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Foresterie: les biotechnologies gagnent du terrain
L'évaluation systématique des risques est indispensable
13 juillet 2005, Rome - La recherche et les applications de la biotechnologie en foresterie avancent à grands pas, notamment dans les pays développés (70 %), selon un nouveau rapport de la FAO.

Les Etats-Unis, la France et le Canada en sont les principaux acteurs. Pour les pays en développement et en transition, les plus actifs sont l'Inde et la Chine.

Si les biotechnologies forestières portent désormais sur au moins 140 espèces d'arbres, la grande majorité des activités (60 pour cent environ) concerne seulement six essences: Pinus, Eucalyptus, Picea, Populus, Quercus et Acacia.

Sur les plus de 2 700 activités biotechnologiques signalées dans le monde au cours des 10 dernières années, la modification génétique ne représente qu'environ 19 pour cent.

Dans l'ensemble, les activités de modification génétique en foresterie se déroulent dans au moins 35 pays, la plupart semblent limitées aux essais en laboratoire, avec seulement quelques essais de terrain, rapporte la FAO.

Dans le monde entier, plus de 210 essais de terrain d'arbres génétiquement modifiés sont en cours dans 16 pays; la plupart des tests sont conduits aux Etats-Unis et limités essentiellement aux essences Populus, Pinus, Liquidambar et Eucalyptus.

Seule la Chine a signalé la diffusion commerciale d'arbres transgéniques: quelque 1,4 million de plants sur 300-500 hectares en 2002.

Peser le pour et le contre

"La modification génétique, en soi, n'est ni bonne ni mauvaise", a déclaré Pierre Sigaud, un expert en ressources génétiques forestières à la FAO.

"Il faut un cadre de réglementation régissant au cas par cas la recherche et l'application d'essences forestières génétiquement modifiées. La question dépasse l'échelle nationale, car les flux de pollen et la dispersion des graines font fi des frontières, et le bois est une marchandise mondiale", a-t-il ajouté.

Les caractéristiques des arbres transgéniques pouvant susciter un intérêt sont une production de bois accrue et l'amélioration de la qualité et de la résistance aux insectes, aux maladies et aux herbicides.

Autre avantage: les coûts de production et de transformation du bois ou des copeaux sont réduits, tout comme les coûts financiers et environnementaux de la fabrication du papier.

Cependant, le déploiement des arbres transgéniques n'est pas sans risques, avertit la FAO. L'instabilité des transgènes, l'échec des plantations, la mauvaise qualité du bois, le développement d'une tolérance aux traits modifiés par les insectes ou les organismes pathogènes et la fuite des gènes modifiés dans les écosystèmes naturels sont autant de facteurs de risque.

Etant donné que la modification génétique des arbres entre déjà dans la phase commerciale avec le Populus en Chine, il est fondamental de conduire des études d'évaluation des risques pour l'environnement avec des protocoles et des méthodologies convenus au niveau national et international. Il faut, en outre, diffuser amplement les résultats de ces recherches, selon le rapport de la FAO.

"La valeur économique des produits forestiers dans le commerce mondial est nettement inférieure à celle des produits agricoles, et la motivation économique de l'emploi des biotechnologies dans la foresterie n'a pas encore été clairement démontrée", a indiqué M. Sigaud. "On ne peut pas encore parvenir à des conclusions sur les impacts potentiels des forêts génétiquement modifiées en raison du manque d'informations fiables."

"Du fait qu'environ 95 % des forêts du monde sont naturelles ou semi-naturelles, la plantation d'arbres génétiquement modifiés a de fortes chances de demeurer relativement limitée", a ajouté M. Sigaud.
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Bureau de presse, FAO
FAO-Newsroom@fao.org
(+39) 06 570 53625

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