Un groupe d'étude analyse les risques liés aux aliments dérivés des biotechnologies


Les aliments dérivés des biotechnologies constituent-ils un péril pour la santé humaine? Peut-on faire une analyse rigoureuse de leurs risques potentiels? Voici quelques-unes des questions auxquelles devront répondre les membres du Groupe spécial intergouvernemental sur les aliments dérivés des biotechnologies de la Commission FAO/OMS du Codex Alimentarius lors de leur première session à Chiba (Japon) du 14 au 17 mars.

Créé en 1999 à la 23ème session de la Commission du Codex Alimentarius, le groupe de travail, à l'instar d'autres comités du Codex, est composé de délégués gouvernementaux, de scientifiques et de représentants des consommateurs et de l'industrie. La fonction première de l'équipe, qui a un mandat de quatre ans, est "de mettre au point des normes, des directives ou autres principes, le cas échéant, sur les aliments issus des biotechnologies".

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Les questions d'innocuité liée aux aliments issus des biotechnologies recouvrent le risque d'introduire par inadvertance des allergènes dans les produits alimentaires, pouvant déterminer des réactions allergiques insoupçonnées. "Toutefois, les risques potentiels des aliments issus des biotechnologies ne devraient pas éclipser leurs avantages potentiels pour la santé publique", affirme M. Hartwig de Haen, Sous-Directeur général, Département économique et social de la FAO. "Les biotechnologies permettent d'obtenir de nouvelles variétés contenant davantage de vitamines et autres éléments nutritifs."

L'analyse des risques fait partie intégrante de toutes les activités de la Commission du Codex Alimentarius. La Commission a convenu que l'analyse des risques a trois composantes: évaluation, gestion et communication. Pour les aliments issus de la biotechnologie, "l'équivalence substantielle" est un concept qui est entré au coeur du processus d'analyse des risques. Il a été créé par l'Organisation de coopération et de développement économiques au début des années 90. Le concept repose sur l'idée que si l'on peut montrer qu'un nouvel aliment - ou composant d'aliment - équivaut en grande partie à un aliment - ou composant d'aliment - existant, il peut être traité de la même manière pour ce qui est de l'innocuité.

"L'équivalence substantielle est un outil très puissant d'identification et d'analyse des différences", a déclaré Dr Alan Randell, Secrétaire du groupe spécial. "Néammoins, il a fait l'objet de nombreuses critiques de divers secteurs. Le groupe spécial devra examiner différents moyens de mettre au point et d'appliquer le concept d'équivalence substantielle et d'analyser d'autres méthodes d'évaluation des risques sur une base scientifique."

L'équipe de travail analysera également les procédures de gestion possible des risques pour les aliments dérivés des biotechnologies. La gestion des risques implique soupeser les différentes possibilités d'action une fois que les risques ont été évalués, et cela constitue souvent le volet le plus délicat de l'analyse des risques. Une méthode de gestion des risques consiste à adopter une approche de précaution. Les gouvernements peuvent prendre des mesures pour protéger la santé publique dans des cas où des risques ont été identifiés mais où l'évaluation des risques s'avère peu probante ou incomplète.

Le Protocole des Nations Unies sur la prevention des risques biotechnologiques (connu sous le nom de Protocole de Carthagène), récemment signé, a expressément adopté une méthode de gestion des risques. En passant en revue différentes méthodes de gestion des risques pour les aliments issus de la biotechnologie, le groupe de travail prendra en considération les mesures de sécurité énoncées dans le Protocole. Le Protocole porte principalement sur les organismes vivants modifiés qui devraient être introduits dans l'environnement, comme les semences, les animaux vivants et les micro-organismes. Mais il contient également des clauses concernant les organismes vivants modifiés destinés à l'alimentation humaine ou animale et à la transformation. Le Protocole stipule que ceux-ci doivent être identifiés comme tels lors du passage des frontières nationales. Identifier et étiqueter les aliments comme issus de la biotechnologie est une méthode de gestion des risques. Le Protocole reconnaît la nécessité d'une plus ample consultation avec les organes internationaux (comme la Commission du Codex Alimentarius) pour l'élaboration de normes en vue de l'identification et de l'étiquetage d'aliments obtenus par des procédés biotechnologiques.

Le groupe spécial a pour but de créer un système reconnu à l'échelle internationale pour l'évaluation de l'innocuité des aliments dans le domaine de la biotechnologie, un système en mesure de protéger la santé des consommateurs et de promouvoir des pratiques de commerce équitable. En outre, il veillera à ce que les normes, les directives et les principes contenus dans les traités multilatéraux d'environnement, comme le Protocole de Carthagène, et ceux énoncés dans les accords de commerce multilatéral, tels que les accords du cycle d'Uruguay (de l'Organisation mondiale du commerce), soient complémentaires.

14 mars 2000

 
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