Lowrey
Relations médias, FAO
Peter.Lowrey@fao.org
(+39) 06 570 52762

FAO/H. D. Nam

La grippe aviaire a décimé tout le poulailler de Phan Thi Ninh; une aide gouvernementale lui a permis de racheter des poulets

FAO/H.D. Nam

Le Thi Yen montre une photo de son fils Long, mort de grippe aviaire en 2004

FAO/A. Ariadi

Mr Purwono, petit éleveur indonésien, assiste un vétérinaire en train de prélever des échantillons sanguins sur ses volailles

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