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Enrayer l'infection à la source - signes de succès
Les bonnes pratiques agricoles et l'hygiène améliorée donnent de bons résultats
My Tho, Viet Nam - Les mesures de lutte appliquées sans relâche contre l'épidémie de la grippe aviaire donnent de bons résultats dans la province de Tien Giang, une des plus durement frappées dans le pays.

Les autorités de santé animale de la province - où 165 000 familles agricoles approvisionnent Hô Chi Minh-Ville en volailles et en oeufs - déclarent n'avoir à déplorer que 100 000 poulets, canards et cailles morts de la grippe ou abattus entre fin 2004 et début 2005, contre 1,5 million pour la même période l'an dernier.

Cette baisse considérable des poussées épidémiques et des morts d'animaux s'explique notamment par les capacités d'intervention améliorées des services vétérinaires. Par ailleurs, les éleveurs font davantage attention à l'hygiène et aux bonnes pratiques.

"Cette année, nous avons été beaucoup plus actifs dans la lutte contre l'épidémie. Nous intervenons sans délais et abattons les animaux sur place", explique Nguyen Viet Nga, Directrice du sous-département de santé animale de Tien Giang. "Nous nous concentrons sur l'éducation en matière de désinfection et sur d'autres mesures, à l'aide de spots télévisés, de séminaires, de cassettes; nous avons même été en parler dans les écoles."

Mme Nga a exhorté les éleveurs locaux à signaler sans délai aux autorités, plus vite que l'an dernier, les oiseaux malades et mourants, pour permettre d'endiguer rapidement l'infection à la ferme.

Pourtant, précise-t-elle, la bataille est loin d'être gagnée. "Racontez les difficultés que nous endurons. Nous avons reçu des vêtements de protection, des masques et des bottes de la FAO, qui a même mené une étude sur une stratégie d'indemnisation ici à l'appui d'un projet de la Banque mondiale... mais nous avons besoin de toute urgence d'une assistance externe pour l'éducation et la communication sur la maladie et d'équipements permettant d'établir les diagnostics afin d'accélérer les délais d'intervention."

Protéger les races

Dans tout le Viet Nam, les fermes d'élevage qui produisent des poussins et des canetons destinés au secteur avicole sont terrifiées à l'idée de voir la grippe aviaire exterminer leurs précieuses ressources génétiques. Elles font savoir que les mesures de prévention très strictes les ont épargnées jusqu'à présent.

"Nous exigeons même que nos ouvriers vivent sur place dans des dortoirs et se relaient tous les quinze jours. Ils restent ensuite dans une zone-tampon pendant 3 jours avant de partir", explique Vuong Tuan Ngoc, de la Phuc Thinh Joint Stock Company à Hanoï, une exploitation qui emploie 200 personnes et produit 200 000 poulets par mois.

"En effet, si les ouvriers sortent, ils entrent en contact avec les poulets à la maison ou au marché et peuvent rapporter le virus. Mais les mesures ont fonctionné. Durant la dernière flambée, la grippe aviaire est arrivée à 500 m de l'exploitation, mais est restée à la porte", déclare-t-il.

Portes verrouillées en Thaïlande

Dans la province de Supanburi en Thaïlande, où le virus a été détecté pour la première fois dans le pays, une visite à deux petites fermes de production d'oeufs le long d'une route tranquille montre comment le virus peut être stoppé.

Les deux fermes ont des poulaillers construits sur pilotis, au-dessus d'étangs à poisson ainsi fertilisés par les fientes des volailles. Mais alors qu'un poulailler est plein d'oiseaux, l'autre est vide, car la ferme, comme tant d'autres dans la province, a fait faillite.

"Nous avons perdu 10 000 oiseaux durant la première vague, et nous avons dû fermer pendant six mois, raconte Boonchoo Sondej. Nous avons recommencé à zéro et dépensé 2 500 dollars en mesures préventives: vêtements de protection jetables, antibiotiques, désinfectants, filets pour empêcher les oiseaux sauvages d'entrer, nous avons tout fait. Nous avons fermé notre porte à clef et maintenant aucun étranger ne peut pénétrer ici."

Elle se tourne vers la ferme voisine, plongée dans un silence sinistre. "Ils ont été frappés par la deuxième vague. Il y avait toujours beaucoup d'allées et venues dans leur ferme", ajoute-t-elle.

Photo FAO

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