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Une usine mise sur «l’insecte de la pauvreté» en Ethiopie
Une usine de mouches tsé-tsé a été ouverte en Ethiopie pour aider à éliminer l’"insecte de la pauvreté" et libérer le secteur de l’élevage des maladies qu’il transmet.

Le Centre gouvernemental d’élevage et d’irradiation Kaliti est la première usine de mouches à grande échelle en Afrique.

Dans le courant de l’année, il devrait fournir les premières mouches pour des tests de lâchers dans la zone du Projet d’éradication de la mouche tsé-tsé au sud de la vallée du Rift. Le but: produire des mouches stériles en quantité suffisante et à tout moment pour couvrir quelque 8 000 km2 de terres arables infestées.

Le projet du gouvernement est encadré par le Programme mixte FAO/AIEA, un partenariat entre la FAO et l’Agence internationale pour l’énergie atomique, qui met au point et déploie des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture.

La technique utilisée en Ethiopie, dénommée Technique de l’insecte stérile (TIS), est décrite ci-après.

Les Etats-Unis et le Japon ont contribué à l’initiative d’éradication, de même que l’Ethiopie, assistée de l’Union africaine et de la Banque africaine de développement.

Les mouches tsé-tsé transmettent la nagana, une maladie qui provoque fièvre et très grande fatigue, et peut causer des avortements et entraîner la mort du bétail, compromettant ainsi la source principale de traction animale, de viande, de lait et d’engrais naturel.

Les insectes – qui infestent environ 200 000 km2 sur tout le territoire éthiopien et 24 millions d'hectares dans le sud de la Vallée du Rift – peuvent aussi transmettre la maladie fatale du sommeil chez l’homme, un grave problème dans de nombreux autres pays d’Afrique.

“On ne peut pratiquer une agriculture et un élevage productifs lorsque la mouche tsé-tsé est en circulation. Les gens sont forcés de pratiquer l’agriculture sans animaux”, indique Udo Feldmann, de la section de lutte contre les insectes nuisibles du Programme mixte FAO/AIEA.

L’impact sur les moyens d’existence est considérable dans un pays où 90 pour cent de la population travaille dans l’agriculture. C’est pourquoi la mouche tsé-tsé a été surnommée "l’insecte de la pauvreté".

Un rapport du Département du Royaume-Uni pour le développement international a estimé que le coût annuel de la mouche tsé-tsé pour l’agriculture en Afrique s’élève à 4,5 milliards de dollars.

Dans le cadre de la technique de l’insecte stérile, les mouches sauvages sont capturées et utilisées à des fins de sélection reproductive. Tandis qu’une vaste colonie est créée en laboratoire, les populations sauvages dans les zones cibles sont supprimées à l’aide de différentes techniques comme le recours limité aux pesticides.

Puis démarre la phase "de grand nettoyage", où la plupart des mâles produits à l’usine sont stérilisés avec de petites doses de rayons gamma, puis relâchés chaque semaine, pendant des mois. Ainsi, ils s’accouplent avec les femelles sauvages sans procréer; et progressivement, la population diminue.

Grâce à un projet similaire au Zanzibar (République-Unie de Tanzanie), aucune mouche tsé-tsé ni aucune maladie transmise par la mouche n’ont été détectées depuis 1996.

Les recherches du laboratoire du Programme mixte FAO/AIEA à Seibersdorf ont joué un rôle essentiel dans l’évolution de la technique de l’insecte stérile.

Parmi les innovations, citons le sexage génétique pour s’assurer que seuls des mâles stériles étaient libérés. Le laboratoire s’occupe également de la formation des scientifiques des Etats membres de la FAO.

Le Programme mixte donne également des conseils sur la communication au niveau des populations locales, indispensable pour garantir que les éleveurs comprennent et soutiennent le programme.

“La coopération avec les villageois est un autre aspect crucial. Par exemple, si les agriculteurs nous demandent pourquoi, après avoir éliminé toutes ces mouches, nous en libérons encore, il faut leur fournir l'explication pour obtenir leur appui soutenu", fait remarquer M. Feldmann.

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