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A bord des chalutiers crevettiers, une révolution silencieuse
Un projet FAO, cité par la BBC, réduit l’impact des pêches de crevettes sur l’environnement
23 novembre 2006, Rome – La crevette est le crustacé le plus recherché du monde: quelque 3,5 millions de tonnes de ce petit décapode sont prélevés de la mer chaque année, et 2,4 autres millions élevés dans des fermes aquicoles.

Il constitue une mine d’or pour les pays pauvres qui fournissent les marchés du Nord où les consommateurs en sont friands.

Les pays en développement fournissent 90 % environ des crevettes consommées dans les pays riches, pour une valeur de 8 milliards de dollars par an.

En d'autres termes, des centaines de milliers d’habitants du monde en développement dépendent de la pêche aux crevettes pour vivre. Mais celle-ci est aussi une des pêches au plus haut taux de gaspillage du monde.

Dans certains sites, pour chaque kilo de crevettes capturées par les pêcheurs, on compte jusqu’à 20 kilos de prises accidentelles d’animaux marins qui sont rejetés pour mourir dans la mer.

D’une façon générale, 8 % de toutes les prises (un peu plus de 7 millions de tonnes) sont ainsi rejetés à la mer chaque année, estime la FAO. Sur ce total, les pêches des chaluts à crevettes en eaux tropicales ont le taux le plus élevé de "rejets", soit 27 % ou 1,8 million de tonnes.

Les nouvelles technologies

Les rejets des "prises accessoires" – qui ne sont pas seulement du gaspillage mais peuvent avoir des impacts environnementaux plus vastes sur certains stocks ichtyques ainsi que sur des écosystèmes entiers – constituent une question préoccupante pour la FAO depuis des années.

"La capture des juvéniles de poissons de valeur avant qu’ils puissent se reproduire constitue une menace pour le bien-être des populations de pêcheurs, tandis que l’élimination à grande échelle de poissons non ciblés est un péril pour la biodiversité marine, ce qui a des répercussions sur la productivité d’une pêcherie", explique Jeremy Turner, expert au Département des pêches de la FAO.

En 2002, la FAO s’est alliée au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et au Fonds pour l’environnement mondial (FEM) pour lancer un projet quinquennal de 9 millions de dollars visant à réduire les prises accessoires dans les pêcheries crevettières.

En tant qu’organisme chef de file, la FAO gère les activités du projet sur le terrain, travaillant avec les crevettiers, les petits pêcheurs, les organismes nationaux des pêches et les organisations régionales de pêche pour introduire de nouvelles technologies et méthodes de pêche ciblant uniquement les poissons désirés d’une certaine taille, tout en laissant s’échapper les juvéniles et les espèces non ciblées, comme les tortues de mer (voir encadré ci-contre).

La FAO fournit aux crevettiers des chaluts et des engins modifiés et organise des ateliers avec les pêcheurs et les propriétaires de bateaux pour discuter de leur utilisation la plus appropriée, ainsi que des modifications à apporter dans les techniques de pêche.

En même temps, l’Organisation prête son concours pour des essais en mer sur des navires équipés de senseurs haute technologie et d’écrans sous-marins qui évaluent l’efficacité des nouveaux chaluts et méthodes de chalutage afin de continuer à perfectionner la technologie.

Résultats impressionnants

"On a déjà obtenu des résultats impressionnants, avec un recul des captures accessoires de 50 % dans certains cas", fait remarquer M. Turner.

Cela favorise non seulement les écosystèmes locaux et les populations ichtyques, rendant les lieux de pêche plus productifs, mais permet aussi aux petits pêcheurs de ne plus perdre autant de temps à trier et à transformer leurs prises.

En Asie, toutefois, la situation est plus compliquée. Là, les pêcheurs, qui gagnent parfois aussi peu qu’un dollar par jour, souvent ne rejettent pas les prises accessoires.

Les propriétaires des bateaux laissent leur équipage les vendre aux industries de transformation pour satisfaire la demande de consommation humaine et animale (aquaculture). "Cela représente une source importante de revenus pour eux", explique M. Turner, "aussi ne suffit-il pas de leur fournir de nouvelles technologies".

Parmi les pays où la FAO met en oeuvre le projet sus-mentionné, citons: Bahrain, Cameroun, Colombie, Costa Rica, Cuba, Indonésie, Iran, Mexique, Nigeria, Philippines, Trinidad-et-Tobago et Venezuela. Le Centre de développement des pêches du Sud-Est asiatique (SEAFEC) participe également au projet.

Un documentaire de la BBC

Ce week-end, le projet des chaluts à crevettes fera l’objet d’un nouveau documentaire réalisé par l’organisation à but non lucratif du Royaume-Uni «Television Trust for the Environment», en coopération avec la FAO. Il sera diffusé par la BBC.

Le documentaire, "Potted Shrimp", sera diffusé dans le cadre du Programme "Earth Report" de BBC World à 21h30 GMT le samedi 25 novembre, et rediffusé le dimanche 26 à 11h30, et le lundi 27 à 2h30. (Pour confirmation des heures locales, voir le site BBC World website)

"Nous tenions beaucoup à renforcer la sensibilisation sur la manière dont ces nouvelles technologies de chalutage peuvent protéger l’environnement marin et améliorer la productivité des pêches", fait remarquer M. Turner.

Tourné en extérieur, au siège de la FAO à Rome, au Mexique et aux Philippines, le film de 22 minutes offre un excellent aperçu du problème des captures accessoires et montre comment les modifications des engins de pêche peuvent faire la différence, ajoute-t-il.

“Mais, en dépit de ces succès”, avertit M. Turner, “les niveaux élevés de prises accessoires et les causes qui en sont à l’origine demeurent une grave préoccupation. Il y a encore beaucoup à faire et les nouvelles technologies ne sont qu'un élément de la solution et certes pas une baguette magique”.

Contact:
George Kourous
Relations médias, FAO
george.kourous@fao.org
(+39) 06 570 53168
(+39) 348 141 6802

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Photo U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration

Les prises accidentelles représentent en moyenne 62% des captures des chalutiers crevettiers

Photo U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration

De nouvelles technologies diffusées par la FAO visent à réduire les prises accidentelles

Modifications aux chaluts à crevettes recommandées par la FAO

L’opportunité de ces technologies variera en fonction des conditions locales des pêcheries.


D.E.T, ou dispositifs d’exclusion des tortues
Modifications aux chaluts à crevettes (par exemple, ajout d’une "écoutille de secours") qui réduisent les captures accidentelles de tortues. Parfois baptisés «trawl efficiency device», ils empêchent aussi la capture d’autres animaux plus gros, comme les requins, les pastenagues et les méduses.

BRD, ou dispositifs de réduction des prises accessoires
Toute modification aux engins de pêche conçue généralement pour exclure les prises accessoires de poisson du chalut à crevettes. Ces dispositifs peuvent aussi exclure d’autres animaux et des débris flottants, mais comme les poissons sont normalement prédominants dans les captures accessoires, la recherche BRD a essentiellement porté sur l’exclusion de ces animaux.

JTED, ou dispositif d’exclusion des juvéniles et des poissons de rebut
Il vise à exclure du chalut les petits poissons (généralement juvéniles ou poissons sans valeur commerciale), d’où une prise de crevettes matures et de plus gros poissons.

Vídeo

Le documentaire de la BBC (en anglais) (unk)

Photo U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration

Les tortues de mer, principales victimes de la pêche sauvage

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Un projet FAO, cité par la BBC, réduit l’impact des pêches de crevettes sur l’environnement
23 novembre 2006 - Le chalutage des crevettes a des impacts négatifs à la fois sur les pêches commerciales et sur la biodiversité marine. Un projet de la FAO – présenté les jours prochains dans un documentaire de la BBC – introduit de nouvelles technologies et méthodes de pêche.
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