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Les prévisions météorologiques pourraient aider les agriculteurs à améliorer leurs rendements
Les agriculteurs des pays en développement et des pays tropicaux pourraient tirer des avantages considérables de l'accès à des données agrométéorologiques et à des prévisions saisonnières améliorées. Une idée précise de la pluviométrie déjà emmagasinée dans le sol, ainsi que des prévisions rigoureuses, leur permettraient de semer la bonne culture au bon moment. C'est l'un des messages qui est ressorti de l'Atelier international sur l'agrométéorologie au XXIème siècle, tenu en février à Accra (Ghana), àl'initiative de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et avec le soutien de la FAO et de 12 autres organisations.
L'agrométéorologie a pour but premier d'aider les agriculteurs à gérer de façon optimale les ressources climatiques, c'est-à-dire essentiellement l'ensoleillement et les précipitations. L'utilisation optimale de l'eau signifie semer la culture adaptée à l'humidité disponible, de sorte qu'elle en absorbe la majeure partie et n'en laisse qu'une infime quantité pour les plantes adventices, tout en réduisant au minimum l'érosion du sol et la perte d'engrais due au ruissellement des eaux. L'utilisation optimale du soleil est fortement liée à la disponibilité d'eau. Au Mali, un programme national a été lancé au début des années 80, avec l'appui de l'OMM et de la FAO, dans le cadre du Programme AGRHYMET, pour offrir un suivi météorologique rigoureux aux agriculteurs. En enregistrant simplement les précipitations et en utilisant des tables de décision, les vulgarisateurs sont en mesure de conseiller aux fermiers quelle culture semer à quel moment. Le riz, par exemple, est une culture qui nécessite beaucoup d'eau; s'il n'a pas plu suffisamment à une certaine date, ce n'est pas la bonne culture à semer pour cette campagne. En revanche, le sorgho est relativement résistant à la sécheresse. "J'ai vu des fermiers semer du riz et du sorgho dans le même champ, ce qui n'a aucun sens", fait observer René Gommes, Fonctionnaire principal de la FAO (agrométéorologie). "En ayant accès à des prévisions saisonnières précises et fiables, les agriculteurs pourraient semer une culture ou une autre en toute confiance." Plus que servir à décider quelle culture semer, les niveaux pluviométriques aident à établir quand la semer. Ils permettent de savoir quelle quantité d'engrais appliquer, car les cultures fertilisées poussent davantage et ont donc besoin de plus d'eau, et ils influent également sur l'incidence des ravageurs et des maladies. Des informations fiables fournies à temps sur les précipitations passées et futures sont, par conséquent, extrêmement utiles aux agriculteurs. Les prévisions météorologiques saisonnières - très différentes des prévisions quotidiennes que nous avons l'habitude de regarder à la télévision - sont devenues de plus en plus fiables ces dernières années. Elles se fondent sur des données historiques, des données climatologiques, des observations de régimes climatiques et des téléconnexions. Le phénomène El Niño - qui provoque la hausse de la température de l'Océan Pacifique et se répercute sur le climat du monde entier - est le site Web le plus connu. C'est grâce à ces observations que les experts affinent leurs prévisions saisonnières. Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés lors de l'atelier international, notamment:
Les réseaux de stations climatologiques se détériorent plus vite dans les pays les plus pauvres, où elles sont malheureusement le plus utiles aux agriculteurs. Ceci s'explique de deux façons: premièrement, les pays ont des économies souvent à court de trésorerie et doivent affronter bien d'autres priorités. Deuxièmement, les services météorologiques sont souvent privatisés et concentrés là ils peuvent servir à gagner de l'argent. Selon cette logique, les stations climatologiques sont désormais plutôt regroupées à proximité des aéroports ou des grandes villes. Mais ceci n'est d'aucune aide aux agriculteurs. Des informations météo précises sont nécessaires même dans le désert pour les prévisions saisonnières et, par exemple, pour le suivi du criquet pèlerin et l'estimation des récoltes. Tirer des leçons du passéLors de la réunion d'Accra a également été examinée la valeur des techniques traditionnelles pour la manipulation des micro-climats. "Dans bien des cas, nous redécouvrons la valeur des technologies primitives, nous dit M. Gommes. Les gens sont peu disposés à s'en servir car elles semblent trop primitives, même si elles peuvent être très efficaces et utiles pour les petits exploitants". Certaines de ces techniques portent sur la capture des précipitations occultes - c'est-à-dire l'humidité disponible qui ne parvient pas jusqu'au sol. Pour capter cette humidité, on peut planter des arbres ou accrocher des moustiquaires dans les zones de brouillard. Même les constructions en brique peuvent servir à cet effet. On peut aussi couvrir le sol de feuilles ou de déchets organiques comme technique simple, mais efficace, d'atténuation de la perte d'humidité des sols. L'eau est une denrée de plus en plus précieuse et toutes les technologies simples de collecte et de conservation de ce bien sont particulièrement utiles pour rechercher des moyens durables d'accroître la production agricole. Contacter: Rene.Gommes@fao.org 30 mars 1999
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