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Affronter la pénurie d’eau dans l’Andhra Pradesh
La gestion de l’eau par les agriculteurs aide à renverser la tendance
Dans l'Etat indien de l’Andhra Pradesh, les agriculteurs victimes de sécheresses répétées se défendent, exploitant leurs connaissances nouvellement acquises sur leurs ressources en eaux souterraines.

Depuis quelques années, les agriculteurs pauvres de cette région aride sont contraints de creuser de plus en plus profond pour irriguer leurs cultures de valeur qui exigent beaucoup d’eau, promettent de meilleurs revenus mais comportent de plus grands risques. L’agriculture, pilier de l’économie régionale, est devenue de plus en plus coûteuse et nécessite de grandes quantités d’eau.

Par ailleurs, le forage inconsidéré de puits – dans l’Andhra Pradesh, leur nombre est passé de 800 000 en 1975 à 2,2 millions en 2002 – et l’utilisation grandissante d’engrais chimiques et de pesticides menacent les eaux souterraines et la fertilité du sol.

Les dettes écrasantes dues aux investissements perdus dans des puits artésiens ont conduit des milliers d’agriculteurs au bord du gouffre, voire au suicide.

Mais un projet innovant, financé par le Gouvernement des Pays-Bas et mis en oeuvre par un réseau d’ONG locales avec l’assistance technique de la FAO, est en train d’inverser la tendance.

En quoi consiste ce projet? Il permet aux communautés rurales de comprendre le système aquifère de façon à ce qu’elles puissent prendre les décisions appropriées portant à de meilleurs investissements et à une meilleure gestion de leurs ressources hydriques.

Démystifier la science

Jusqu’à présent, plus de 28 000 agriculteurs et agricultrices appartenant à quelque 650 villages dans sept districts de l’Andhra Pradesh exposés à la sécheresse ont été formés à la surveillance des niveaux piézométriques, du débit des aquifères locaux et des précipitations, et au calcul des bilans hydriques afin d’analyser les changements dans les disponibilités de ressources en eau.

Organisés en groupes (comités de gestion des eaux souterraines ou GMC), ces personnes transmettent ensuite leurs connaissances à d’autres agriculteurs de leurs communautés, soit au total 500 000 bénéficiaires. Cela permet de prendre des décisions en connaissance de cause sur l’optimisation des ressources hydriques disponibles dans leur région.

Le projet a été un précurseur des écoles pratiques d’agriculture appliquées à la gestion des ressources en eau. Les agriculteurs se retrouvent tous les 15 jours pour discuter de thèmes comme les mesures hydrologiques, la réalimentation, la disponibilité d’eau et les systèmes culturaux appropriés, le rendement hydraulique, les méthodes d’agriculture biologique, les liens institutionnels, les questions de parité homme-femme et l’impact du VIH/SIDA sur le secteur agricole.

En 2007-2008, plus de 2 000 animateurs formés par le projet conduiront un millier d’écoles pratiques d’agriculture de 15 à 17 sessions chacune, touchant ainsi 800 000 autres agriculteurs.

Une participation égale des femmes au sein des comités de gestion et des activités de formation est un volet important du projet, car les femmes jouent de plus en plus des rôles de premier plan dans la prise de décisions sur l’affectation de l’eau et le calendrier des cultures.

“Le succès du projet repose sur la démystification de la technologie scientifique et l’intégration avec les questions de transformation sociale, d’émancipation économique des femmes et de changements institutionnels”, explique P.S. Rao, Coordonnateur du Programme national des terres et des eaux pour la FAO en Inde.

Programmation de l’eau pour les cultures

Des exercices prévisionnels sont menés tous les ans par les agriculteurs eux-mêmes pour réduire les risques de pertes de récoltes et identifier les opportunités de production durable. Les comités d’une unité hydrologique se réunissent et établissent un système cultural adéquat tenant compte de leur estimation des ressources hydriques souterraines disponibles.

Par exemple, lorsque les estimations du bilan hydrique des cultures en septembre-octobre 2006 continuaient à révéler des déficits d’eau souterraine dans la plupart des zones, les agriculteurs sont passés à l’action.

“Dans les zones critiques, ils ont non seulement décidé de prohiber le creusement de tout nouveau puits et d’arrêter les cultures nécessitant une irrigation intensive, comme le riz et la canne à sucre, mais ils ont aussi décidé d’améliorer l’efficacité de l’irrigation des cultures requérant moins d’eau”, déclare M. Rao.

Résultat: jusqu’à 33 pour cent d’économies d’eau dans certaines zones.

Et il ajoute : “Placer la gestion de l’eau entre les mains de personnes bien formées qui sont censées tirer parti des décisions prises peut donner des résultats impressionnants.”

Auparavant, les efforts se concentraient plutôt sur l’amélioration de la situation des eaux souterraines par des programmes ciblant la gestion de l’offre d’eau – traitement des bassins versants, recharge artificielle, boisement – visant essentiellement à reconstituer l’eau dans le sol.

“On attachait très peu d’attention à la gestion de la demande, l’utilisation judicieuse de l’eau disponible”, fait remarquer M. Rao. “Ce projet représente une nouvelle démarche : passer d’une culture de services dispensés du sommet à la base à une responsabilisation des personnes pour leur permettre de comprendre, gérer et développer leurs propres ressources. Nous assistons à une réorientation des projets de développement du subventionnement et de la fourniture d’intrants à la création de banques de connaissances au niveau de la communauté”.
FAO

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Contact:

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Relations médias, FAO
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