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Unir nos forces pour réduire la faim dans le monde
Entretien avec Eva Clayton sur l'Alliance internationale contre la faim
Eva Clayton, Sous-Directrice générale de la FAO et Conseillère spéciale sur le suivi du Sommet mondial de l'alimentation, parle de l'Alliance internationale contre la faim et de son rôle pour confirmer l'élan vers la réalisation des buts du Sommet et des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


En quoi consiste l'Alliance internationale contre la faim?

En juin 2002, durant le Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après, les dirigeants mondiaux ont passé en revue les progrès accomplis vers la réalisation du but du Sommet mondial de l'alimentation de 1996 consistant à réduire de moitié, d'ici 2015, le nombre de personnes affamées dans le monde. Leur déclaration finale a préconisé la création d'une Alliance internationale contre la faim pour unir nos forces en vue de l'éradication de la faim. Lancée lors de la Journée mondiale de l'alimentation le 15 octobre 2003, l'Alliance s'emploie à susciter une volonté politique et la prise de mesures concrètes par le biais de partenariats entre les organisations intergouvernementales et non gouvernementales et les alliances nationales.

Qui sont les membres de l'Alliance?

L'Alliance est une association volontaire d'organisations internationales, de partenariats nationaux contre la faim, d'organisations de la société civile, d'organisations sociales et religieuses et du secteur privé.

Quiconque peut y adhérer?

L'Alliance internationale est constituée des organisations alimentaires des Nations Unies implantées à Rome - la FAO, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) - et de représentants d'autres organisations intergouvernementales et non gouvernementales. Les particuliers ne peuvent adhérer directement à l'Alliance, mais ils peuvent collaborer avec des alliances nationales contre la faim. En moins de deux ans, 36 pays ont créé des alliances nationales, dont certaines sont déjà très actives, comme au Brésil, au Burkina Faso, aux Etats-Unis, en France ou en Inde.

Mais comment fonctionne l'Alliance internationale?

Nous mettons essentiellement l'accent sur le démarrage des alliances nationales et nous constatons avec grande satisfaction que les pays commencent à constituer des partenariats entre eux et à tirer profit de leurs expériences réciproques. Par exemple, l'alliance nationale au Brésil travaille avec des associations à Haïti pour mettre en place une alliance nationale dans le pays.

En théorie, c'est parfait, mais n'y a-t-il pas un risque que ce ne soit que des mots?

En effet, cela pourrait être un risque, mais ce n'est pas le cas jusqu'à présent. Si vous consultez notre site Internet (http://www.iaahp.net), vous verrez combien d'organisations sont devenues membres et le nombre d'engagements contre la faim que nous commençons à recueillir. C'est précisément ce besoin de s'engager en annonçant une contribution contre la faim qui, je pense, a donné de la substance à la théorie et motivé des groupes à adhérer aux alliances nationales et à œuvrer de concert au sein de l'Alliance internationale.

Mais n'est-ce pas ce que font déjà les gouvernements?

Si, mais souvent, ils n'ont pas les moyens pour le faire, ou les secteurs qui en ont le plus besoin reçoivent des ressources insuffisantes. Les gouvernements ont besoin d'un soutien continu, et c'est ce que nous nous efforçons de leur fournir avec les alliances nationales et l'Alliance internationale, de sorte que le dialogue au sein des pays et entre les pays puisse jouer un rôle central et maintenir l'impulsion nécessaire pour atteindre les buts du Sommet mondial de l'alimentation et les OMD, visant à réduire de moitié le nombre de personnes pauvres et affamées.

Que pouvez-vous nous dire de la façon dont vous travaillez?

Nous voulons susciter la joie et la passion dans ce que nous faisons, et ceci s'est reflété dans les paroles du leader spirituel indien Sri Sri Ravi Shankar, qui a été récemment invité par l'Alliance pour un débat informel à Rome avec plus de 400 personnes. Il a déclaré que les valeurs humaines fondamentales du partage et de la compassion sont vitales pour pouvoir imprimer des changements durables et susciter de bons sentiments parmi les peuples. Travailler pour éliminer la faim et la pauvreté ne doit pas être une obligation lourde et pénible pour la société. Ce travail a sa récompense aussi bien en termes humains qu'économiques.

En revanche, les êtres humains affamés ne peuvent travailler à plein rendement, ni être très productifs. Les enfants ont du mal à suivre à l'école, et le plus souvent n'y vont même pas, et les gens offrent de moins en moins de résistance aux maladies. A l'échelle nationale, ceci se traduit par une ponction des ressources d'un pays, de son potentiel économique, de sa stabilité politique - sans parler de la tragédie humaine.

Pourtant, partout dans le monde, des gens ont montré qu'ils étaient prêts à aider les pauvres touchés par le tsunami; mais, principalement parce qu'ils ne la voient pas, ils ont tendance à ignorer la faim qui est pourtant l'une des principales causes de décès dans le monde.

Quelles sont les orientations futures de l'Alliance?

Nous voudrions voir les alliances nationales se consolider, tandis qu'à l'échelle internationale, nous avons besoin de nous faire entendre haut et fort. C'est pourquoi, dans un avenir proche, des membres de l'Alliance s'efforceront de faire pression sur le prochain sommet du G-8 en juillet, de renforcer la sensibilisation sur la faim et la pauvreté durant l'examen des Objectifs du Millénaire pour le développement à l'Assemblée Générale de l'ONU en septembre prochain, et durant toute la période qui portera à la Journée mondiale de l'alimentation, en octobre.

Avez-vous des exemples suggestifs à nous raconter sur l'Alliance en action?

Récemment, j'ai écouté une intervention qui m'a touchée particulièrement, d'un ancien représentant des jeunes de Gambie, rappelant sa participation au SMA de 1996 ici à la FAO, ainsi qu'au Forum international de la jeunesse en marge du Sommet. Il est désormais Président de l'Alliance nationale contre la faim en Gambie et travaille à divers projets, depuis les banques de semences à l'assistance au VIH/SIDA; il est source d'inspiration pour d'autres jeunes, entre autre en organisant le premier Forum des jeunes d'Afrique sur la sécurité alimentaire.

14 juin 2005

Contact:
Alison Small
Chargée d'information, FAO
alison.small@fao.org
(+39) 06 570 56292




Contact:

Alison Small
Chargée d'information, FAO
alison.small@fao.org
(+39) 06 570 56292

FAO/G. Bizzarri

Eva Clayton

Audio

Etape à la FAO des jeunes qui, à bord du bus 'Matatu' de ActionAid International, collectent - de Johannesbourg à Gleneagles (Écosse) - des messages destinés aux dirigeants du G8. (ram)

En mp3 (qualité broadcast, 869Ko à télécharger) (unk)

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14 juin 2005 - Eva Clayton, Sous-Directrice générale de la FAO et Conseillère spéciale sur le suivi du Sommet mondial de l'alimentation, parle de l'Alliance internationale contre la faim et de son rôle pour confirmer l'élan vers la réalisation des buts du Sommet et des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
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