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Le nouveau rôle de la Commission des pêches pour la Méditerranée
La gestion des pêches en Méditerranée est particulièrement complexe vu que quelque 20 pays la bordent et s'en partagent les eaux.

Beaucoup de ces pays n'ont pas exercé le droit d'établir des zones économiques exclusives de 200 miles comme le leur permettait la Loi de la mer votée par les Nations Unies en 1982, se contentant seulement d'une zone de 12 miles d'eaux territoriales au large de leurs côtes.

Cela signifie qu'une grande partie de la Méditerranée est considérée comme zone de «haute mer», et donc sous le contrôle de personne. Cela signifie aussi que ces eaux de haute mer ne sont pas très éloignées des côtes, comme elles le sont généralement, mais au contraire facilement accessibles du rivage.

Le seul organe multilatéral par l'intermédiaire duquel les divers pays méditerranéens peuvent mener des actions communes pour sauvegarder les pêches de haute mer ou pour harmoniser les efforts de gestion des eaux côtières est la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) qui relève de la FAO.

Créée en 1949 avec pour mandat de promouvoir le développement, la gestion rationnelle, l'utilisation responsable et la conservation des ressources marines dans la Méditerranée et la mer Noire, la CGPM est un organe intergouvernemental qui rassemble chaque année 24 parties contractantes pour étudier les tendances de la pêche, partager leurs informations, mener des études scientifiques conjointes, discuter la politique et présenter des recommandations de gestion.

Ces dernières années, elle a modifié ses règlements et sa structure et elle commence à être connue comme un organe intergouvernemental très proactif de gestion régionale des pêches.

Peuvent en être membres les pays du littoral méditerranéen et les organisations économiques régionales ainsi que les États membres de la FAO qui pêchent fréquemment dans les eaux méditerranéennes.

La liste des membres actuels comprend l'Albanie, l'Algérie, la Bulgarie, Chypre, la Communauté européenne, la Croatie, l'Égypte, l'Espagne, la France, la Grèce, Israël, l'Italie, le Japon, le Liban, la Libye, Malte, le Maroc, Monaco, la Roumanie, la Serbie et Monténégro, la Slovénie, la Syrie, la Tunisie et la Turquie.

Un consensus pas toujours facile mais nécessaire

Compte tenu de la complexité de la géographie de la Méditerranée ainsi que du grand nombre et de la diversité de ses écosystèmes sous-marins, il n'est pas toujours facile de lancer des évaluations scientifiques régionales coordonnées et de convaincre 24 membres différents de convenir de mesures de gestion commune, souligne Alain Bonzon, nouveau Secrétaire exécutif de la CGPM.

«On trouve autour de la même table des pays riches et des pays pauvres; un pays comme l'Italie, qui compte 18 000 bateaux de pêche et qui représente près de la moitié de la production totale de la pêche en Méditerranée, et un autre comme la Slovénie qui en a seulement 40; des pays où les activités de mariculture sont bien établies et d'autres où elles démarrent à peine», explique-t-il.

Mais en dépit de ces défis, continue-t-il, les membres de la CGPM ont renforcé l'organisation, surtout ces dernières années, et elle joue maintenant un rôle important en ce qui concerne la promotion d'une pêche responsable en Méditerranée.

De nouvelles règles pour renforcer la gestion

Lors de sa dernière réunion, en février 2005, la CGPM a provisoirement approuvé une large gamme de nouvelles mesures de gestion de la pêche, qui sont entrées en vigueur le 5 septembre 2005.

Elles comprennent:
  • l'interdiction du dragage et du chalutage de fond par plus de 1 000 m de fond;
  • l'obligation à tous les bateaux de plus de 15 m de long d'être inscrits dans un registre central, aux fins de combattre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée;
  • le suivi plus strict du pacage marin du thon rouge surexploité;;
  • la prescription faite à tous les pays d'améliorer la sélectivité des chaluts utilisés pour la pêche démersale (espèces vivant près du fond de la mer) afin de réduire la capture accessoire de poissons trop jeunes ou non ciblés. Plus précisément, les pays doivent imposer une ouverture minimale de 40 mm des mailles à l'extrémité inférieure du chalut.

Réseaux pour une pêche responsable

Des organismes de pêche régionaux, comme la CGPM, permettent aux gouvernements de collaborer étroitement au niveau régional en ce qui a trait à l'aménagement des pêches.

Au niveau mondial, il existe actuellement 40 organismes de pêche régionaux en activité. Onze d'entre eux ont été établis par la FAO dont trois, y compris la CGPM, jouissent d'une grande autonomie bien qu'opérant dans le cadre de la FAO.

Selon M. Bonzon, «l'évolution et la trajectoire de la CGPM ces dernières années montrent que les organes régionaux des pêches peuvent jouer un rôle clé dans la création de pêcheries durables, même dans un cadre surpeuplé comme la Méditerranée ou en haute mer où la gouvernance exige une coordination et une coopération intensives entre les nombreuses parties prenantes».
Les pêcheries méditerranéennes à la croisée des chemins

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Tendances de l'emploi et de la consommation

Le thon rouge sur la sellette

Le poids des hommes

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FAO/22131

La pêche près de l'Espagne. Près de 300 000 habitants des pays méditerranéens vivent de la pêche à plein temps et 900 000 autres travaillent dans les services et industries connexes.

FAO/19893/G. Bizzarri

Les pays méditerranéens travaillent en étroite collaboration pour améliorer la gestion des pêches dans cette mer intérieure

Credit: U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration

Bien que très exploitée, la mer Méditerranée a une biodiversité très élevée.

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