FAO :: Salle de presse :: Dernières nouvelles :: 2005 :: Le manque de fonds … :: Crise alimentaire a…
Crise alimentaire au Niger: pourquoi maintenant?
Avec la sécheresse, les criquets et l'économie poussive, l'étau faim-pauvreté se resserre
La crise alimentaire en cours au Niger est imputable à des causes multiples et étroitement liées. Avec une population d'environ 12 millions d'habitants, le Niger est le deuxième pays le plus pauvre du monde, avec plus de 65 pour cent de la population ayant moins d'un dollar par jour pour vivre.

Quelque 90 pour cent de la population active travaille dans l'agriculture ou l'élevage. L'agriculture est essentiellement pluviale; même lorsque la saison des pluies est bonne, plus de la moitié de la population n'a pas assez à manger, car la base de ressources naturelles du pays est pauvre et les rendements en céréales extrêmement faibles.

Mais en 2004, l'assaut conjugué de la sécheresse et des criquets pèlerins dans les zones agro-pastorales du pays a dévasté la production agricole. Ceci s'est traduit par une perte de 15 pour cent de la production céréalière par rapport à la production annuelle moyenne des cinq dernières années, tandis que le déficit d'aliments pour le bétail est estimé à plus de 36 pour cent des besoins.

Avec des approvisionnements alimentaires limités, le renchérissement des denrées alimentaires de base locales (tel le mil) et la baisse des prix du bétail, de nombreux ménages vulnérables, en particulier chez les éleveurs, ont eu du mal à se procurer de la nourriture.

Lente réaction des donateurs

Des mécanismes d'alerte rapide, notamment du Système mondial d'information et d'alerte rapide sur l'alimentation et l'agriculture (SMIAR) de la FAO, avaient prédit une crise alimentaire pour fin 2004.

"L'ampleur des dégâts dus à la sécheresse et aux acridiens était connue, mais pas l'étendue de la dépression économique et l'impact des mauvaises récoltes sur les populations rurales", explique Henri Josserand, Chef du SMIAR.

Un appel de fonds a été lancé en mai 2005, mais la réponse des donateurs a été lente.

"Outre les décès et la souffrance déjà endurés, le coût de l'acheminement de la nourriture aux populations dans le besoin est maintenant bien plus élevé qu'il ne l'aurait été si les appels avaient été entendus à temps", indique M. Josserand.

En dépit de ses ressources limitées, le Gouvernement du Niger a pris des mesures pour affronter la crise alimentaire:

  • des stocks vivriers ont été créés dès octobre 2004 pour compenser la hausse annuelle des prix des céréales en période de soudure, et les céréales ont été vendues à des prix subventionnés dans les zones les plus vulnérables;
  • des banques de céréales ont été mises en place pour aider les villageois à gérer leurs stocks alimentaires;
  • des programmes vivres-contre-travail ont été créés pour ceux qui n'avaient plus rien à la suite de la dévastation de leurs récoltes.
Toutefois, ces mesures se sont avérées insuffisantes et une nouvelle assistance de la communauté des donateurs est requise de toute urgence.

Plus de mécanismes d'adaptation

"Les agriculteurs du Niger se sont tellement appauvris au cours des dix dernières années qu'ils manquent de réserves pour affronter la crise", affirme M. Josserand.

Nombre de familles ont été forcées de consommer leurs stocks de semences et de vendre ou de manger leurs animaux pour survivre.

La migration est un mécanisme d'adaptation courant durant la saison sèche, mais les rares pâturages n'ont guère facilité les choses et les familles ont été contraintes de chercher de nouveaux sites où s'installer, ce qui a entraîné des conflits pour les ressources limitées.

Par ailleurs, les crises alimentaires dans les pays voisins - dues aux acridiens et à la sécheresse, ainsi qu'aux restrictions d'immigration vers le Nigeria et aux conflits en Côte d'Ivoire - ont limité la migration transfrontalière et les possibilités d'emploi pour les travailleurs saisonniers.

Contact
Teresa Buerkle
Relations médias, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146
(+39) 348 14 16 671 (mobile)

Suite du dossier…

Le manque de fonds pourrait aggraver la crise alimentaire au Niger

Crise alimentaire au Niger: pourquoi maintenant?

Contact:

Teresa Buerkle
Relations médias, FAO
teresamarie.buerkle@fao.org
(+39) 06 570 56146
(+39) 348 14 16 671 (mobile)

FAO/18495/P. Cenini

Le renchérissement des denrées alimentaires de base, tel le mil, et la baisse des prix du bétail ont aggravé la crise alimentaire.

envoyer cette page
Crise alimentaire au Niger: pourquoi maintenant?
Avec la sécheresse, les criquets et l'économie poussive, l'étau faim-pauvreté se resserre
-
Veuillez insérer une adresse email
Veuillez insérer une adresse email valide
 
RSS