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La bioénergie pour combattre la pauvreté
Deux milliards de personnes sans approvisionnement durable en énergie
14 avril 2005, Rome - L'agriculture et la foresterie pourraient devenir des sources principales de bioénergie, un élément essentiel pour atteindre deux des Objectifs du Millénaire: éliminer l'extrême pauvreté et la faim et assurer un environnement durable, selon la FAO.

Dans un rapport présenté à la 19e session du Comité de l'agriculture (Rome, 13-16 avril), la FAO rappelle que "quelque deux milliards de personnes, vivant pour la plupart dans les zones rurales des pays en développement, n'ont toujours pas l'électricité ou d'autres services modernes d'approvisionnement en énergie".

L'utilisation accrue de la bioénergie peut aider à la diversification des activités agricoles et forestières et améliore la sécurité alimentaire tout en contribuant au développement durable, selon le rapport.

La bioénergie est produite à partir de combustibles biologiques (combustibles solides, biogaz, combustibles liquides tels que le bioéthanol et le biodiesel) provenant de produits agricoles notamment la canne à sucre, la betterave sucrière, le maïs et d'autres végétaux à usage énergétique. Elle est produite également à partir du bois de feu, du charbon de bois, des déchets agricoles et leurs sous-produits, des résidus forestiers, du fumier et d'autres végétaux cultivés comme sources d'énergie.

La biomasse allège la facture des importations

La biomasse est une source d'énergie disponible sur place qui peut servir à produire de la chaleur et de l'énergie. Elle contribue à réduire la dépendance à l'égard des combustibles fossiles importés, renforçant ainsi la sécurité énergétique nationale, allégeant la facture des importations de produits pétroliers et réduisant la pauvreté.

La FAO aide ses Etats Membres à convertir la biomasse en énergie et à mettre sur pied des stratégies et des programmes nationaux à cet effet.

"La production et l'utilisation des biocombustibles nécessitent une bonne gestion si l'on veut assurer aux ruraux pauvres des services d'approvisionnement en énergie tout en contribuant à l'amélioration de la sécurité alimentaire et au renforcement du développement durable", explique l'expert de la FAO Gustavo Best.

En Afrique subsaharienne, où plus de 90 % de la population rurale sont privés d'accès à l'électricité, la bioénergie, avec ses deux principales composantes, la dendroénergie et l'agroénergie, pourrait améliorer notablement les moyens d'existence.

Investissements et emplois

L'utilisation accrue de la biomasse comme source d'énergie pourrait également contribuer à promouvoir le développement économique, notamment dans les régions rurales, car elle attire l'investissement dans de nouvelles activités réalisables par les petites et moyennes entreprises dans les domaines de la production, de la préparation, du transport, du commerce et de l'utilisation des biocombustibles.

L'utilisation de la biomasse comme source d'énergie crée aussi des revenus et des emplois pour les populations rurales.

En fait, de toutes les options en matière de sources d'énergie renouvelables, c'est la production de bioélectricité qui offre les meilleures perspectives de création d'emploi, car elle peut créer beaucoup plus d'emplois directs que ne le permet la production d'électricité à partir de sources d'énergie conventionnelles, et avec un coût d'investissement plus faible par emploi créé, selon le rapport.

Dans les pays développés, les gouvernements et le secteur privé cherchent de plus en plus à accroître l'utilisation des biocombustibles tirés de la biomasse agricole et forestière. Les biocombustibles liquides ont le vent en poupe notamment dans le secteur des transports.

Scénarios pour les Etats-Unis et l'UE

Des scénarios élaborés pour les Etats-Unis et l'Union européenne indiquent que "des objectifs à court terme de remplacement jusqu'à 13% des combustibles pétroliers par des biocombustibles (bioéthanol et biodiesel) paraissent envisageables sur les terres arables disponibles", selon la FAO.

Le pétrole représente plus de 35 % du total de la consommation d'énergiue primaire commerciale. Le charbon vient au deuxième rang avec 23 % et le gaz naturel, au troisième rang avec 21 %. Ces combustibles fossiles sont les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre, qui contribuent au réchauffement de la planète et, par là même, aux changements climatiques, indique le rapport.

Les biocombustibles - principalement le bois de chauffe et le charbon de bois - représentent environ 10 % du total de la consommation mondiale d'énergie primaire.

Ce siècle, selon le rapport, pourrait être marqué par un net recul de l'économie fondée sur l'usage des combustibles fossiles au profit d'une économie fondée sur les bioénergies, qui serait profitable non seulement aux ruraux pauvres mais aussi à la planète tout entière, d'autant que les biocombustibles contribuent à atténuer les changements climatiques.

20 ans d'expérience

La FAO compte plus de 20 ans d'expérience dans divers domaines des bioénergies et fournit son assistance technique à ses Etats Membres en matière de conception et d'application de politiques, stratégies, programmes et projets de bioénergie.

L'Organisation joue un rôle actif en ce qui a trait à la création et à la diffusion d'informations sur la production, le commerce et l'utilisation de la bioénergie, indique le rapport.

L'importance croissante de la bioénergie pourrait avoir des effets considérables sur les prix des produits agricoles, la durabilité de la production et la sécurité alimentaire.

Le rapport estime que la production et l'utilisation de la bioénergie nécessiteront, à partir d'un certain ordre de grandeur, un forum tel que la FAO dont l'expertise dans les différents domaines - agriculture, forêts, économie - facilitera la coopération internationale.

De ce fait, le rapport souligne que la bioénergie mérite une place plus centrale et davantage de visibilité. A cet effet, il propose des méthodes techniques et institutionnelles appropriées.

Contact:
Pierre Antonios
Relations médias, FAO
pierre.antonios@fao.org
(+39) 06 570 53473

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Pierre Antonios
Relations médias, FAO
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U.S. Department of Energy/National Renewable Energy Laboratory/W. Gretz

Synergie entre les productions alimentaire et d'énergie

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