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Au Kenya, la sécheresse déclenche une crise alimentaire


Une grave sécheresse a provoqué de lourdes pertes de récoltes dans la plupart des régions du Kenya ainsi que d'importantes pertes de bétail dans les zones d'élevage. Un Rapport spécial de la FAO fait état d'une situation alimentaire particulièrement dramatique pour les éleveurs qui font face à la quatrième année consécutive de sécheresse. On signale dans ces régions des cas de décès liés à l'inanition, notamment chez les enfants.

Ces images par satellite montrent le couvert végétal au Kenya entre le 11 et le 20 juin. Elles font partie de la base de données pour l'Afrique de l'Est (en anglais) du Système mondial d'information et d'alerte rapide pour l'alimentation et l'agriculture (SMIAR).

La Base de données contient la série complète d'images pour la campagne de végétation 2000. Cliquer ici pour le Kenya. (en anglais)

Ces pertes de bétail conjuguées à l'effondrement des cours des produits de l'élevage dû au mauvais état de santé des animaux ainsi que la hausse des prix des céréales ont provoqué une situation de crise alimentaire aiguë pour les populations pastorales. Tous les mécanismes d'adaptation ayant été épuisés, ces populations se trouvent dans un état de dénuement total et l'on compte déjà des décès dus à l'inanition, en particulier chez les enfants. On signale aussi des litiges entre ethnies provoqués par la pénurie de ressources en eau et en pâturages.

La campagne agricole de la saison des grandes pluies, qui va da mars à mai, représente en temps normal 80 pour cent de la production vivrière annuelle. Cette année, des précipitations insuffisantes ou nulles ont donné lieu un peu partout à de mauvaises récoltes, y compris dans la Province de la vallée du Rift, le ''grenier à pain'' du pays, et dans la Province centrale, habituellement presque autosuffisante. La production de maïs (denrée alimentaire de base au Kenya) pour la campagne des grandes pluies ne sera cette année, d'après les estimations, que de 1.4 million de tonnes, soit 64 pour cent de la récolte normale, le chiffre définitif risquant même d'être nettement plus bas.

Dans tout le pays, les stocks de maïs sont épuisés, et les cours, déjà très hauts, ne cessent de grimper. De janvier à juillet de l'année dernière, les prix au détail ont augmenté de 98 pour cent dans les principaux centres. Après un léger fléchissement en septembre, ils avaient en mai presque rejoint les niveaux de mi-99.

Le rapport de la FAO situe les besoins estimatifs d'importations de maïs pour 2000-2001 à 1.4 million de tonnes. Les lourds droits de douane, de 75 pour cent, sur les importations de maïs ont été levés en juin, ce qui devrait faciliter les importations commerciales effectuées par le secteur privé.

La communauté internationale doit donc répondre rapidement à l'appel d'urgence lancé par le Gouvernement du Kenya en mai 2000, pour un montant de 134,2 millions de dollars E.-U. destiné aux quelque 3,3 millions de personnes qui se trouvent dans une situation de dénuement extrême.

 11 juillet 2000

 

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