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Les pêches et le tsunami: Entretien avec Lahsen Ababouch
Lahsen Ababouch, du Département des pêches de la FAO, explique pourquoi il faut absolument que pêche et aquaculture soient remises en état de façon responsable.


Quels sont les principaux enjeux pour les pêches et l'aquaculture, six mois après la catastrophe?

Nous sommes en pleine phase de transition: des secours après la catastrophe et de l'évaluation des dégâts, nous passons à la reconstruction; de l'assistance immédiate, à la remise en état à moyen et long terme. De sorte que le principal enjeu maintenant est de repartir de zéro et rebâtir le secteur des pêches et de l'aquaculture, qui est vital pour la production de nourriture et la création de revenus. Le tout doit être fait de façon responsable. Car, dans le cas contraire, on rencontrera des problèmes par la suite.

Il y a également un autre enjeu-clé: garantir que les nouvelles embarcations soient construites suivant les normes. Dans certains endroits, en particulier en Indonésie, les bateaux sont construits par les ONG et les institutions locales sans encadrement technique, ce qui soulève des problèmes de sécurité. C'est pourquoi le travail de la FAO n'en est qu'à ses débuts.

Qu'entendez-vous par là?

Une assistance matérielle pour aider les pêcheurs à se remettre sur pied - pour pouvoir acheter des fournitures de base et des intrants pour remplacer ou réparer leurs bateaux, leurs moteurs et leur matériel de pêche - a déjà été fournie et se poursuivra. Mais le gros de notre contribution, je pense, consistera à fournir des directives techniques avisées aux pays afin qu'ils puissent reconstruire des secteurs des pêches et de l'aquaculture productifs et durables.

Pour ce qui est de veiller à la bonne construction des embarcations, répondant aux conditions locales et aux normes de sécurité, là aussi, la FAO a un rôle prépondérant à jouer.

Pourquoi l'accent sur la durabilité?

Les pays doivent éviter de recréer la vulnérabilité et la précarité qui caractérisaient nombre des pêcheries de la région avant la calamité, pour ne pas créer une capacité de pêche qui dépasse le rendement constant des ressources halieutiques. Si c'est le cas, ces ressources pourraient finir par être surexploitées, et si elles le sont, le bien-être des pêcheries s'en ressentira, de même que la production.

Que font les pays pour répondre à ces enjeux ?

Tout d'abord, la reconstruction doit être menée dans un cadre de coordination qui a pour ligne directrice la viabilité à long terme. Il est indispensable que le travail des différents acteurs, dans différents secteurs, soit complémentaire et réalisé avec un encadrement technique adéquat.

Les Gouvernements doivent se faire à l'idée qu'ils doivent "reconstruire mieux " et être résolus à le faire. Ils doivent aussi mobiliser la volonté politique, mettre en place des cadres juridiques, former du personnel et acquérir le matériel nécessaire pour faire cesser les activités illicites et destructrices qui peuvent avoir lieu sous le couvert des efforts de relèvement.

En outre, les pays ont vraiment besoin d'une assistance pour faire le bilan des intrants qu'ils reçoivent en don afin de coordonner leur affectation rationnelle et pouvoir gérer les ressources de manière équitable, transparente et durable.

De quelle façon la FAO a-t-elle aidé à satisfaire ces besoins?

Nous avons travaillé dur pour aider à satisfaire les besoins les plus immédiats, tout en collaborant avec les gouvernements et les ONG et en fournissant des directives responsables pour orienter les actions vers une remise en état durable des pêches et de l'aquaculture de sorte qu'elles puissent continuer à nourrir et à employer les générations futures.

Ont fourni une contribution importante les équipes de terrain d'experts de pêches qui ont conduit des évaluations complètes des impacts du raz de marée, puis ont utilisé ces informations pour travailler avec les autorités nationales afin d'élaborer des plans responsables et tournés vers l'avenir de relèvement du secteur.

Nous avons également fourni des kits de réparation des bateaux, de nouveaux filets et autres aides matérielles. Et à la demande du gouvernement de l'Indonésie, nous détachons des conseillers en matière de pêches, de foresterie et d'agriculture à l'agence spéciale pour la remise en état et la reconstruction après le tsunami, crée par le président indonésien.

Qu'en est-il des six prochains mois? Quelles sont les priorités à affronter?

La liste est longue. Une priorité absolue est la création de mécanismes pour garantir que la nouvelle capacité de pêche ne dépasse pas les limites durables - par exemple, en améliorant les systèmes d'enregistrement et de surveillance pour les bateaux et les pêcheurs, et en veillant à ce que les responsables des pêches bénéficient d'un soutien pour l'évaluation des intrants et leur affectation bien ordonnée.

En même temps, il faut poursuivre la livraison de matériel de pêche, de moteurs et, le cas échéant, d'embarcations de remplacement; et ce dans les limites de la durabilité et en étroite coopération avec les autorités nationales de pêche ainsi que les associations locales de pêcheurs.

Autre priorité: améliorer les normes de construction des bateaux pour la sécurité des pêcheurs et veiller à l'incorporation de ces normes dans la législation. Naturellement, ceci requiert une formation, des conseils techniques et une assistance aux constructeurs de bateaux.

Par ailleurs, les installations de transformation après récolte doivent être remises en état, car nombreux sont ceux qui en dépendent pour vivre, en particulier les femmes.

Et si la charge de travail est encore écrasante sur le terrain, il est temps de commencer à penser aussi à renforcer la capacité technique et administrative des ministères des pêches dans les pays concernés, afin qu'ils puissent prendre en main la reconstruction de façon efficace et garantir la durabilité de leurs pêches nationales.

Et en ce qui concerne l'aquaculture?

La liste est tout aussi longue. La priorité sera donnée au nettoyage et à la réparation des bassins d'aquaculture et de thalassoculture, des cages endommagées et des bacs d'incubation ainsi que des centres de formation. Pour cela, il nous faut travailler avec les pisciculteurs, les patrons et les autorités nationales pour planifier une meilleure aquaculture, de sorte qu'elle produise davantage de nourriture et de revenus, toujours dans une optique durable.

23 juin 2005

Contact:
George Kourous
Relations médias, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168
(+39) 06 348 141 6802
FAO

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