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La FAO soutient l'industrie naissante d'exportation de viande en Tanzanie
Les éleveurs tanzaniens d'ovins et de caprins pourraient bientôt tirer parti d'un nouveau marché dans les Etats du Golfe. Soutenu par un Projet de coopération technique de la FAO, ce pays d'Afrique de l'Est a pris les premières mesures pour établir une industrie de l'exportation de viande, tablant sur son énorme troupeau de 14 millions d'ovins et de caprins.
Cette stratégie s'articule autour d'un nouveau système spécialisé d'information sur les marchés et d'une mission de promotion du commerce composée de représentants du Gouvernement et d'entreprises privées. Cette mission est revenue des Emirats arabes unis, convaincue, sur la base d'entretiens, d'observations et de mesures objectives, que le petit bétail et la viande en carcasse de la Tanzanie égalaient ce qu'elle avait vu de mieux sur le marché. "Des contacts ont été établis avec des importateurs des Emirats arabes unis et, grâce à notre projet, le secteur privé a manifesté un vif intérêt pour ces exportations", a déclaré M. James Airey, conseiller technique principal auprès du projet. Et d'expliquer: "Avec les nouvelles installations et les nouveaux systèmes en place, nous pouvons inviter les importateurs du Proche-Orient à venir inspecter nos ovins et nos caprins, persuadés de pouvoir les classer par catégories et les présenter le plus avantageusement possible et répondre aux questions qui pourraient se poser." Le résultat le plus frappant du projet est peut-être la gare-marché (voir photo), construite à 20 km de la capitale Dar Es Salaam. On peut y classer par catégories et présenter jusqu'à 1 000 animaux en même temps. Leur prix dépend de la qualité de la carcasse et de facteurs liés au rendement en chair - à savoir le sexe de l'animal, son âge, l'état des muscles et du tissu adipeux et le poids. On examine les dents (nombre et usure) pour savoir leur âge, une main placée au creux des reins indique la qualité (équivalent, chez l'homme, à gros, en forme, maigre ou mince) et un coup d'oeil renseigne sur le sexe (mâle ou femelle ou châtré). Les animaux sont marqués à la craie en conséquence. Ils sont ensuite placés, selon la marque qu'ils portent, dans des enclos séparés, où ils sont pesés. Une fois les animaux vendus, les prix sont enregistrés afin que les données les concernant soient complètes. Chaque semaine, les données sont consignées dans un bulletin spécial contenant des résultats complets: prix au poids, qualité et sexe, le nombre vendu, les changements par rapport à la semaine précédente et l'origine des animaux. Le bulletin est diffusé sur la radio nationale à l'intention des acheteurs et des vendeurs où qu'ils soient. L'objectif est de diffuser le plus largement possible les informations et les connaissances disponibles sur la commercialisation. Radiodiffuser les résultats à partir du marché le plus important du pays aidera à stimuler le commerce, à faire en sorte qu'éleveurs et négociants disposent des mêmes données et à stimuler la compétition au niveau du marché des éleveurs. Le gouvernement souhaite non seulement mettre sur orbite une industrie d'exportation de viande compétitive, mais aussi privatiser la livraison aux services de marché. Les individus doivent donc être prêts à prendre ce nouveau créneau commercial. "Pour assurer l'avenir de cette initiative, il faut continuer sur cette lancée", a expliqué M. Airey. "Une assistance technique et des investissements extérieurs sont essentiels pour la prochaine phase décisive. Le gouvernement a déjà soumis aux donateurs intéressés des propositions prévoyant une aide internationale et nous sommes optimistes". 22 décembre 1998
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