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Le sida chez les pêcheurs: problème grave et souvent négligé
La FAO collabore avec des experts pour un ajustement des politiques
3 mars 2005, Rome - C'est en 1982, dans un village de pêcheurs sur les rives du Lac Victoria en Ouganda qu'une terrible maladie s'est révélée dans toute son ampleur, affectant toute l'Afrique centrale. A l'époque, la maladie était connue sous le nom de "Slim" (amincir en anglais) en raison du dépérissement qu'elle provoquait.

Depuis lors, la maladie - aujourd'hui tristement connue dans le monde entier sous le nom de virus VIH/SIDA - s'est transformée en pandémie dont les effets n'épargnent aucune catégorie sociale.

Certains individus, toutefois, sont plus exposés que d'autres à la maladie. Il s'agit des travailleurs sexuels, des routiers et des jeunes des métropoles. Mais la population où le sida a été dépisté pour la première fois sous sa forme épidémique - les pêcheurs - était, jusqu'à récemment encore, exclue des initiatives de prévention, de prise en charge et de mitigation.

Ceci risque d'avoir des conséquences dévastatrices, indique Ichiro Nomura, Sous-Directeur général de la FAO pour les Pêches.

Il fait remarquer que ces dernières années, il est manifeste que les communautés de pêcheurs de nombreux pays en développement d'Afrique, d'Asie du Sud et du Sud-Est et d'Amérique centrale souffrent de taux élevés d'infection par VIH - pouvant atteindre 5 à 10 fois ceux du reste de la population.

"Ces taux de prévalence élevés et le taux alarmant de mortalité au sein de ces communautés placent les pêcheurs parmi les groupes à haut risque qui méritent une attention particulière dans la lutte contre la maladie", ajoute M. Nomura.

Effets secondaires colossaux

Le VIH/SIDA ajoute un fardeau supplémentaire aux ménages de pêcheurs, les empêchant d'accumuler des biens grâce aux revenus de la pêche ou à les dépenser pour améliorer leur sécurité alimentaire.

Au-delà de ces impacts immédiats, le VIH/SIDA mine l'entière production vivrière, dont les gens dépendent pour gagner leur vie. La pêche et toute une gamme d'autres activités économiques connexes - transformation, transport, fabrication de filets -- constituent des contributions cruciales aux revenus des ménages de nombreux pays en développement, renforçant la sécurité alimentaire et permettant un régime alimentaire plus riche et plus sain.

Et selon Benoît Horemans, coordonnateur du Programme FAO/DFID pour des moyens d'existence durable dans la pêche en Afrique de l'Ouest, la maladie empêche de recourir à des pratiques de pêche responsables.

"Pour les communautés souffrant de taux très élevés de mortalité due au sida, comme celles du Lac Victoria, le fatalisme peut remettre en cause la volonté d'une gestion à long terme des ressources halieutiques", explique-t-il.

Ces tendances reproduisent ce qui se passe dans les secteurs de production vivrière d'autres communautés rurales ravagées par la maladie, affirme Marcela Villarreal, point focal de la FAO pour le VIH/SIDA.

"Ce qui est désormais clair, c'est que le VIH/SIDA n'est plus juste un problème de santé, mais une menace pour le développement rural durable", insiste-t-elle.

Atelier sur le sida dans les communautés de pêcheurs

Depuis 1988, la FAO se concentre sur les incidences du VIH/SIDA sur les systèmes alimentaires et productifs dans le monde en développement. Elle a mis au point un cadre stratégique, mettant l'accent sur les communautés de pêcheurs, pour affronter les répercussions de la maladie sur la pauvreté, la nutrition, la sécurité alimentaire et les moyens d'existence ruraux.

En collaboration avec des organismes donateurs internationaux comme le DFID (Département du Royaume-Uni pour le développement international) et l'agence allemande de coopération GTZ, la FAO contribue également aux études nationales et sectorielles sur la maladie dans le secteur des pêches.

Récemment, la FAO a convoqué un atelier d'experts internationaux en matière de VIH parmi les pêcheurs, avec lequel elle collabore depuis quelque temps, afin de formuler des stratégies visant à une meilleure application des programmes de traitement et de prévention du VIH/SIDA au sein de ces communautés.

Selon les présentations faites à l'atelier, la vulnérabilité au VIH/SIDA chez les pêcheurs découle d'une série complexe de facteurs, entre autres: la mobilité de nombreux pêcheurs, le fait qu'ils ont accès à des revenus quotidiens en espèces dans un contexte général de pauvreté et de vulnérabilité, la disponibilité de sexe commercial dans les ports, et les sous-cultures de comportements sexuels à risque.

Organiser des interventions efficaces

Les débats du groupe ont abouti à une note de synthèse à l'adresse des gouvernements, des bailleurs de fonds internationaux, des organismes de secours et d'autres, émettant des recommandations sur les meilleures manières d'affronter le sida dans les communautés de pêcheurs.

Une des principales recommandations issues de l'atelier consiste à adapter les programmes de vulgarisation sanitaire au rythme de vie des communautés de pêcheurs. Les ministères de la santé doivent améliorer leur accès aux tests de dépistage, aux services d'aide sociale et de soins en les adaptant à la mobilité et aux horaires de travail irréguliers des pêcheurs.

"Le dépistage gratuit et l'assistance sociale ne seront guère efficaces s'ils sont prévus à une heure où les pêcheurs sont tous en mer, explique M. Horemans. Pour pouvoir être efficaces, les programmes de pénétration doivent s'aligner sur les rythmes de la communauté".

La mobilité des pêcheurs implique également qu'ils ont peu de chances d'être pris en charge par les initiatives de distribution de thérapies antirétrovirales dans le monde en développement, selon l'atelier de la FAO.

Ceci explique pourquoi une collaboration entre les professionnels du secteur de la santé, les programmes de développement rural et les organisations s'occupant spécifiquement du secteur halieutique est indispensable pour affronter le problème de manière efficace, selon M. Horemans.

Contact :
George Kourous
Relations médias, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168


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George Kourous
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george.kourous@fao.org
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FAO/19341/R. Faidutti

Un pêcheur en bonne santé au travail sur le Lac Victoria, en Ouganda. Il faut adapter les programmes de prévention du VIH/SIDA aux horaires des pêcheurs

FAO/19340/R. Faidutti

Compte tenu de la forte incidence du VIH/SIDA dans certaines communautés de pêcheurs, la pêche et les activités économiques connexes sont à risque

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La FAO collabore avec des experts pour un ajustement des politiques
3 mars 2005 - Dans les pays victimes de taux élevés d'infection par le VIH/SIDA, les communautés de pêcheurs sont parmi les groupes les plus vulnérables. Malgré tout, ils sont fréquemment tenus à l'écart des programmes de prévention, de prise en charge et de réduction des risques.
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