Pesticides périmés dans les pays en développement:
100 000 tonnes de pesticides menacent la santé et l'environnement
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Pesticides en Afrique (PDF)

Opérations d'enlèvement des pesticides
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De grandes quantités de pesticides non utilisés représentent une menace
grave pour l'environnement et la santé publique dans les pays en développement,
d'après une étude de la FAO publiée au début du mois de juin
1996.
La FAO estime que les pays en développement détiennent des stocks de plus
de 100 000 tonnes de pesticides périmés, dont 20 000 tonnes dans les pays
africains (voir carte). Certains de ces produits chimiques sont si toxiques que quelques
grammes suffiraient à empoisonner des milliers de personnes ou à contaminer
des zones étendues. Le DDT, la dieldrine et le HCH (hexachlorocyclohexane) figurent
parmi ces substances hautement toxiques et à forte rémanence. L'essentiel
de ces stocks correspond à des restes de pesticides livrés dans le cadre
de programmes d'assistance extérieure. Faute de moyens d'élimination sans
danger pour l'environnement, les stocks ne cessent de grossir. La FAO lance donc
un appel en faveur d'un effort concerté de la communauté mondiale pour
éliminer ces déchets dangereux et éviter qu'ils ne recommencent à
s'accumuler.
"Les stocks de pesticides périmés sont de véritables bombes à
retardement", a déclaré Niek van der Graaff, Chef du Service FAO de
la protection des plantes. "Les fuites, les infiltrations et divers accidents
liés aux pesticides sont extrêmement fréquents et répandus. Les
conditions d'entreposage sont rarement conformes aux normes internationales. De nombreux
contenants de pesticides se détériorent, laissant échapper leur contenu
qui va contaminer les nappes phréatiques et l'environnement. La plupart des
entrepôts sont situés en plein coeur des agglomérations urbaines ou
à proximité de zones d'habitation."
En Afrique et au Proche Orient, les effets possibles de ces pesticides périmés
sur l'environnement suscitent de vives inquiétudes. Certains stocks ont plus
de 30 ans et sont conservés au mépris des mesures de sécurité.
Aucun pays n'est à l'abri du danger. D'après la FAO, il faut agir de toute
urgence, pour éviter des catastrophes et des dommages irréversibles.
Au fil des années, toutes sortes de pesticides ont été importées
par les pays en développement, sous forme de dons des organismes d'aide au développement
ou des gouvernements. "En Afrique, le total connu des importations de pesticides
s'élève à 672 millions de dollars pour 1993-94. Or 40 pour cent au
moins de ce total, soit l'équivalent de 269 millions de dollars, n'ont probablement
pas été utilisés", indique le rapport. Les données disponibles
pour d'autres régions montrent que le problème ne se limite pas à
l'Afrique mais qu'il se pose également en Europe de l'Est, en Asie et en Amérique
latine.
D'après la FAO, l'accumulation des stocks de pesticides inutilisés tient
notamment aux raisons suivantes:
- mesures d'interdiction qui frappent des pesticides encore en stock;
- entreposage prolongé de produits à durée de conservation limitée;
- difficulté de prévoir les infestations de ravageurs, comme les acridiens;
- dons excessifs (inappropriés, intempestifs et non coordonnés);
- arrivée tardive des dons (après la campagne agricole);
- insuffisances des moyens d'entreposage;
- manque de formation du personnel à la gestion des stocks.
Documents disponibles
La FAO a publié plusieurs ouvrages fournissant des conseils sur les moyens de
prévenir les accumulations de pesticides périmés et sur la gestion
et l'élimination des stocks superflus. Quelques titres:
- Un rapport de la première consultation: Prevention and disposal of obsolete
and unwanted pesticide stocks in Africa and the Near East
- Un manuel sur les méthodes d'entreposage sans danger: Pesticide storage
and stock control manual
- Un ensemble de directives provisoires: Prevention of accumulation of obsolete
pesticide stocks
Pour de plus amples renseignements, s'adresser à Alemayehu.Wodageneh@fao.org

Suggestions: Webmaster@fao.org
© FAO,1996