Une meilleure information sur le rôle des femmes dans l'agriculture est nécessaire


Dans les pays en développement, les politiques agricoles méconnaissent en général l'importance sociale et économique des femmes dans le travail agricole. Mais sans une évaluation et une prise en compte de la contribution des femmes dans la planification agricole, il sera impossible de garantir la sécurité alimentaire nationale et de promouvoir un développement rural durable et équitable.

C'est le message qu'a lancé haut et fort la Consultation de haut niveau sur les femmes rurales et l'information, organisée au siège de la FAO à Rome du 4 au 6 octobre, qui a vu la participation de plus de 350 personnes, dont cinquante ministres.

Mme Angela King, Sous-Secrétaire général de l'ONU et Conseiller spécial sur les questions de genre et la condition de la femme
Photo de la FAO

Une des questions abordées durant la Consultation a été comment le manque d'informations sur le rôle des hommes et des femmes dans l'agriculture influence l'utilisation des ressources. Lors d'une conférence de presse le dernier jour de la Consultation, Mme Sissel Ekaas, Directrice de la Division des femmes et de la population de la FAO, a cité le cas d'une formation aux pesticides qui avait été dispensée aux agriculteurs en Zambie après la perte, due à l'utilisation excessive de pesticides, de plusieurs récoltes. Mais après la formation, les récoltes ne se sont guère améliorées, car les responsables ne se sont pas aperçus que ce sont les femmes qui sont chargées de l'application des pesticides, et qu'elles avaient été tenues à l'écart du programme.

Les participants à la Consultation ont également nourri l'espoir que des informations plus précises sur le rôle des femmes rurales dans la production, la transformation et la commercialisation agricoles contribueront à un meilleur exercice de leurs droits politiques et juridiques. Dans de nombreux pays, la tradition et la législation empêchent les femmes de prendre des décisions, d'être propriétaires de la terre et d'effectuer des emprunts. Si l'opinion publique, les responsables politiques et les médias attachent une plus grande valeur aux contributions des agricultrices au soutien des communautés rurales, cela pourra faciliter des réformes institutionnelles qui amélioreront tant la sécurité alimentaire que la justice sociale.

A la conférence de presse, Mme Angela King, Sous-Secrétaire général de l'ONU et Conseiller spécial sur les questions de genre et la condition de la femme, a déclaré qu'il était encourageant de voir que les femmes rurales ne sont plus traitées comme des sujets passifs, mais comme des participantes actives qui infléchissent les politiques. Mme King a ajouté qu'elle avait été frappée non seulement par le niveau élevé de participation à la Consultation mais aussi par le sérieux des réunions et des documents correspondants. Elle a précisé que la Consultation pourrait servir de référence pour toutes les questions liées à toutes les formes d'inégalité.

Durant la Consultation, les participants ont examiné une Stratégie d'action, un cadre qui devrait aider les décideurs et les planificateurs à obtenir des informations plus détaillées sur les contributions économiques et sociales des agriculteurs et des agricultrices à la production agricole et au développement rural. La Consultation fait partie des travaux de préparation de la FAO à l'évaluation à mi-parcours du Programme d'action de la Conférence mondiale de la femme (Beijing + 5) en l'an 2000, et ses résultats devraient aider à garantir que la situation des femmes rurales obtienne l'attention qu'elle mérite dans cet examen.

13 octobre 1999

 

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