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Les techniques nucléaires nourrissent les pauvres
Le secteur hi-tech, souvent déroutant, des techniques nucléaires peut sembler à des années-lumière des agriculteurs et des ménages agricoles les plus pauvres des pays en développement qui luttent pour leur pain quotidien.

Pourtant, les méthodes nucléaires appliquées à l’agriculture permettent à des millions de ces agriculteurs de cultiver davantage de plantes et d’élever des animaux plus sains. La plupart des 854 millions d’affamés de la planète vivant essentiellement dans les zones rurales où l’agriculture est le principal moyen d’existence, ces technologies ont un impact direct sur la pauvreté et la faim.

En outre, malgré les préoccupations exprimées par l’opinion publique, les techniques nucléaires ont passé des contrôles de sécurité très rigoureux, dont il ressort qu’elles renforcent la sécurité des aliments tout en protégeant l’environnement.

Depuis 1964, la FAO et l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique) emploient à bon escient ces technologies pour promouvoir la sécurité alimentaire dans le cadre du Programme mixte FAO/AIEA, basé à Vienne.

“Les technologies nucléaires défient les sens; les gens ne peuvent ni toucher ni sentir le matériel, ce qui souvent fait peur”, indique Gabriele Voigt, Directrice des laboratoires de l’AIEA à Seibersdorf, près de Vienne, un centre névralgique de recherche et de formation.

“Paradoxalement, ces technologies sont un bienfait à la fois pour la sécurité des aliments et pour l’environnement, tout en garantissant l’alimentation des communautés les plus affamées. Nous ouvrons une porte magique et les impacts positifs sont manifestes”.

Créer de meilleures cultures

Par exemple, les scientifiques utilisent une méthode baptisée irradiation pour créer des variétés agricoles plus résistantes à la maladie et qui poussent mieux sur des sols médiocres. Cela constitue un avantage considérable pour les pays d’Afrique exposés à la sécheresse, où les agriculteurs les plus démunis luttent pour la survie sur les terres les plus marginales.

En outre, l’irradiation renforce la sécurité des aliments en détruisant les bactéries comme les E. coli et la salmonelle, et en ne laissant aucune trace de radioactivité. La sécurité et l’efficacité de cette méthode ont été proclamées par la Commission du Codex Alimentarius, organe qui établit des normes, administrée par la FAO et l’Organisation mondiale de la santé et composée d’experts désignés par les gouvernements.

L’irradiation en tant que traitement après récolte pour les produits horticoles est également un avantage pour l’environnement car elle offre une alternative plus sûre au bromure de méthyle, qu’une grande majorité de pays a convenu d’éliminer graduellement d’ici 2010, en raison de son impact nocif sur la couche d’ozone.

Les techniques nucléaires servent aussi à détecter les résidus de pesticides ou de médicaments vétérinaires dans les aliments et à suivre la mise en application de bonnes pratiques agricoles et vétérinaires.

Il existe de multiples autres domaines où les techniques nucléaires aident l’environnement, comme par exemple une technique qui supprime - voire, dans certains cas, élimine complètement - des insectes nuisibles en relâchant systématiquement dans la nature des mâles stérilisés de l’espèce, en quelque sorte un contrôle des naissances. Cela réduit le recours aux pesticides chimiques qui peuvent nuire à d’autres organismes et aux sols.

Un autre exemple fait intervenir une technique nucléaire qui mesure l’accumulation d’eau et surveille les nutriments dans le sol, réduisant le gaspillage de ces précieuses ressources.

Deux organisations valent mieux qu’une

Qu Liang, Directeur du Programme mixte, déclare: “C'est un des meilleurs exemples de coopération efficace entre deux organismes des Nations Unies qui conjugue expertise agricole et science nucléaire.

“En quelques mots, la FAO peut fournir des informations concrètes en direct du terrain, par exemple, notifier les effets de l’érosion des sols sur les cultures et sur les populations locales, et l’AIEA peut utiliser l’expertise scientifique sur les moyens de les affronter.”

Le Programme mixte FAO/AIEA travaille notamment avec ses États membres à l’étude et à l’introduction de nouvelles variétés agricoles, de traitements contre les ravageurs ou de méthodes de test des aliments.

Il forme également chaque année dans son centre de Seibersdorf des scientifiques des pays en développement qui, de retour dans leur pays, utilisent les méthodes nucléaires adaptées.

M. Liang ajoute: “Nous enquêtons, donnons des conseils, des avis et une formation aux scientifiques internationaux, et aidons à coordonner les efforts qui permettent de lancer les travaux. Mais c’est aux pays de prendre la relève de ces projets et de les poursuivre.

“Nous sommes en mesure de mobiliser un fort intérêt et une volonté politique en montrant les avantages économiques potentiels, ce qui aide à convaincre les gouvernements à investir”.

Vienne, Autriche – Mars 2007

Suite du dossier…

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Un chercheur surveille la croissance de cultures mutagènes de pommes de terre in vitro au laboratoire de Seibersdorf

FAO/K. Wiedenhofer

Qu Liang, directeur du Programme mixte FAO/AIEA, explique que les techniques nucléaires jouent un rôle important en aidant les petits agriculteurs

FAO/K. Wiedenhofer

Siège de l’Agence internationale pour l’énergie atomique à Vienne (Autriche) et du Programme mixte FAO/AIEA

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