FAO :: Salle de presse :: Dernières nouvelles :: 2004 :: Accord visant à la …
Accord visant à la réduction des morts accidentelles de tortues marines
La FAO doit élaborer des directives et fournir une assistance technique
22 décembre 2004, Rome - Vingt-huit pays ont collaboré avec la FAO pour élaborer une série de recommandations visant à réduire les morts accidentelles de tortues de mer durant les opérations halieutiques, invoquant, entre autres, une utilisation plus diffuse de nouvelles technologies et le perfectionnement des techniques de pêche.

Le groupe s'est réuni à Bangkok du 29 novembre au 2 décembre à l'occasion d'une consultation technique organisée par le Département des pêches de la FAO.

Il a exhorté les États membres de l'Organisation à reconnaître que certains stocks de tortues de mer sont gravement menacés par les opérations de pêche et à prendre des mesures afin de réduire ce risque, tout en chargeant la FAO d'élaborer des directives techniques internationales pour aider les gouvernements.

Dégager une volonté politique, pas à pas

Suite aux recommandations de la Consultation technique, le Secrétariat de la FAO commencera prochainement à travailler sur les Directives techniques visant à réduire la mortalité des tortues de mer dans les opérations halieutiques.

Parallèlement, en mars, les 94 pays du Comité des pêches de la FAO (COFI) passeront en revue les recommandations de la Consultation, qui serviront à guider les travaux futurs du Secrétariat de la FAO, les organes régionaux des pêches concernés ainsi que les États membres.

En matière de politiques halieutiques, la FAO a notamment pour rôle de servir de courtier neutre durant les discussions avec des pays ayant des perspectives et des priorités différentes, selon Ichiro Nomura, Sous-Directeur général de la FAO, département des Pêches.

"Nous suivons les pays pas à pas pour mieux comprendre les problèmes et dégager un consensus sur la marche à suivre pour les résoudre. Si nous allons trop vite ou si nous ne prenons pas en compte les intérêts de tous les pays concernés, nous risquons tout simplement de ne pas avancer, sans avoir résolu le problème", déclare-t-il.

M. Nomura souligne que les recommandations émises à Bangkok représentent un pas en avant significatif.

"Il est encourageant de constater qu'un consensus est en train de se dégager autour d'une vision partagée de la manière dont une pêche responsable peut contribuer à la conservation des tortues marines, vision qui s'inscrit dans le droit fil des principes énoncés par le Code de Conduite de la FAO pour une pêche responsable", ajoute-t-il.

Le Code préconise une utilisation durable des écosystèmes aquatiques et exige que la pêche respecte l'environnement. Il aborde également les questions de biodiversité et de conservation des espèces en péril, et recommande aux pays de réduire les prises d'espèces non visées, qu'il s'agisse de poissons ou non.

La FAO doit surveiller l'état des tortues de mer et offrir une assistance technique

La réunion de Bangkok a également abouti à la décision de la FAO de réaliser des rapports biannuels faisant état des stocks de tortues marines et des progrès réalisés dans la réduction des impacts des pêches sur les tortues.

L'Organisation a été en outre invitée à aider les pays à évaluer les interactions entre les tortues de mer et les activités de pêche, et à mettre en place des mesures d'aménagement appropriées, en mettant l'accent sur l'aide aux pays en développement, auxquels manquent souvent des capacités techniques ou les ressources financières nécessaires.

Nouveaux types de hameçons et d'engins de pêche

Les tortues marines nagent régulièrement des eaux côtières vers le large et migrent d'une région à l'autre en fonction des saisons ou de leur âge, ce qui veut dire qu'elles interagissent avec de multiples activités de pêche.

Pour les pêches à la palangre de haute mer - comme les pêches à l'espadon et autres espèces de thon qui empiètent sur les migrations et les sites de plusieurs espèces de tortues -, la consultation de la FAO a examiné l'utilisation de nouveaux types d'engins de pêche pour empêcher les prises accessoires.

Selon un rapport de la FAO présenté à la réunion de Bangkok, les espèces les plus touchées par la pêche à la palangre sont les tortues caouannes du nord et du sud de l'océan Pacifique, les tortues luth du Pacifique oriental, et les tortues loggerheads et les tortues vertes de la Méditerranée.

Une série de mesures simples se sont déjà avérées très utiles pour réduire les prises accidentelles dans certaines pêcheries à la palangre, notamment l'utilisation de hameçons auto-ferrants au lieu des hameçons traditionnels. L'avantage est que les tortues ne les avalent pas facilement. Une sélection plus rigoureuse des amorces (afin d'éviter celles que préfèrent les tortues), une plus grande attention à la profondeur des palangres et la réduction du temps de "trempage" des appâts peuvent contribuer également à réduire les prises accessoires de tortues.

Plus près de la côte, le groupe a recommandé aux pays de promouvoir l'utilisation de dispositifs d'exclusion des tortues (DET) dans toutes les pêches de crevettes au chalut où il existe d'importantes interactions avec les tortues de mer en péril, et la collecte d'informations plus poussées sur les interactions avec d'autres types d'engins côtiers (ex. filets maillants), peu documentées.

Pour les pêches à senne coulissante, le groupe a décrété qu'il fallait modifier les pratiques; par exemple, les navires devraient éviter l'encerclement des tortues.

Le bien-être des communautés de pêcheurs doit être protégé

Même de petites modifications de ce genre pour adapter la pêche au comportement des tortues sont extrêmement utiles pour réduire les prises accessoires sans nuire aux moyens d'existence des petits pêcheurs.

Les pays participant à la consultation de Bangkok ont souligné qu'il est crucial de prendre en compte, dans les stratégies d'aménagement nationales, les impacts économiques sur les pêcheurs de toutes mesures de conservation des tortues, et de fournir des incitations financières pour encourager les pêcheurs à participer à la conservation des tortues.

La FAO estime que, dans le monde entier, quelque 38 millions de personnes tirent un revenu direct des pêches et de l'aquaculture ou sont employées dans ce secteur.

"Dans la plupart des cas, il n'y a aucun besoin ni aucune raison d'interdire la pêche pour protéger les tortues marines", déclare Jorge Csirke, Chef du Service des ressources marines au Département des pêches de la FAO.

"Le consensus obtenu à Bangkok portait sur la mise au point d'une palette de mesures visant à réduire les prises accessoires sans nuire aux petits pêcheurs - et pour certaines pêcheries, dans certains lieux, ceci pourrait comporter des limites partielles ou temporaires de la pêche à l'époque où les tortues sont les plus vulnérables."

M. Csirke a ajouté que le rôle de la FAO est de fournir une analyse scientifique, des informations et des avis techniques et d'aider à dégager un consensus sur les politiques appropriées - en dernière analyse, c'est aux gouvernements de choisir la gamme de mesures d'aménagement disponibles.


Contact:
George Kourous
Chargé d'information, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168

Suite du dossier…

Accord visant à la réduction des morts accidentelles de tortues marines

Liste partielle établie par les 28 pays à Bangkok

Contact:

George Kourous
Chargé d'information, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168

Photo: United States National Oceanic and Atmospheric Administration

Diverses pêcheries empiètent sur les routes migratoires et les lieux où certaines espèces de tortues marines s'alimentent.

Quelques recommandations issues de l'atelier de Bangkok

Photo: United States National Oceanic and Atmospheric Administration

L'aménagement du littoral dans leurs zones de nidification fait peser une grave menace sur les tortues marines.

envoyer cette page
Accord visant à la réduction des morts accidentelles de tortues marines
La FAO doit élaborer des directives et fournir une assistance technique
22 décembre 2004 -- Un groupe de 28 pays participant à une consultation de la FAO sur les pêches et les tortues de mer a préconisé une utilisation plus diffuse de nouveaux types d'engins de pêche, une modification des pratiques halieutiques et d'autres mesures pour empêcher les prises accidentelles de tortues dans les filets.
Veuillez insérer une adresse email
Veuillez insérer une adresse email valide
RSS