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Marchés des produits de base: tendances mondiales, retombées locales
Les pays moins avancés sont plus vulnérables au fléchissement des prix
Tendances à long terme, chocs à court terme et pics sur les marchés de produits agricoles ne se contentent pas d'être d'obscurs phénomènes macro-économiques, ils ont des retombées bien réelles sur le quotidien de la planète entière. Non seulement ils influent sur le prix que les gens paient pour se nourrir et se vêtir, mais ils peuvent avoir des conséquences plus vastes sur le bien-être économique global des familles, des communautés - voire de nations entières - qui dépendent des exportations de denrées pour se procurer des recettes monétaires.

Selon un nouveau rapport de la FAO, La situation des marchés des produits agricoles (SOCO), les fluctuations des prix des denrées ont davantage d'impact sur les pays les plus pauvres du monde en développement. "On estime que 2,5 milliards de personnes dans les pays en développement dépendent de l'agriculture pour vivre", relève le SOCO.

Et le rapport ajoute que, dans la deuxième moitié des années 90, les prix de plusieurs produits exportés par les pays en développement ont chuté à leurs plus bas niveaux depuis la Grande Dépression.

Dans l'ensemble, les prix réels des denrées agricoles ont baissé au cours des dernières années, mais le taux de contraction a été variable d'un produit à l'autre. Les matières premières, les boissons tropicales, les cultures oléagineuses et les céréales ont connu les replis les plus raides, fait remarquer le SOCO. Le déclin des prix réels des produits agricoles, de la viande et des produits laitiers n'a pas été aussi brutal.

La rançon de la gloire: excédent de l'offre

Le SOCO indique également que l'offre mondiale de denrées a progressé plus rapidement que la demande, sous l'effet d'une productivité accrue et de l'émergence de nouveaux producteurs importants. Les progrès accomplis en matière de productivité agricole grâce au perfectionnement des technologies peuvent servir les intérêts des producteurs comme des consommateurs. Les producteurs voient leurs coûts fléchir et leur compétitivité s'améliorer, tandis que les consommateurs tirent parti de la diminution des prix.

Toutefois, le SOCO ajoute que ce sont les pays en développement les plus avancés et prospères qui ont réussi à tirer profit de la baisse des prix en réorientant la production et le commerce vers des secteurs à valeur ajoutée.

Les pays en développement - hors pays moins avancés (PMA) - ont plus que doublé la part des produits horticoles, carnés et laitiers dans leurs exportations agricoles, tout en réduisant leur dépendance à l'égard des boissons tropicales et des matières premières. Dans les années 60, ces produits constituaient jusqu'à 55 pour cent de leurs exportations agricoles, contre environ 30 pour cent en 1999-2001, constate le SOCO.

Dans les pays moins avancés, c'est une autre histoire. Leur dépendance vis-à-vis des boissons tropicales et des matières premières pour les recettes d'exportation est en revanche passée de 59 à 72 pour cent entre les années 60 et 2001. Parallèlement, explique le SOCO, les PMA voient leur part du commerce agricole mondial reculer même si leur dépendance à son égard reste nettement supérieure à celle d'autres pays en développement.

La baisse des prix des produits alimentaires favorise essentiellement les consommateurs des pays développés et ceux des zones urbaines des pays en développement. Quant aux pays importateurs nets de nourriture, ils font des économies de devises.

Cependant, si, et dans la mesure où, le fléchissement des cours mondiaux se répercute sur les marchés locaux, la grande majorité des pauvres et affamés vivant dans les zones rurales des pays en développement et dépendant de l'agriculture, sont victimes de pertes de revenus et d'emploi dues à la baisse des prix, pertes qui l'emportent généralement sur les avantages pouvant dériver de cette baisse.

Les politiques gouvernementales des pays développés et des pays en développement sont responsables de la grave distorsion du problème de l'offre excédentaire sur les marchés agricoles. Les droits de douane appliqués aux importations agricoles dans les pays développés et dans les pays en développement ont empêché la croissance des exportations agricoles de ces derniers.

En outre, les agriculteurs des pays en développement qui n'ont pas ou n'exploitent pas les possibilités d'appliquer des tarifs aux importations alimentaires doivent faire face à la concurrence des pays industrialisés dont la production est fortement mécanisée et subventionnée.

Les petits agriculteurs doivent se protéger

Les prix des produits agricoles ont montré des signes de reprise ces derniers mois, mais le SOCO indique que cette tendance n'apparaît pas bien assise et avertit que "les perspectives à long terme pour les agriculteurs et les pays dépendant des denrées dans le monde en développement ne sont pas roses".

Malgré la forte instabilité des prix des produits agricoles, la FAO affirme que l'accroissement de l'offre de denrées continuera à être supérieur à la croissance de la demande à n'importe quel prix.

Pour réduire les effets de ces hauts et bas, la FAO recommande d'aider les agriculteurs et les consommateurs à se protéger par des mécanismes tels les contrats d'assurance basés sur le marché ou les systèmes de tarification à terme.

"Les efforts visant à affronter le problème de la production excédentaire des cultures d'exportation traditionnelles doivent être axés sur l'accroissement de la demande et la maîtrise de l'offre de certains produits, ainsi que la réduction de la vulnérabilité des agriculteurs et des pays dépendant de ces produits", explique le SOCO.

Le rapport recommande également de mettre en oeuvre des stratégies de diversification qui permettraient aux agriculteurs de se convertir aux cultures de valeur supérieure, ou de produits transformés à valeur ajoutée, qui contribueraient à réduire aussi bien les approvisionnements que la dépendance.

15 février 2005

FAO/22511/L. Lizzie

Suite du dossier…

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Contact:

John Riddle
Relations médias, FAO
John.Riddle@fao.org
(+39) 06 570 53259

FAO/G. Bizzarri

Baisse des prix des exportations de produits tropicaux des pays en développement

Audio

Pascal Liu, spécialiste des produits horticoles à la FAO, fait le point sur les tendances et donne quelques recommandations. (ram)

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Pour les agriculteurs et les consommateurs du monde en développement, les hauts et les bas sur les marchés des produits agricoles font la différence entre l'abondance et la famine. Un nouveau rapport de la FAO étudie les impacts des fluctuations des prix des denrées sur les pays les plus pauvres.
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