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Le commerce de poisson et la faim dans le monde
Entretien avec Grimur Valdimarsson, Directeur de la Division des industries de la pêche de la FAO, au sujet du commerce mondial du poisson et de ce qu’il représente dans la lutte contre la faim pour les pays en développement

Qu’entend-on par commerce du poisson?

Nous parlons d’une filière gigantesque qui englobe des centaines de pays et emploie des millions de personnes. Chaque année, environ 37 pour cent de tout le poisson pêché ou cultivé est exporté et échangé à l’échelle internationale, ce qui représente, en valeur, plus de 70 milliards de dollars.

Mais ce qui est particulièrement intéressant pour nous, à la FAO, c’est qu’il s’agit pour plus ou moins la moitié d’exportations en provenance des pays en développement. Ce commerce est très important pour eux comme source de revenus et d’emplois, et joue par conséquent un rôle-clé dans la lutte contre la faim.

Les recettes nettes d’exportation de poisson des pays en développement ont dépassé les 20 milliards de dollars en 2004, soit plus que le total cumulé de toutes les autres denrées d’exportation, y compris café, thé et bananes.

Au sein du groupe des pays en développement, les pays où la faim est la plus aiguë – ce que nous appelons à la FAO les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) — sont fortement impliqués dans ce secteur. En 2003, les PFRDV assuraient plus de 20 pour cent de la valeur totale de toutes les exportations de poisson, avec des recettes nettes estimées aux alentours de 8,6 milliards de dollars, ce qui représente une grosse somme pour certains pays démunis qui luttent contre la pauvreté et la faim.

N’y a-t-il pas un risque qu’en exportant leur poisson, ces pays en aient moins pour leur propre consommation?

C’est en effet une préoccupation qui a été exprimée; mais nos études laissent penser que si c’est une possibilité, cela n'arrive pas souvent. Au contraire, nous avons constaté que, généralement, lorsque les pays participent activement au commerce du poisson, leur sécurité alimentaire s’améliore, car les échanges internationaux de produits halieutiques créent des emplois, de meilleures revenus, et davantage de recettes en devises. En outre, les revenus issus des exportations de poisson sont souvent utilisés pour importer des aliments moins chers.

Il y a néanmoins d’autres préoccupations sur lesquelles se penche la FAO.

Par exemple?

Le risque principal associé au commerce du poisson est que la demande accrue de poisson sur les marchés internationaux peut parfois se traduire par une pression excessive sur les pêches, ce qui porte à la surexploitation et à l’utilisation préjudiciable de certains stocks ichtyques. Ceci peut avoir un impact sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays où l’alimentation est fortement tributaire du poisson.

Les pratiques d’aménagement durable des ressources sont une condition nécessaire au commerce international durable. La demande du marché doit aller de pair avec des politiques de gestion durable des ressources.

De quelle façon?

Ici, à la FAO, nous estimons disposer d’un excellent programme avec notre Code de conduite pour une pêche responsable. Nous voudrions que les pays s’emploient davantage à en appliquer plus vigoureusement les principes dans leurs pratiques de pêche.

Nous venons également d’achever une série de directives pour le commerce responsable du poisson, que nous présenterons la semaine prochaine à la réunion du Sous-comité FAO sur le commerce du poisson à Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne.

Nous partons du principe que le commerce international de poisson ne devrait pas entraver l’aménagement durable des pêches et l’utilisation responsable des ressources vivantes aquatiques. Ce qui revient à dire que si nous voulons continuer à élever et à capturer du poisson, à le manger et à le vendre, nous devons le gérer de façon responsable aujourd’hui. Le but est de parvenir à une pêche saine et durable en mesure de fournir du poisson avec tous les avantages qui y sont liés, à l’infini.

Suite du dossier…

Exportations de poisson et sécurité alimentaire nécessitent un meilleur aménagement

Le commerce de poisson et la faim dans le monde

Quelques faits et chiffres

FAO

Grimur Valdimarsson

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Entretien avec Grimur Valdimarsson, Directeur de la Division des industries de la pêche de la FAO, au sujet du commerce mondial du poisson et de ce qu’il représente dans la lutte contre la faim pour les pays en développement.
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