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Gain de temps grâce aux nouveaux silos et moulins en Bolivie
M. Peric, le responsable local d'un projet après récolte de la FAO et de deux projets TeleFood dans le département du Potosi, a bien besoin de ce rafraîchissement après un trajet éprouvant de trois heures à travers des cours d'eau en crue et des terrains accidentés pour apporter ces trésors jusqu'à ce village reculé. Et c'est déjà sa deuxième visite de la journée à des groupes locaux de femmes. En tout, 600 silos et 20 moulins à céréales ont été fabriqués et distribués dans l'ensemble du département du Potosi en 8 mois. Chaque appareil a été livré et monté personnellement par M. Peric ou l'un de ses quatre techniciens, qui en ont aussi fait la démonstration pratique. L'initiative est soutenue par TeleFood, la campagne de la FAO visant à sensibiliser le public et à recueillir des fonds pour aider à éliminer la faim dans le monde. Norma Llanos de Ruiz et les autres femmes de Calala mettent de l'argent de côté depuis longtemps pour ces outils simples mais vitaux. TeleFood a financé le matériel, mais les femmes ont dû ramasser à grand-peine des fonds pour la main-d'uvre: 9 dollars E.-U. pour le silo et 125 dollars pour le moulin, ce qui représente une grosse somme pour un petit village avec une économie monétaire limitée comme le leur. Mais à long terme, leur investissement sera rentable; en protégeant leur récolte, elles gagneront davantage. De deux heures à deux minutes"Nous sommes très contentes. Avec le silo, nous pouvons mettre de côté notre récolte, et le moulin nous permettra de gagner du temps", déclare Norma. C'est une des rares femmes du groupe qui parle espagnol; les autres parlent quechua. Sans le moulin, chaque femme passe de deux à trois heures chaque jour à moudre le blé et le maïs à la main entre deux pierres, pour obtenir suffisamment de farine pour nourrir leur famille. Lorsque M.Yeric montre comment fonctionne le moulin et apprend aux femmes à le manier et à l'entretenir, cela leur semble miraculeux: désormais, il faudra moins de 15 minutes pour moudre toutes les céréales des 15 femmes du groupe, ce qui épargnera à chacune près de deux heures par jour qu'elles pourront consacrer à d'autres activités. Chaque femme a apporté une vingtaine de kilos de maïs, qu'elle compte vendre. Avant de le mettre dans le nouveau silo, il est pesé et enregistré dans le journal du groupe par Socrate Llanos de Ruiz, mari de Norma, l'un des rares villageois qui sache lire et écrire. Puis, M. Peric montre aux femmes comment désinfecter le maïs dans le silo pour empêcher les infestations de ravageurs et comment fermer hermétiquement le silo. Meilleure conservation des céréalesLes femmes se consultent sur le meilleur moment pour vendre le maïs. Elles décident d'attendre car les prix seront plus élevés dans deux mois. Mais indépendamment de la période de vente, elles sont pratiquement assurées de gagner plus d'argent qu'avant, car le silo conservera une plus grande partie de la récolte, et elles auront donc davantage à vendre. Traditionnellement, les céréales sont emmagasinées dans un grenier aménagé au-dessus du foyer dans la cuisine, où la fumée contribue à empêcher les attaques des ravageurs. Mais ce système n'est pas très efficace: chaque année rats et autres animaux mangent une grande partie de la récolte. Le silo permet de conserver 20 à 40 pour cent de la récolte en plus. Avec 600 nouveaux silos dans le Potosi, au moins 36 480 kilos de blé en plus seront conservés chaque année. Autrement dit, 500 à 600 familles supplémentaires pourront jouir d'une sécurité alimentaire. En outre, les céréales seront plus propres et plus saines. "Il est fascinant de voir le formidable impact que de simples technologies peuvent avoir sur la vie quotidienne des agriculteurs, dit M. Peric. Nous notons déjà de nets signes de développement dans les communautés où un grand nombre de familles ont des silos individuels. La nutrition est meilleure et les enfants tombent moins malades". A Calala, il n'y a que le seul silo de groupe, qui peut contenir environ 250 kilos. Les femmes rêvent d'avoir des silos individuels et éventuellement une batteuse, qui leur épargnera le dur labeur de séparer les grains de la paille manuellement. Il est temps pour M. Yeric de quitter le village; mais d'abord, on lui demande de bénir le nouveau moulin et le silo. Norma lui tend un grand bocal de chicha. Il en boit une longue gorgée et verse le reste sur les nouveaux appareils. Les femmes les bénissent, lui et sa voiture, et il s'apprête à se remettre en route pour le prochain village. 24 avril 2001
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