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Une quinzaine de produits chimiques et pesticides dangereux à ajouter à la liste "à surveiller"
Première conférence ministérielle de la Convention de Rotterdam à Genève
16 septembre 2004, Genève/Rome -- Des ministres et fonctionnaires de plus de cent pays prendront part à la première réunion de la Conférence des Parties à la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l'objet d'un commerce international. Cette conférence se tiendra à Genève du 20 au 24 septembre 2004.

Au cours des dernières décennies, des pesticides et produits chimiques industriels ont empoisonné des millions de personnes et en ont tué des dizaines de milliers suite à des accidents, des utilisations abusives, de mauvais contrôles et des équipements déficients.

Sur toute la planète, hommes et femmes ont, dans leur corps, des traces de diverses substances chimiques dangereuses, dont de nombreuses sont associées à des cancers, des malformations congénitales et autres problèmes de santé.

La procédure de consentement préalable prévue dans la Convention offre aux pays en développement un outil supplémentaire pour mieux gérer ces produits chimiques et pesticides dangereux.

En vertu de cette procédure, les exportateurs faisant commerce de certains produits chimiques inscrits sur une liste spéciale sont tenus d'obtenir le consentement préalable en connaissance de cause de l'importateur avant de procéder à l'expédition.

Première ligne de défense

Selon Klaus Töpfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), "la Convention de Rotterdam constituera la première ligne de défense de la santé des personnes et de l'environnement contre les dangers potentiels que présentent certains produits chimiques et pesticides".

"Les bénéficiaires de cette nouvelle convention", a-t-il ajouté, "iront des paysans dans l'agriculture de subsistance aux mères qui allaitent, en passant par la flore et la faune sauvages. En bénéficiera également l'ambitieux programme de développement durable et d'allègement de la pauvreté adopté il y a deux ans à Johannesburg par le Sommet mondial du développement durable".

Jacques Diouf, Directeur général de la FAO estime qu'on ne peut aujourd'hui se passer de certains produits chimiques destinés à protéger les plantes car il convient de répondre à la demande croissante de denrées alimentaires, d'autant que plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde.

Et d'ajouter: "Les nuées de criquets pèlerins qui envahissent en ce moment même l'Afrique de l'Ouest prouvent que l'on a encore besoin de pesticides pour des mesures d'urgence afin de sauver les récoltes. On s'efforce par tous les moyens de réduire leur impact sur les populations et l'environnement.

"Les recherches pour assurer la lutte antiacridienne sans avoir recours à des produits chimiques s'avèrent prometteuses mais elles doivent se poursuivre pour pouvoir être appliquées à plus grande échelle.

"La Convention de Rotterdam offre un moyen de mieux protéger les gens en zones rurales en aidant les pays à apprendre les uns des autres et à échanger leurs expériences de gestion des substances chimiques dangereuses. Elle permet d'intensifier plus durablement la production alimentaire pour nous appuyer dans notre lutte contre la faim et la pauvreté", estime M. Diouf.

Système d'alerte

Avec le soutien conjoint de la FAO et du PNUE, la Convention de Rotterdam permet aux pays membres de se prévenir mutuellement des risques éventuels. Si un gouvernement, dans n'importe quelle partie du monde, prend une mesure d'interdiction ou de stricte restriction à l'encontre d'un produit chimique pour des raisons de santé ou d'écologie, il en informe tous les autres pays membres.

De plus, chaque fois qu'un pays interdit un produit chimique ou un pesticide ou lui impose de strictes restrictions au plan national mais en autorise l'exportation à d'autres pays, il doit fournir à ces derniers une notification d'exportation avec des renseignements concrets et détaillés sur l'envoi dudit produit.

Mais ce qui constitue le cœur de la Convention, c'est la procédure de consentement préalable en connaissance de cause (PIC selon l'abréviation en anglais), contraignante sur le plan juridique. Tout échange commercial des 22 pesticides et cinq produits chimiques industriels figurant sur la première liste doit d'abord avoir été approuvé par le pays importateur.(1)

Ceci donne, en particulier aux pays en développement, la possibilité de décider quels sont les produits chimiques ou pesticides dangereux qu'ils veulent bien recevoir et de refuser ceux dont ils ne peuvent assurer l'utilisation en toute sécurité. Si un échange commercial est autorisé, l'étiquetage et les renseignements sur les risques potentiels pour la santé des personnes et l'environnement qui sont exigés favoriseront une utilisation plus sûre de ces produits chimiques et pesticides.

La réunion de Genève aura essentiellement trois tâches à accomplir. Il lui faudra d'abord décider s'il faut ajouter 15 autres produits chimiques et pesticides à la liste de ceux qui font l'objet de la procédure de consentement préalable en connaissance de cause.

Figurent parmi les produits à examiner plusieurs formes d'amiante, plusieurs adjuvants pour l'essence à base de plomb et une série de pesticides extrêmement toxiques(2). L'ajout de nouveaux produits chimiques à cette liste devra se poursuivre régulièrement à l'avenir.

La deuxième tâche de la conférence sera de convenir du siège du Secrétariat permanent de la Convention, dont la FAO et le PNUE doivent se charger de concert. Ce Secrétariat se trouve actuellement dans les locaux de la FAO à Rome et de l'unité des Substances chimiques du PNUE à Genève. Les gouvernements suisse et italien ont offert de maintenir cet arrangement. Le gouvernement allemand a offert d'accueillir le Secrétariat à Bonn.

La conférence aura pour troisième tâche de mettre en place des mécanismes et des systèmes permettant à la Convention de rester efficace à long terme.

Quelque 70 000 produits chimiques divers sont commercialisés à l'heure actuelle et environ 1 500 nouveaux produits sont mis en vente chaque année. Ceci risque de constituer un grave problème pour les gouvernements qui doivent s'efforcer d'en assurer le suivi et de surveiller ceux qui pourraient être dangereux.

Les pays en développement achètent et utilisent encore de nombreux pesticides que les pays industrialisés ont interdit ou dont ils limitent strictement l'utilisation.


(1) 22 pesticides dangereux figurent dans la première liste de la Convention: 2,4,5-T, aldrine, captafol, chlordane, chlordimeform, chlorobenzilate, DDT, dibromo-1,2 éthane (EDB), dieldrine, dinosébe, fluoroacétamide, HCH, heptachlore, hexachlorobenzène, lindane, composés du mercure et pentachlorophénol, plus certaines formulations de methamidophos, méthyle-parathion, monocrotophos, parathion et phosphamidon. Elle contient aussi cinq produits chimiques industriels : crocidolite, biphényles polybromés (PBB), biphényles polychlorés(PCB), triphényles polychlorés (PCT) et phosphate de tri - 2,3 dibromopropyle.

(2) Les 15 produits suivants pourraient être inscrits à la liste de la Convention: binapacryl; toxaphène; dichlorure d'éthylène; oxyde d'éthylène; monocrotophos; DNOC ; formulation pesticide très dangereuse, types de préparations en poudre pulvérisable contenant un mélange de bénomyl à une concentration supérieure ou égale à 7%, carbofuran à une concentration supérieure ou égale à 10%; actinolite amiante; anthophullite amiante; amosite amiante; trémolite amiante, plomb tétraéthyle et plomb tétraméthyle; parathion et amiante chrysotile.


Contacts:
Erwin Northoff
Relations médias, FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39) 06 5705 3105

Michael Williams
Attaché de presse, PNUE, Genève
michael.williams@unep.ch
(+41) 22 917 8242/8196/8244
(+41) 79 409 1528 (portable)

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