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Criquet pèlerin: importants dégâts aux cultures en Mauritanie
Pertes limitées dans les autres pays du Sahel
4 novembre 2004, Dakar/Rome - Malgré les infestations acridiennes généralisées, la production céréalière régionale au Sahel ne sera pas affectée outre mesure cette année; toutefois les incidences conjuguées des criquets pèlerins et de la sécheresse ont localement provoqué d'importants dégâts aux cultures, aux pâturages et aux légumineuses dans plusieurs communautés rurales.

La situation est particulièrement critique en Mauritanie où les criquets pèlerins poursuivent leur œuvre de destruction des cultures. Le bilan des dégâts, dans ce pays, pourrait s'alourdir.

Telles sont les premières constatations des missions d'évaluation des cultures réalisées dans neuf pays conjointement par la FAO et le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS). Le Programme alimentaire mondial (PAM) a collaboré aux évaluations effectuées dans les cinq pays les plus affectés. Le rapport de synthèse sera publié d'ici la fin du mois.

Beaucoup d'essaims sont encore présents en Mauritanie et au Niger mais la pression acridienne diminue progressivement au Mali et au Sénégal. Les criquets se déplacent maintenant vers le nord-ouest de la Mauritanie et l'ouest du Sahara. Un nombre croissant d'essaims a atteint le Maroc et l'Algérie où des opérations de lutte terrestre et aérienne sont en cours, indique la FAO.

Après plusieurs jours de forts vents de secteur sud-ouest, quelques essaims ont atteint la côte méditerranéenne de part et d'autre de la frontière égypto-libyenne et d'autres ont atteint la Crête, Chypre et le Liban.

La production céréalière

On ne s'attend pas à ce que la production céréalière au Sahel (mil, sorgo, riz et maïs principalement) atteigne le niveau record de l'année dernière - environ 14 millions de tonnes -, mais elle devrait être proche de la moyenne des cinq dernières années, soit 11,6 millions de tonnes.

La baisse de production - la plupart des récoltes devant être engrangées d'ici la fin du mois - est due principalement à l'insuffisance et à l'irrégularité des pluies ainsi qu'aux criquets pèlerins. Toutefois, la campagne de lutte antiacridienne intensive, coordonnée par la FAO, a certainement contribué à limiter les dégâts aux cultures attribuables aux acridiens, indiquent les experts de l'Organisation.

Les principales régions productrices de céréales au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, au Niger et au Sénégal ont bénéficié de pluies abondantes cette année et n'ont pas été excessivement affectées par les criquets pèlerins. Les baisses de production céréalières se sont principalement produites dans les zones septentrionales sahéliennes de ces pays suite à l'action combinée de la sécheresse et des criquets pèlerins.

Mauritanie

La Mauritanie est le pays qui a été le plus affecté par un ensemble de conditions adverses, y compris le criquet pèlerin. Jusqu'à 50 pour cent de la production céréalière aurait été perdue, selon la FAO. Ce pays avait déjà enduré plusieurs années de sécheresse et de mauvaises récoltes.

Pour faire face à cette situation, les Mauritaniens ont épuisé toutes leurs ressources. Sont particulièrement à risque les foyers dont les besoins alimentaires sont largement dépendants des productions agricoles de leurs propres champs et des productions animales de leurs troupeaux et de leurs animaux de basse-cour.

L'aide alimentaire et la fourniture d'intrants agricoles, notamment de semences et d'engrais, seront nécessaires pour améliorer la sécurité alimentaire des communautés affectées et permettre aux agriculteurs de replanter leurs champs et de nourrir leurs bêtes.

Les agriculteurs atteints à la fois par l'insuffisance des pluies et les infestations acridiennes dans d'autres pays (Niger, Mali, Sénégal, Tchad et Burkina Faso) auront également besoin d'assistance pour relancer la production agricole.

La situation des populations pastorales de la région devrait être suivie de près, selon la FAO. Les indications montrent que les éleveurs nomades, dans leur quête de nourriture et de fourrage, transhument plus tôt que d'habitude des zones touchées vers des régions où la végétation est abondante mais déjà surexploitée. Dans plusieurs régions, le fourrage est prélevé intensivement sur les stocks.

La FAO devra compter sur l'aide des bailleurs de fonds pour financer d'urgence la reprise rapide des activités des agriculteurs les plus affectés.

La campagne contre le criquet pèlerin

Pour les opérations de lutte antiacridienne, la FAO a reçu jusqu'à présent 52,4 millions de dollars des bailleurs de fonds et a contribué pour 6 millions de dollars sur ses propres ressources. Des promesses pour environ 15 millions de dollars n'ont pas encore été reçues.

A ce jour, la FAO a commandé plus de deux millions de litres de pesticides pour une valeur totale de 14,7 millions de dollars. Plus de la moitié de ces pesticides a déjà été livrée. La FAO a loué 14 aéronefs pour la lutte et la surveillance aérienne. D'autres appareils ont été fournis par les pays affectés ou dans le cadre de l'aide bilatérale.

Bilan provisoire des efforts déployés aux niveaux national, bilatéral et multilatéral: 1,9 million d'hectares infestés par le criquet pèlerin ont été traités dans les pays du Sahel depuis le début de la campagne estivale.

Tout au long de cette campagne, la FAO a veillé à ce que les opérations de lutte se déroulent conformément aux bonnes pratiques agricoles permettant de minimiser les effets indésirables sur la santé humaine et l'environnement. Des fonds sont également prévus pour la collecte des fûts de pesticides vides et pour s'assurer que les procédures d'élimination sont correctement appliquées.

Alors que le "front" de la guerre anti-acridienne s'est déplacé vers l'Afrique du Nord, il convient de souligner que des millions de dollars pourront être épargnés à l'avenir si les pays se mobilisent pour la surveillance précoce des aires de reproduction du criquet et les campagnes de lutte ciblée. Le péril acridien pourrait menacer de nouveau le Sahel l'été prochain.

Il est impératif de renforcer la capacité des services de protection des plantes et de leurs unités de lutte contre le criquet pèlerin en matière de détection précoce des zones de reproduction et de mise en oeuvre rapide des activités de lutte, indique la FAO.

Contact:
Erwin Northoff
Relations médias, FAO
erwin.northoff@fao.org
(+39) 06 570 52232
(+39) 3482523616 (à Dakar)


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cell. (+39) 3482523616 (à Dakar)

FAO/G. Diana

Un membre d'une équipe de lutte antiacridienne entouré d'une nuée de criquets pèlerins dans le sud de la Mauritanie

Audio

M. Ravenna, Représentant de la FAO par intérim à Nouakchott, nous donne des détails sur la situation en Mauritanie (180 Ko) (ram)

En mp3 (qualité broadcast, 1290 Ko) (unk)

Vídeo

Documentaire vidéo sur la crise acridienne en Mauritanie (1min08 - 1.57 MB) (mpg)

FAO/G. Diana

Un arbre fruitier ravagé par les criquets au Maroc

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4 novembre 2004 - Malgré les infestations acridiennes généralisées, la production céréalière régionale au Sahel ne sera pas affectée outre mesure cette année; toutefois les incidences conjuguées des criquets pèlerins et de la sécheresse ont localement provoqué d'importants dégâts aux cultures, aux pâturages et aux légumineuses dans plusieurs communautés rurales.
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