L'élimination de stocks de pesticides périmés, qui seraient de l'ordre
de 100 000 tonnes dans les pays en développement, pourrait coûter
jusqu'à 500 millions de dollars. Pour le seul continent africain, les coûts
de l'élimination pourraient dépasser 100 millions de dollars.
D'après une étude que la FAO a récemment consacré à ce problème,
les pays donateurs, les organismes d'aide, les fabricants de produits agrochimiques
et les gouvernements bénéficiaires ont tous leur part de responsabilité
dans l'accumulation régulière de pesticides périmés dans les
pays en développement. "C'est donc à la communauté internationale
d'aider les pays bénéficiaires à résoudre ce problème, un
problème qui fait appel à des solutions issues d'efforts concertés,
de coopération et de détermination de la part de la communauté internationale",
indiquait le rapport. La FAO souligne par ailleurs qu'il conviendrait de solliciter
l'aide financière de l'industrie chimique.
D'après cette étude, la meilleure méthode d'élimination des pesticides
est l'incinération à haute température. Les déchets dangereux
doivent être acheminés jusqu'à un incinérateur spécialement
aménagé à cet effet dans un pays industriel, puisqu'aucun des pays
en développement concernés, exception faite de quelques pays nouvellement
industrialisés, ne dispose des installations nécessaires pour assurer l'élimination
des pesticides en toute sécurité et sans danger pour l'environnement.
La FAO a récemment achevé un projet d'élimination de déchets
portant sur quelque 260 tonnes de stocks de pesticides périmés en République
du Yémen. Les sites d'entreposage ont été décontaminés et
les pesticides ont été transportés par bateau jusqu'au Royaume-Uni
pour y être incinérés. En Zambie, près de 350 tonnes de déchets
toxiques seront bientôt éliminés en collaboration avec l'Office allemand
de la coopération technique. En outre, un Plan d'action pour le confinement
et l'élimination des stocks de pesticides en Afrique et au Proche-Orient est
en cours de préparation, avec l'aide du gouvernement des Pays-Bas.
La solution à long terme au problème de l'élimination des pesticides
réside dans la prévention, a souligné la FAO. Les stocks doivent être
maintenus au niveau le plus bas possible; l'emploi des pesticides devrait être
radicalement réduit et il faudrait éviter de constituer des stocks dépassant
les besoins prévus.