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Démystifier la science hydrologique pour le développement durable
Un projet indien met la gestion de la nappe aquifère entre les mains des agriculteurs pauvres
Les agriculteurs pauvres sont les premiers à être victimes des périodes de stress hydrique ou de sécheresse, aux conséquences souvent dramatiques. Dans l’état indien de l’Andhra Pradesh, des sécheresses répétées et les dettes écrasantes ont conduit des milliers de paysans désespérés au suicide.

L’agriculture, pilier de l’économie rurale de la région, est de plus en plus aléatoire et coûteuse et nécessite beaucoup d’eau. Une grande partie des suicides des agriculteurs a été attribuée à la perte des investissements qu’ils avaient faits dans les puits artésiens. De nombreux agriculteurs se sont tournés vers la production de cultures de rente à valeur élevée, demandant beaucoup d’eau, qui promettent de meilleurs revenus mais comportent de plus grands risques. Le forage inconsidéré de puits et le recours croissant aux engrais chimiques et aux pesticides ont endommagé les eaux souterraines et réduit la fertilité des sols.

Comprendre la dynamique de la nappe aquifère

Un projet novateur, financé par le Gouvernement des Pays-Bas et exécuté par les organisations non gouvernementales locales avec l’assistance technique de la FAO, s’efforce d’affronter ces questions et d'aider les agriculteurs à comprendre le système aquifère afin qu’ils puissent faire des investissements appropriés et gérer leurs ressources en eau.

Jusqu’à présent, près de 7 000 agriculteurs et agricultrices d’environ 650 villages de sept districts exposés à la sécheresse de l’Andhra Pradesh ont été formés pour surveiller les niveaux piézométriques, le débit des aquifères locaux et les précipitations, et pour analyser les changements dans les disponibilités de ressources en eau.

Organisées en groupes (les Comités de gestion des eaux souterraines), ces personnes partagent leurs connaissances avec d’autres agriculteurs de leur communauté, afin qu’ils soient en mesure de prendre des décisions en connaissance de cause sur la manière d’optimiser les ressources hydriques disponibles dans leur zone. Le projet quadriennal entend cibler quelque 500 000 agriculteurs.

“Ce qui rend ce projet unique, c’est qu’il permet aux communautés de prendre des décisions collectives en connaissant les bases scientifiques et techniques des solutions disponibles”, fait remarquer Daniel Gustafson, Représentant de la FAO en Inde.

Comprenant mieux le bilan hydrique de leur zone, les agriculteurs ont commencé à prendre conscience de la futilité d’investir dans des puits artésiens et se tournent en revanche vers des cultures qui requièrent moins d’eau. En outre, la promotion de l’agriculture biologique réduit le recours à des intrants coûteux comme les engrais chimiques et les pesticides et aide à atténuer les dégâts causés à l’environnement.

Le projet vise également à accroître les ressources de la nappe aquifère par la recharge artificielle, en ce sens que les ruissellements d’origine agricole et l’eau de pluie récoltée sont réintroduits dans le sol, généralement par des puits d’injection, afin de reconstituer la nappe aquifère pour les générations futures.

Une base de données hydrologiques utilisant la technologie des systèmes d’information géographique a été mise au point pour que les Comités de gestion des eaux souterraines puissent analyser les tendances d’utilisation de l’eau et fournir des évaluations précises de la quantité totale d’eau disponible dans chaque unité hydrologique.

La participation équitable des femmes aux comités de gestion et aux activités de formation est un volet capital du projet afin de garantir l’égalité des rôles dans les décisions d’affectation de l’eau.

Effet de débordement

“La responsabilisation des agriculteurs par un apprentissage par l’action, l’organisation communautaire et la maîtrise de leurs propres ressources a eu un effet de débordement dans d’autres zones”, affirme M. Gustafson.

Certains groupes d’agriculteurs, par exemple, ont utilisé leurs compétences de collecte et d’analyse des données pour évaluer les problèmes d’insécurité alimentaire au sein de leurs communautés. Et dans un site du projet, ils ont utilisé les données sur les précipitations pour faire pression sur le gouvernement pour qu’il soit proclamé zone victime de la sécheresse.

“Armées d’une idée plus précise des systèmes aquifères où elles opèrent, ces communautés peuvent devenir non seulement des “chiens de garde” pour une utilisation durable de la nappe, mais aussi des groupes de pression pour accroître les dépenses publiques en faveur de la mise en valeur des eaux souterraines”, indique M. Gustafson.

Finaliste du Prix sur l’eau

Le Projet des eaux souterraines géré par les agriculteurs de l’Andhra Pradesh a été retenu parmi les 30 finalistes du Grand Prix mondial de l’eau de Kyoto qui sera décerné au 4ème Forum mondial de l’eau qui se tient du 16 au 22 mars à Mexico (Mexique). Le Prix rend hommage à un particulier ou à une organisation dont les activités affrontent des problèmes critiques d’eau dans les pays en développement en ciblant la collectivité.

Les 30 candidats, sélectionnés à partir d’une liste de quelque 4 000 demandes, ont été invités à soumettre des communications au Forum. Le lauréat sera désigné par un panel international de juges et le prix, d’un montant de 5 000 000 de yens (environ 45 000 dollars), sera remis durant la cérémonie de clôture du Forum.
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