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Consultation de haut niveau à Rome pour mettre en lumière le rôle des agricultrices
Une grande partie du monde en développement dépend pour vivre des aliments cultivés par des femmes sur de petites exploitations. La contribution des femmes à la sécurité alimentaire n'apparaît quasiment pas dans les statistiques nationales. Mettre en lumière l'importance de la main-d'oeuvre féminine rurale est l'objectif de la Consultation de haut niveau sur les femmes rurales et l'information qui se tiendra au siège de la FAO à Rome du 4 au 6 octobre 1999. Elle rassemblera des ministres de l'agriculture et de l'égalité des chances, des observateurs des organismes des Nations Unies et des membres d'organisations non gouvernementales, qui auront pour mandat de concevoir des moyens de transmettre des informations fiables sur le rôle des femmes dans la production agricole aux décideurs agricoles, aux médias et au grand public. Les femmes comme les hommes contribuent à la production vivrière. Dans les pays en développement, les hommes travaillent surtout dans les grandes exploitations mécanisées produisant des cultures de rente pour l'exportation, tandis que les femmes cultivent la nourriture destinée à leur famille et à la vente sur les petits marchés locaux, à l'aide de technologies simples. Toutefois, plusieurs facteurs - dont les récentes crises économiques, les programmes d'ajustement structurel, les conflits armés et les catastrophes naturelles - ont aggravé la charge qui pèse sur les femmes rurales en matière de production vivrière. "Si les femmes apportent une contribution considérable à la production vivrière, une bonne partie de leur travail figure dans l'économie parallèle, et en tant que telle, est sous-estimée, voire passée sous silence dans les statistiques de l'économie nationale", affirme Sissel Ekaas, Directeur de la Division des femmes et de la population de la FAO. "Conduire un tracteur moyennant un salaire horaire est considéré comme un 'travail', contrairement à s'occuper d'un jardin ou d'animaux domestiques pour nourrir sa famille." "A cause de ces préconceptions sexistes, les responsables de politiques disposent de bien peu de données ou d'outils analytiques pour évaluer le véritable poids économique et social du travail féminin", déclare Marie Randriamamonjy, Chef du Service des femmes dans le développement. "On ne tient aucun compte des femmes rurales lorsqu'on conçoit les politiques agricoles nationales." Les agricultrices seront encore plus défavorisées durant les négociations commerciales agricoles en cours, qui encouragent la libéralisation et la privatisation de l'économie. A long terme, ces réformes devraient se traduire par une plus grande sécurité alimentaire à l'échelle mondiale mais à court terme, elles pourraient causer des difficultés aux petits agriculteurs pauvres. Examen de la Stratégie d'actionA la Consultation de haut niveau à Rome, les participants examineront une Stratégie d'action, cadre visant à aider les décideurs à mettre au point des méthodes appropriées de collecte et d'analyse des données sur la contribution sociale et économique des agriculteurs et des agricultrices. Ceci ne sera pas tâche facile, car les présupposés sexistes qui ont porté à ne pas prendre en compte le travail féminin ont également altéré la façon dont les informations sont recueillies et interprétées. Il est urgent de concevoir de nouvelles méthodes de collecte de l'information qui encouragent la participation des hommes et des femmes rurales au niveau local. Obtenir des informations utiles et précises et les faire parvenir aux décideurs agricoles n'est qu'un des buts de la Stratégie d'action. La presse et les médias électroniques sont devenus des outils puissants qui influent sur l'opinion publique et infléchissent les politiques du gouvernement. Il est par conséquent essentiel que les hommes et les femmes s'occupant de communications de masse prennent conscience de l'importance du travail des femmes rurales. Les participants envisageront donc des moyens de sensibiliser davantage le public à la contribution des agricutrices au développement économique rural et de mobiliser un soutien public pour les politiques reconnaissant l'importance de leur travail. Ces informations ne sont pas seulement nécessaires aux décideurs et aux médias, mais aussi aux petits exploitants - hommes et femmes - qui ont besoin d'être mieux informés sur les tendances agricoles et les décisions de politique. Les progrès en matière de technologies de communication ont étendu les possibilités d'échanger des informations à divers niveaux et de donner aux communautés agricoles les moyens d'agir. En examinant la Stratégie d'action, les participants s'efforceront de trouver des façons de renforcer les moyens de communication entre les populations rurales et les responsables politiques dans l'espoir que cela conduise à un développement agricole plus équitable et durable. Les petites agricultrices des pays en développement doivent affronter d'énormes problèmes, mais des actions bien ciblées - en particulier des campagnes d'information du public - peuvent donner l'impulsion nécessaire aux réformes des politiques agricoles. Le but de cette Consultation internationale est d'aider à lancer le processus. 4 octobre 1999
Ecoutez ou téléchargez une dépêche radio de Liliane Kambirigi du Service Radio de la FAO (2'29") avec des extraits des déclarations du Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, et de la Présidente du Comité directeur international pour la promotion économique des femmes rurales, Mme Elizabeth Diouf, Première Dame du Sénégal:
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