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Alarmante perte de races d'élevage
La valeur de nombreuses ressources zoogénétiques est sous-estimée; gestion et conservation à la ferme sont essentielles
31 mars 2004, Rome -- La perte de races d'animaux d'élevage dans le monde se poursuit à un rythme alarmant, a mis en garde aujourd'hui l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

La tendance à l'érosion zoogénétique, soulignée dans la Liste mondiale de surveillance de la FAO en 2000, se poursuit, a fait remarquer l'agence spécialisée des Nations Unies.

En effet, sur quelque 6 300 races recensées par la FAO, 1 350 sont menacées d'extinction ou sont déjà éteintes. Une première évaluation des nouvelles données reçues de plus de 80 pays montre désormais que le nombre de races en voie de disparition ne fait qu'augmenter.

Plus de 140 rapports de pays devraient parvenir à la FAO d'ici juin 2004. Les résultats finaux seront publiés en 2006 dans le premier rapport sur l'Etat des ressources zoogénétiques dans le monde.

Quelque 130 coordonnateurs nationaux sur les ressources génétiques animales se réuniront à Rome (31 mars-2 avril 2004) pour passer en revue les plans d'action nationaux et régionaux et examiner une stratégie mondiale pour une meilleure gestion des ressources génétiques des animaux d'élevage.

Un pool de gènes précieux

"La diversité génétique est une assurance contre les menaces futures telles que famine, sécheresse et épidémies", déclare Mme Irène Hoffmann, Chef du Service de production animale à la FAO.

"Le pool génique existant peut contenir des ressources précieuses mais inconnues, qui pourraient s'avérer particulièrement utiles pour la sécurité alimentaire future et le développement de l'agriculture.

"En conservant la diversité génétique, on permet aux agriculteurs de sélectionner le cheptel ou de développer de nouvelles races pour faire face aux changements environnementaux, aux maladies et à l'évolution de la demande des consommateurs", affirme Mme Hoffmann.

Sur quelque 30 espèces de mammifères et d'oiseaux d'élevage, seulement 14 assurent 90 pour cent des disponibilités alimentaires d'origine animale pour la consommation humaine.

"Pourtant, la valeur de la grande majorité des ressources zoogénétiques est sous-estimée. L'agriculture à l'échelle mondiale s'est concentrée par le passé sur un très petit nombre de races.

"Négliger l'utilisation et la conservation de ce trésor biologique a porté à une érosion génétique animale considérable. Il faut améliorer la mise au point et la conservation de races précieuses", souligne Mme Hoffmann.

Causes de l'érosion génétique

La diversité génétique est menacée par les conflits armés, les ravageurs et les maladies, le réchauffement climatique, l'urbanisation, l'intensification de l'agriculture et la commercialisation à l'échelle mondiale de matériel reproducteur exotique.

Mais la première cause d'érosion génétique est, de loin, l'incapacité d'apprécier à leur juste valeur les races adaptées localement.

Dans de nombreux pays, les agriculteurs dépendent d'un nombre extrêmement limité de races modernes qui seraient mieux adaptées aux systèmes d'agriculture intensive.

"De nombreux pays en développement considèrent encore les races des pays industrialisés comme plus productives, même si elles ont du mal à s'adapter à leurs environnements souvent rigoureux", explique Mme Hoffmann.

La FAO encourage l'amélioration génétique des races indigènes, y compris l'utilisation et l'intensification durable du pool génique local.

"La mise au point de ressources zoogénétiques à la ferme, dans leur cadre de production, est le moyen le plus efficace pour conserver la diversité génétique", selon l'expert de la FAO.

Races animales à risque

Les races Zébu et Criollo d'Amérique latine, par exemple, ont plus de matières grasses dans leur lait que les races européennes, mais elles continuent d'être croisées avec des races d'importation. Certaines races Criollo sont même menacées d'extinction.

Au Brésil, il ne reste que 12 races porcines indigènes sur 30 et elles sont toutes menacées d'extinction.

Les bovins Kuri sont une race locale du lac Tchad. Leur environnement naturel est détruit par le rétrécissement du lac. La désertification pousse les éleveurs nomades vers les rives du lac, en quête de nouveaux pâturages.

Les contacts entre les races de zébus arabes et M'bororo donnent lieu à des croisements anarchiques. Le bétail pur sang Kuri devrait être répertorié et servir de noyau pour la conservation, selon la FAO.

La diversité des animaux d'élevage est unique et irremplaçable. "Si on la perd, c'est pour toujours", insiste Mme Hoffmann.

Contact :
Erwin Northoff
Relations médias, FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39) 06 570 53105

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Erwin Northoff
Relations médias, FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39) 06 570 53105

FAO/DADIS

En Afrique du Sud, la race Nguni, qui s'adapte bien au climat subtropical, est menacée

FAO/DADIS

Le poulet vietnamien Ga Mia est, lui aussi, menacé d'extinction

FAO/DADIS

Le cochon brésilien Canastra est en danger; il n'en reste que quelques exemplaires mâles et femelles

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31 mars 2004 -- La valeur de nombreuses ressources zoogénétiques étant sous-estimée, la perte de races d'animaux d'élevage se poursuit dans le monde, met en garde la FAO.
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