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Endiguer la pêche illicite
Lors d'une réunion organisée par la FAO, les pays examinent des moyens de bloquer l'accès aux ports de mer des navires pratiquant la pêche illégale
10 septembre 2004, Rome -- Selon de récentes études de la FAO, le problème de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INDNR) s'aggrave, aussi bien en envergure qu'en intensité.

Nombreuses et variées sont les activités appartenant à la catégorie de pêche INDNR, comme par exemple: la pêche sans autorisation, la récolte d'espèces interdites, l'utilisation d'engins interdits, le non-respect des quotas de pêche, l'omission ou la minimisation des prises ou de leur poids.

"Si on les aditionne, les impacts de ces activités font boule de neige. A l'échelle mondiale, la pêche INDNR entrave les efforts internationaux de conservation et de gestion durable des stocks ichtyques", affirme Ichiro Nomura, Sous-Directeur général de la FAO (Secteur des pêches). "Tous les pays responsables doivent collaborer pour mettre un terme à la pêche illicite."

Dans certains endroits, les prises d'espèces de valeur commerciale pourraient dépasser les quotas autorisés de plus de 300 pour cent, selon des rapports transmis à la FAO par les organismes régionaux des pêches.

Devant la gravité du problème, un nombre croissant de ces organismes -organisations intergouvernementales créées par des blocs régionaux de pays pour superviser conjointement l'aménagement des pêches en commun - adoptent toute une série de mesures pour sévir contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

A l'échelon national, les gouvernements individuels s'efforcent eux aussi d'affronter la question.

De nombreux pays font tout leur possible non seulement pour s'assurer que les navires battant leur pavillon se comportent de façon responsable dans les eaux internationales, mais aussi pour enrayer la pêche illégale dans leurs eaux intérieures.

Contrôles plus rigoureux dans les ports

Outre les contrôles par les États de pavillon* et les États côtiers*, des mesures empêchant les navires de débarquer ou transborder des prises illégales forment un autre maillon important de la chaîne des contrôles de la pêche INDNR, selon la FAO.

Ces contrôles ont été baptisés mesures de l'état du port*; elles prévoient généralement, au tout premier niveau, des inspections des navires de pêche qui viennent à quai pour faire le plein de carburant et de provisions, effectuer des réparations ou débarquer leurs prises.

L'examen des livres de bord et l'inspection du matériel de pêche et des prises révèlent souvent si un bateau s'est livré à la pêche illégale.

"La faiblesse ou l'absence de sérieux contrôles de l'état du port est souvent citée comme une des principales raisons à l'origine de la persistance de la pêche illégale", explique M. Nomura. "En revanche, les mesures de l'Etat du port peuvent être aussi un des moyens les plus efficaces de contrecarrer la pêche illicite, car ils complètent les contrôles effectués sur les navires par l'état du pavillon."

Renforcer la coopération internationale

La FAO a récemment convoqué une session de réflexion de ses Etats membres afin d'étudier comment les pays pourraient accomplir davantage pour renforcer les contrôles de l'Etat du port et mettre un frein à la pêche illicite.

Lors de la réunion qui s'est tenue du 31 août au 2 septembre au siège de la FAO à Rome, les pays participants ont développé les éléments d'un plan modèle qui pourrait être appliqué avec souplesse par les pays, les organismes régionaux des pêches ou d'autres encore dans la mise en oeuvre des mesures relevant de l'Etat du port.

"Les principes comportent une liste de 'bonnes pratiques' en termes de contrôles de l'Etat du port et peuvent aider les pays à améliorer les régimes de surveillance nationaux et internationaux propres à dissuader la pêche INDNR", explique David Doulman, Fonctionnaire principal des pêches à la FAO et expert de pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

Selon les directives, les navires de pêche et les bateaux de transformation du poisson voulant débarquer leurs prises dans un port devraient être tenus d'avertir à l'avance par radio et de demander l'autorisation d'amarrer, d'identifier leur navire et de communiquer les détails de leur cargaison et de leurs récentes activités halieutiques.

Ceci permettrait aux autorités de repousser purement et simplement tout navire signalé comme pratiquant la pêche illégale, à moins que le bateau ne soit en difficulté et n'ait besoin d'amarrer pour des raisons de sécurité.

Selon le plan modèle, tous les navires de pêche auxquels a été accordé l'accès au port pourraient être soumis à des inspections aléatoires.

Si les inspections prouvent qu'un navire a pratiqué la pêche INDNR, celui-ci n'aurait pas l'autorisation de décharger sa cargaison. Les cas confirmés pourraient donner lieu à l'inscription sur une 'liste noire', voire à une action en justice.

"Dans le cadre de ce plan modèle proposé, les bateaux pratiquant une pêche responsable, dont les états de pavillon surveillent les opérations conformément à la législation et aux normes internationales, ne rencontreraient aucun problème", affirme M. Doulman. "L'idée est de mettre en place quelques critères très simples de contrôle - par exemple, les papiers du bateau sont-ils en règle? Y a-t-il à bord des engins de pêche interdits? - qui puissent aider à signaler les cas de pêche illégale."

Intervention de la FAO sollicitée

Outre l'élaboration du plan modèle, les participants à la récente réunion de la FAO sur les contrôles relevant de l'Etat du port ont demandé à l'Organisation de créer des programmes de formation dans les pays en développement pour les aider à faire décoller leurs programmes d'inspection des ports.

Ce travail inclurait également un élément d'assistance à l'élaboration des politiques, la FAO aidant les pays à incorporer des contrôles plus rigoureux dans leurs lois nationales.

L'Organisation devrait également travailler avec des groupes de pays pour les aider à rédiger des accords multilatéraux stipulant des normes communes de contrôle de l'Etat du port dans leurs régions.

Si tous les pays d'une région donnée conviennent de critères communs que les navires devraient respecter pour entrer dans un port et partagent les informations qu'ils ont acquises sur les bateaux pêchant dans la région, cela permettra de relancer considérablement les efforts de lutte contre la pêche illégale et sans scrupules, fait remarquer M. Doulman.

La FAO a également été sollicitée pour la création d'une base de données intégrée des mesures relevant de l'Etat du port actuellement en vigueur dans le monde, que les pays peuvent utiliser lorsqu'ils préparent leurs propres politiques et réglementations nationales.

* Voir les définitions dans l'encadré ci-contre


Contact:
George Kourous
Relations médias, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 657 53168

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George Kourous
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FAO/21988/G. Bizzarri

Grâce à des contrôles efficaces par l'état du port, les bateaux auront plus de mal à débarquer ou à transborder illégalement leurs prises.

Encadré: Définitions clés

FAO/21972/G. Bizzarri

L'examen des livres de bord et l'inspection du matériel de pêche et des prises révèlent souvent si un bateau s'est livré à la pêche illégale.

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Lors d'une réunion organisée par la FAO, les pays examinent des moyens de bloquer l'accès aux ports de mer des navires pratiquant la pêche illégale
10 septembre 2004 -- La FAO travaille en collaboration avec des pays du monde entier pour endiguer la pêche illicite.
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