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Aggravation de la crise alimentaire en Afrique de
l'Est
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"La situation alimentaire au Kenya, en Erythrée et en Ethiopie est très grave et requiert une action urgente et concertée pour éviter une famine de très grande envergure," avertit le dernier numéro de "Situation alimentaire et perspectives de récoltes en Afrique sub-saharienne". Le rapport paraît trois fois par an et est préparé par le Système mondial d'information et d'alerte rapide sur l'alimentation et l'agriculture (SMIAR).
La sécheresse et les conflits civils en cours sont les principales causes de la crise humanitaire. Au Kenya, plus de 3 millions de personnes ont un besoin urgent d'aide alimentaire à cause de la sécheresse. On signale des morts dues à la famine, en particulier parmi les enfants.
Le conflit frontalier entre l'Erythrée et l'Ethiopie a entraîné des déplacements massifs de personnes et la situation alimentaire déjà précaire est devenue très critique. Plus d'1,5 million de personnes, soit près de la moitié de la population totale de l'Erythrée, ont été déplacées par les conflits. 300 000 autres personnes des zones touchées par la sécheresse risquent des pénuries alimentaires. En Ethiopie, la guerre a déplacé 400 000 personnes, et plus de 10 millions de personnes au total ont besoin d'une aide alimentaire.
Certains progrès ont été accomplis vers l'atteinte d'un accord de paix entre l'Erythrée et l'Ethiopie, mais le rapport constate que "la situation d'urgence humanitaire continue à s'aggraver et pourrait dégénérer en une crise aux proportions catastrophiques si la communauté internationale ne répond pas très rapidement aux appels à l'aide".
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Selon le rapport, seize sont les pays en situation d'urgence alimentaire: Angola, Burundi, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Libéria, Madagascar, Mozambique, Ouganda, République du Congo, République démocratique du Congo, Rwanda, Sierra Leone, Somalie, Soudan et Tanzanie.
Beaucoup de ces situations d'urgence sont dues aux conflits armés et aux déplacements massifs de populations qui s'en suivent. En République démocratique du Congo, plus d'un million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays. Au Burundi, plus de 700 000 personnes sont regroupées dans des camps, tandis que beaucoup d'autres sont encore déplacées au Rwanda. Le temps extrêmement sec qui a régné dans de nombreuses régions de ces trois pays s'est traduit par une réduction sensible des récoltes et un accroissement de l'insécurité alimentaire.
En Angola, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays s'élève à 2,6 millions, dont près de 2 millions ont un besoin urgent d'aide alimentaire et humanitaire.
En Sierra Leone, les organismes d'aide ont enregistré près de 200 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, mais le nombre effectif oscillerait entre 500 000 et 1,2 million. Par ailleurs, près d'un demi-million d'habitants se sont réfugiés dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest.
On trouve également un grand nombre de personnes déplacées dans plusieurs pays d'Afrique sub-saharienne, dont le Libéria, la Somalie et le Soudan, compte tenu des guerres et des troubles civils en cours ou récents. Le rapport souligne que l'assistance humanitaire à ces groupes vulnérables doit être une priorité absolue pour la communauté internationale.
En Afrique australe, les approvisionnements alimentaires sont jugés satisfaisants. En dépit des inondations et des dégâts causés aux cultures par le cyclone Eline en février, "on prévoit une récolte 2000 exceptionnelle" pour l'Afrique du Sud. Toutefois, de nombreux pays d'Afrique australe continuent à risquer des pénuries alimentaires car des inondations généralisées ont eu lieu durant la période de végétation 1999/2000. Des secours continus, y compris un soutien à la remise en état de l'agriculture et la réparation des infrastructures, demeurent une priorité élevée, en particulier au Mozambique et à Madagascar.
Les disponibilités alimentaires sont stables en Afrique de l'Ouest, grâce aux récoltes supérieures à la moyenne ou record rentrées dans la plupart des pays de la région. Toutefois, un grand nombre de personnes en Guinée-Bissau, au Libéria et en Sierra Leone demeurent à risque de pénuries alimentaires compte tenu des conflits civils.
Pour l'ensemble de l'Afrique sub-saharienne, les besoins d'importations céréalières pour 2000 devraient augmenter de 4 pour cent, compte tenu en grande partie des récoltes réduites par la sécheresse en Afrique de l'Est. De nombreux pays auront du mal à obtenir ces importations par la filière commerciale. Le rapport conclut "qu'une part importante de ces importations devra venir de l'aide alimentaire, et il faudra d'autres annonces d'aide alimentaire pour conjurer la crise".
22 août 2000
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